10 Oldsmobile qui méritaient mieux et 10 qui donnaient l’impression que la fin était proche
L’histoire d’Oldsmobile ne se résume pas à un simple déclin. Pendant une grande partie du XXe siècle, la marque a occupé une place importante au sein de General Motors : plus haut de gamme que Chevrolet, moins guindée que Cadillac, et souvent prête à tester des idées avant qu’elles ne se généralisent. À son apogée, Oldsmobile offrait aux acheteurs de véritables arguments techniques ou esthétiques pour les séduire, du Rocket V8 à la traction avant, en passant par la suralimentation et des breaks familiaux dotés d’un peu d’imagination. À son plus bas, surtout vers la fin, la marque peinait à se démarquer du reste de la gamme GM. Voici 10 Oldsmobiles qui méritaient mieux, et 10 qui donnaient l’impression que la fin était proche.
1. Oldsmobile 88 de 1949
L’Oldsmobile 88 de 1949 mérite davantage d’être saluée pour avoir contribué à façonner la voiture de sport américaine. En intégrant le moteur Rocket V8 dans une carrosserie relativement légère, elle a donné à Oldsmobile, presque du jour au lendemain, une image plus rapide, plus jeune et moins guindée. Bien avant que l’ère des muscle cars ne porte ce nom, la 88 en avait déjà posé les fondements.
2. Oldsmobile F-85 Jetfire de 1962
La Jetfire faisait partie de ces voitures qui sont arrivées avant que le monde ne sache quoi en faire. Un petit V8 turbocompressé au début des années 1960, c’était ambitieux, sophistiqué, et sans doute trop compliqué pour le conducteur lambda. Elle aurait mérité un peu plus de temps pour s’imposer, car le concept qui la sous-tendait allait finir par devenir tout à fait courant.
3. Oldsmobile Toronado de 1966
La première Toronado n’était pas simplement un coupé imposant de plus doté d’un capot spectaculaire. Elle a introduit la traction avant sur une puissante voiture de luxe américaine grand public, à une époque où cela semblait presque téméraire. Ses lignes dégagent toujours une grande assurance, et sa conception technique témoigne encore aujourd’hui de la détermination sans faille d’Oldsmobile.
4. Oldsmobile 4-4-2
La 4-4-2 n’a jamais bénéficié de la même aura mythique que certaines autres muscle cars, ce qui explique en partie pourquoi elle méritait mieux. Elle était rapide, aboutie et moins avide d’attention que bon nombre de ses rivales. Cette retenue lui a peut-être coûté une place de choix sur les posters, mais elle a aussi permis à ses meilleures versions de vieillir en beauté.
5. Oldsmobile Vista Cruiser
La Vista Cruiser a transformé le break familial en une véritable petite salle de cinéma. Grâce à ces vitres surélevées, les passagers de la banquette arrière avaient l’impression de participer au voyage, plutôt que de le subir comme une punition pour leur jeune âge. Elle était à la fois pratique et loin d’être ennuyeuse, un équilibre plus difficile à trouver qu’on ne le pense.
6. Oldsmobile Rallye 350 de 1970
La Rallye 350 donnait l’impression que, chez Oldsmobile, quelqu’un en avait eu assez de la subtilité pendant une année-modèle. Sa peinture jaune, ses pare-chocs assortis et son allure sportive lui conféraient un charme singulier qui semble encore aujourd’hui sous-estimé. Ce n’était ni la plus imposante ni la plus agressive des Oldsmobile, mais elle avait de la personnalité au sein d’une marque qui privilégiait généralement l’élégance.
7. Hurst/Olds 1983
Au début des années 1980, les muscle cars de la vieille école ne subsistaient plus guère que dans les souvenirs et sur les autocollants. La Hurst/Olds parvenait pourtant encore à se démarquer, avec ses proportions typiques d’une voiture à propulsion arrière et suffisamment de prestance pour rappeler aux acheteurs ce qu’avait été cette division. Elle méritait mieux que d’être traitée comme un simple objet de nostalgie doté d’un levier de vitesses.
8. Oldsmobile Custom Cruiser de 1991
La dernière Custom Cruiser est arrivée juste au moment où les États-Unis se détournaient des breaks grand format. Elle offrait de l’espace, une forte présence et une sorte de fonctionnalité sans chichis que les crossovers allaient passer des années à tenter de retrouver par la suite. Le timing était désastreux, mais la voiture elle-même avait un charme authentique.
9. Oldsmobile Aurora de 1995
Avec l’Aurora, Oldsmobile a tenté de changer la donne. Elle affichait un design plus épuré et plus moderne que ce à quoi on s’attendait, et se comportait comme un véritable modèle phare plutôt que comme une simple version rebaptisée. Le problème ne venait pas tant de la voiture elle-même que du poids de tout ce que la marque était devenue.
