Les constructeurs automobiles consacrent des années et des millions de dollars à la conception d’un nouveau modèle, puis, d’une manière ou d’une autre, un seul choix suffit à réduire à néant la majeure partie de ce travail. Parfois, c’est une calandre dont personne ne voulait, parfois c’est la forme du coffre qui devient la risée du public avant même que la voiture n’arrive chez les concessionnaires. La conception technique sous le capot est souvent solide, voire excellente, mais le public a du mal à passer outre ce détail qui semble déplacé. Les passionnés d’automobile en débattent encore des décennies plus tard, en commençant généralement par la même question : « Mais à quoi pensaient-ils ? » Voici 20 voitures qui avaient un réel potentiel jusqu’à ce qu’une seule décision vienne tout gâcher.
1. Pontiac Aztek
Au-delà de son design, l’Aztek était un crossover véritablement pratique, doté d’espaces de rangement astucieux et d’un système de fixation pour tente que personne n’aurait attendu de la part de GM. Mais tout cela n’avait plus aucune importance dès lors que les gens découvraient sa face avant, avec ses phares superposés et ses revêtements en plastique épais qui donnaient une impression d’inachevé plutôt que de robustesse. Il est devenu la risée du public presque du jour au lendemain et n’a jamais vraiment réussi à se défaire de cette réputation.
2. Ford Edsel
L’Edsel a fait son apparition avec une calandre verticale que les critiques ont rapidement surnommée « collier de cheval », et les acheteurs n’ont pas non plus mâché leurs mots à son sujet. Ford avait misé gros sur cette voiture pour conquérir un nouveau segment de marché, mais son design à lui seul a terni l’image du modèle auprès du public avant même que le bouche-à-oreille n’ait eu le temps de jouer en sa faveur. Des décennies plus tard, le nom « Edsel » reste encore synonyme d’échec.
3. Fiat Multipla
La Multipla originale de Fiat présentait un agencement intérieur véritablement astucieux, avec trois sièges à l’avant, mais son avant en « double bulle » a divisé l’opinion dès son lancement. Certains amateurs de design se sont depuis ravisés, la qualifiant d’avant-gardiste, mais la plupart des acheteurs, à l’époque de sa sortie, la trouvaient tout simplement étrange. Elle s’est vendue en bien moins d’exemplaires que ce qu’espérait Fiat.
4. BMW Série 7 (E65)
La refonte signée Chris Bangle a donné naissance à un hayon qui dépassait de manière disgracieuse du reste de la carrosserie, un look que les passionnés ont presque immédiatement surnommé le « Bangle butt ». Le reste de la voiture était résolument moderne et regorgeait de nouvelles technologies, mais ce seul élément dominait toutes les discussions à son sujet. BMW a finalement adouci ce design lors de mises à jour ultérieures, ce qui en disait long en soi.
5. Cadillac Cimarron
La décision de Cadillac de rebaptiser une Chevrolet Cavalier pour la commercialiser comme une voiture de luxe a porté un coup durable à la réputation de la marque. Les acheteurs ne se sont pas laissés berner par les sièges en cuir et l’emblème Cadillac apposés sur une voiture d’entrée de gamme. Cela reste l’un des exemples les plus cités d’un « badge job » raté dans l’histoire de l’automobile américaine.
6. SsangYong Rodius
Le Rodius disposait d’un habitacle véritablement spacieux et d’un prix raisonnable au regard de ce qu’il offrait, mais le design de sa partie arrière est immédiatement devenu la cible de moqueries sur Internet. Ses proportions étranges et son mélange confus d’angles donnaient l’impression qu’il avait été conçu par un comité où personne n’était prêt à faire de compromis. SsangYong a revu le design dans les versions ultérieures, mais cette réputation a perduré bien plus longtemps que le modèle d’origine.
