Les scandales automobiles ont tendance à être réduits à un scénario bien connu, mais la réalité est généralement plus complexe et plus étrange que cela. Les constructeurs automobiles ont été pris en flagrant délit de tricherie de toutes sortes de façons, qu’il s’agisse de truquer les résultats des tests d’émissions, de surévaluer la consommation de carburant, de falsifier les données de certification, d’échapper aux droits de douane ou de tromper les autorités de régulation, les investisseurs ou les conducteurs sur les performances réelles de leurs véhicules. Certains cas concernaient des logiciels, d’autres des documents administratifs, des procédures de laboratoire ou des dissimulations internes, mais le schéma était le même : les déclarations publiques ne correspondaient pas aux faits sous-jacents. Voici 20 cas où un constructeur automobile a été pris en flagrant délit de tricherie.
1. Volkswagen et le Dieselgate
Volkswagen a reconnu avoir utilisé un logiciel de manipulation dans ses véhicules diesel afin que ceux-ci réussissent les tests d’émissions tout en polluant bien davantage en conditions réelles de conduite. Les autorités américaines ont indiqué que ce stratagème concernait environ 590 000 véhicules aux États-Unis et a donné lieu à des sanctions pénales et civiles très lourdes.
2. Fiat Chrysler et EcoDiesel
Fiat Chrysler a conclu un accord à l’amiable concernant les accusations portées contre elle aux États-Unis, selon lesquelles elle aurait utilisé des fonctions logicielles non divulguées, qualifiées de « dispositifs de mise en échec » illégaux par l’EPA, dans plus de 100 000 camions et SUV diesel. Cet accord prévoyait une amende civile de 305 millions de dollars, des réparations et des mesures d’atténuation.
3. Les émissions des moteurs diesel Daimler et Mercedes-Benz
L’EPA a déclaré que Daimler et Mercedes-Benz USA avaient truqué les tests d’émissions et omis de signaler la présence de dispositifs de mise en échec illégaux dans environ 250 000 véhicules diesel vendus ou loués aux États-Unis. Le montant de l’accord conclu aux États-Unis s’élevait à environ 1,5 milliard de dollars.
4. Hyundai et ses allégations exagérées concernant la consommation de carburant
Hyundai a été impliquée dans une affaire historique aux États-Unis concernant la surestimation de la consommation de carburant et le non-respect des normes en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Le ministère américain de la Justice (DOJ) et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) ont déclaré que Hyundai et Kia avaient vendu plus d’un million de véhicules qui émettraient des millions de tonnes supplémentaires de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux certifiés.
5. Mitsubishi et les tests de consommation de carburant truqués
Mitsubishi a admis avoir manipulé les tests de consommation de carburant au Japon, avant de reconnaître par la suite que ces méthodes non conformes avaient été utilisées pendant bien plus longtemps qu’initialement indiqué. Il s’agit là d’un des exemples les plus flagrants où un constructeur automobile a reconnu avoir trafiqué les chiffres avant leur publication.
6. Suzuki et les tests de consommation de carburant non conformes
Suzuki a déclaré avoir utilisé des méthodes de test de consommation de carburant non conformes pour les voitures vendues au Japon. L’entreprise a insisté sur le fait que les vérifications ultérieures n’avaient pas nécessité de révision des chiffres de consommation, mais cet aveu l’a tout de même placée au cœur du vaste scandale des tests de consommation qui secoue le Japon.
7. Nissan et les inspecteurs de contrôle final non agréés
Nissan a révélé que certaines inspections finales de véhicules au Japon avaient été effectuées par des techniciens qui n’étaient pas dûment enregistrés conformément aux procédures de l’entreprise. Le problème a pris une telle ampleur que Nissan a procédé au rappel de plus d’un million de véhicules au Japon.
8. Subaru et les données modifiées sur la consommation de carburant
Subaru a par la suite découvert un problème distinct des scandales liés aux contrôles finaux qui ont secoué l’ensemble du secteur : son enquête interne a révélé que les données relatives à la consommation de carburant et aux émissions avaient été falsifiées lors des contrôles par échantillonnage. Cela allait bien au-delà d’une simple erreur administrative et relevait clairement de la falsification des résultats des essais.
9. Hino et les données d'émissions falsifiées
Selon le ministère américain de la Justice, les ingénieurs de Hino ont falsifié les données des tests d’émissions, ont mené ces tests de manière irrégulière, ont inventé des données sans avoir réellement effectué les tests correspondants et ont transmis des données frauduleuses concernant les émissions de dioxyde de carbone. Les sanctions qui en ont résulté se sont élevées à plus de 1,6 milliard de dollars.