10. Oldsmobile Intrigue
L’Intrigue était une meilleure berline que ne le laisse supposer sa réputation. Elle affichait un style soigné, une allure plus européenne que les anciens modèles Oldsmobile, et un nom qui, à tout le moins, tentait de faire évoluer la marque vers de nouveaux horizons. Elle méritait une entreprise disposant de plus de temps et d’un plan plus clair.
En voici 10 qui ressemblaient moins à de nouveaux chapitres qu’à des lumières éteintes pièce par pièce.
1. Oldsmobile Cutlass Ciera
La Cutlass Ciera était omniprésente, ce qui lui a valu son succès, mais l’a aussi rendue étrangement anonyme. Elle remplissait sa fonction, mais elle a contribué à faire d’Oldsmobile une marque raisonnable, fade et peu enthousiasmante. Une marque qui s’était bâti sur les moteurs Rocket V8 demandait désormais au public d’admirer une compétence sans relief.
2. Oldsmobile Cutlass Supreme de 1988
La Cutlass Supreme à traction avant n’était pas un désastre, mais elle semblait refléter l’air du temps. Si le nom historique bénéficiait d’une notoriété acquise au fil des décennies, le modèle lui-même donnait de plus en plus l’impression d’être un produit standardisé, commercialisé en série et conçu par un comité. Sur le papier, elle était moderne, mais elle restait pourtant moins mémorable que le modèle qu’elle remplaçait.
3. Oldsmobile Silhouette de 1990
La Silhouette s’est efforcée de donner à ce monospace un style à la fois futuriste et haut de gamme. Malheureusement, son long pare-brise et ses proportions inhabituelles l’ont rendue célèbre pour toutes les mauvaises raisons. C’était un modèle audacieux, mais pas de la manière dont une marque en difficulté avait besoin d’audace.
4. Oldsmobile Bravada de 1991
La Bravada était une idée brillante prise dans une crise d’identité délicate. Un SUV plus raffiné aurait dû correspondre exactement à la tendance du marché, mais Oldsmobile n’a jamais vraiment réussi à le rendre incontournable. Elle laissait entrevoir l’avenir tout en rappelant à tout le monde que la marque ne savait pas vraiment où était sa place.
5. Oldsmobile Achieva
L’Achieva portait l’un de ces noms qui semblaient avoir été inventés dans une salle de réunion où personne n’avait envie d’être. En tant que voiture compacte, elle n’était pas sans intérêt, mais elle n’avait plus grand-chose de ce que les gens appréciaient autrefois chez Oldsmobile. On avait moins l’impression d’une réinvention que d’une marque essayant de paraître plus jeune à tout prix.
6. Oldsmobile Eighty Eight de 1994
Le nom « Eighty Eight » avait une longue histoire derrière lui, mais dans les années 1990, il n’avait plus vraiment d’attrait. La voiture était confortable et familière, ce qui était pratique, mais c’était aussi en partie le problème. Elle semblait conçue pour des clients fidèles qui savaient déjà où se trouvait le café chez le concessionnaire.
7. Oldsmobile Cutlass de 1997
La dernière Cutlass donnait l’impression d’être un simple produit de transition porteur d’un nom célèbre. Elle s’inspirait fortement de la Chevrolet Malibu, et les acheteurs s’en rendaient compte même sans connaître les codes de la plateforme. Oldsmobile avait besoin d’une identité propre, et non d’une nouvelle berline qui semblait être un simple calque.
8. Oldsmobile Alero
L’Alero était censée attirer une clientèle plus jeune, mais elle est arrivée avec le poids écrasant d’une marque qui tentait de se sauver. Elle n’était pas mauvaise, et beaucoup de gens l’ont conduite sans s’en plaindre. Pourtant, on avait l’impression d’une compacte tout à fait correcte qui portait le fardeau d’une entreprise centenaire.
9. Oldsmobile Aurora de 2001
La deuxième Aurora était certes très belle, mais son arrivée s’est faite dans un climat morose. À cette époque, la fin progressive de la marque Oldsmobile avait déjà été annoncée, si bien que même une bonne voiture donnait l’impression d’être un discours d’adieu. Il est difficile d’envisager l’avenir quand tout le monde sait que la date est déjà fixée.
10. Oldsmobile Alero Final 500 de 2004
L’Alero « Final 500 » était moins une voiture qu’un dernier paragraphe. Sa peinture bronze et ses détails commémoratifs lui conféraient une certaine dignité, mais rendaient aussi la tristesse encore plus palpable. Après toutes ces Rockets, ces breaks, ces coupés, ces berlines et ces modèles expérimentaux, Oldsmobile a tiré sa révérence en toute discrétion avec une voiture compacte qui n’avait jamais demandé à porter un tel poids d’histoire.