10. Daihatsu et les irrégularités en matière de certification
Toyota a indiqué qu’une enquête indépendante avait mis en évidence 174 irrégularités dans 25 catégories de tests chez Daihatsu. Les répercussions ont été suffisamment importantes pour entraîner la suspension des livraisons et l’émission d’une injonction officielle de mise en conformité.
11. Toyota Industries et la certification des moteurs diesel
Toyota a révélé que Toyota Industries avait signalé des irrégularités liées à la certification des moteurs diesel automobiles qu’elle avait développés. Des informations ultérieures ont indiqué que l’entreprise avait reçu une injonction de rectification de la part du ministère japonais des Transports.
12. Toyota et les déclarations relatives à l'accélération involontaire
Cette affaire ne portait pas sur les émissions, mais il s’agissait tout de même d’une fraude sous forme de tromperie. Le ministère américain de la Justice a déclaré que Toyota avait reconnu avoir induit en erreur les consommateurs américains en dissimulant des informations et en faisant des déclarations trompeuses concernant des problèmes de sécurité liés à l’accélération involontaire.
13. Toyota et les problèmes liés aux essais de certification des modèles 2024
Dans un autre épisode, survenu bien plus tard, Toyota a déclaré que sept modèles avaient été testés selon des méthodes différentes de celles prévues par les normes gouvernementales. Le ministère japonais des Transports a alors émis une ordonnance de rectification concernant ces problèmes liés aux demandes de certification des modèles.
14. General Motors et l'affaire du dissimulation concernant le contacteur d'allumage
Les procureurs fédéraux ont déclaré que GM avait dissimulé aux autorités de régulation un défaut potentiellement mortel du commutateur d’allumage et avait induit les consommateurs en erreur quant à la sécurité de certains véhicules. L’entreprise a conclu un accord de poursuite différée et s’est acquittée d’une amende de 900 millions de dollars.
115. Fraude douanière concernant les véhicules Ford et Transit Connect
L’affaire Ford ne concernait pas les tests d’émissions, mais il s’agissait tout de même d’un constructeur automobile accusé d’avoir contourné les règles à des fins lucratives. Le ministère américain de la Justice a indiqué que Ford avait accepté de verser 365 millions de dollars pour régler les accusations selon lesquelles l’entreprise aurait mal classé et sous-évalué des véhicules Transit Connect afin d’échapper à des droits de douane plus élevés.
16. Renault et les accusations de fraude sur les moteurs diesel
Renault a déclaré faire l’objet d’une enquête en France pour tromperie en lien avec d’anciens véhicules diesel. L’entreprise a nié toute malversation, mais la gravité de l’affaire en France a nécessité le versement d’une caution importante et la fourniture d’une garantie bancaire.
17. Peugeot et les accusations de tromperie à l'égard des consommateurs concernant les moteurs diesel
Stellantis a indiqué qu’Automobiles Peugeot faisait l’objet d’une enquête du tribunal de Paris suite à des allégations de tromperie à l’égard des consommateurs liées à la vente de véhicules diesel Euro 5 en France entre 2009 et 2015. Cela a fait de Peugeot une affaire française distincte concernant le diesel, et non plus un simple épisode secondaire dans le cadre des scandales liés à Volkswagen.
18. BMW et l'entente sur la manipulation des tests d'émissions
La Commission européenne a conclu que BMW, Daimler et le groupe Volkswagen s’étaient entendus illégalement pour restreindre la concurrence dans le domaine des technologies de réduction des émissions diesel. Il ne s’agissait pas d’une affaire de dispositifs de mise en échec, mais les autorités de régulation ont tout de même estimé que les constructeurs automobiles avaient collaboré pour éviter de se faire concurrence sur des technologies plus propres dont ils disposaient déjà.
19. Nikola et la désinformation des investisseurs
La SEC a déclaré que Nikola avait induit les investisseurs en erreur concernant ses produits, ses avancées techniques, ses capacités de production en interne, ses réservations et ses perspectives commerciales. Nikola a accepté de verser 125 millions de dollars pour régler les accusations de fraude.
20. Lordstown Motors et une demande qui semble artificielle
La SEC a accusé l’ancien PDG de Lordstown d’avoir induit les investisseurs en erreur au sujet des précommandes du pick-up électrique Endurance de l’entreprise. Il s’agit là d’un nouveau cas où un constructeur automobile, ou un aspirant constructeur automobile, a été accusé de présenter une réalité précaire comme un succès commercial avéré.