7. AMC Gremlin
L’arrière brusquement tronqué de la Gremlin, destiné à réduire les coûts et à créer une silhouette distinctive, donnait au contraire l’impression qu’il manquait quelques pieds à la carrosserie. Ce modèle est devenu l’une des silhouettes les plus mémorables de l’époque, mais pas pour les raisons qu’AMC avait espérées. Le nom lui-même a fini par devenir un sujet de plaisanterie.
8. Nissan Juke
La disposition des phares superposés du Juke, avec des blocs ronds placés au-dessus du pare-chocs et des bandes fines en haut, a suscité de vives réactions dès son lancement. De nombreux acheteurs ont apprécié son caractère original, mais tout autant n’ont pas pu s’habituer à ce qui ressemblait à un visage en train de cligner des yeux. Nissan a considérablement atténué ce design dans les générations suivantes.
9. Renault Avantime
Renault a tenté de fusionner un coupé et un monospace en un seul véhicule, mais le concept lui-même a semé la confusion chez les acheteurs avant même qu’ils n’aient eu l’occasion d’examiner son design. Ses portes imposantes et sa ligne de toit basse et profilée, associées à une carrosserie de type monospace, donnaient naissance à une silhouette que personne ne savait vraiment comment classer. Ce modèle n’a tenu que quelques années avant que Renault ne mette fin à sa production.
10. Chevrolet SSR
La SSR alliait un cabriolet à toit rigide rétractable à une benne de pick-up, un mélange qui faisait forte impression sur les photos mais qui a semé la confusion chez presque tout le monde dès sa mise en circulation. Les acheteurs ne savaient pas s’il s’agissait d’une voiture de sport, d’un pick-up ou d’un gadget, et les chiffres de vente reflétaient cette confusion. Elle reste l’un des mélanges de catégories les plus étranges qu’un constructeur automobile ait jamais mis en production.
11. Cadillac Seville (Bustle-Back)
Dans les années 1980, la Seville s’est dotée d’un hayon surélevé et incliné, destiné à rappeler les voitures de luxe européennes classiques des décennies précédentes. Au lieu de cela, la plupart des gens y voyaient une voiture dont le coffre semblait avoir été ajouté après coup, comme une idée de dernière minute. Cadillac a abandonné ce style lors des restylages ultérieurs et ne l’a que rarement réutilisé.
12. Isuzu VehiCROSS
Le VehiCROSS misait tout sur des revêtements de carrosserie imposants et des panneaux en plastique anguleux destinés à souligner sa robustesse tout-terrain. Son look était tellement différent de tout ce qui existait sur le marché qu’il a eu du mal à trouver des acheteurs désireux de conduire un véhicule aussi « tape-à-l’œil ». Il est devenu un modèle culte des années plus tard, bien après qu’Isuzu eut déjà renoncé à le commercialiser.
13. Subaru Tribeca
La première génération de la Tribeca s’est lancée sur le marché avec une large calandre ailée que les fans de Subaru ont presque immédiatement surnommée « le nez », et ce sans aucune affection. Celle-ci éclipsait un SUV de taille moyenne pourtant très performant, et Subaru a revu l’avant du véhicule en l’espace de quelques années seulement afin de s’éloigner de son look d’origine. Rares sont les restylages qui ont été mis en œuvre aussi rapidement après le lancement.
14. Volkswagen Phaeton
La Phaeton était une berline de luxe d’une conception impressionnante, suffisamment silencieuse et raffinée pour rivaliser avec des voitures coûtant deux fois plus cher. La décision de la commercialiser sous la marque Volkswagen plutôt que sous celle d’Audi a déconcerté les acheteurs, qui ne parvenaient pas à se résoudre à payer le prix fort pour une marque associée à des voitures économiques. Elle s’est mal vendue aux États-Unis et a discrètement disparu de la gamme sur ce marché.
15. Honda Element
La silhouette carrée de l’Element et son habitacle caoutchouté et lavable ont été conçus dans un souci de praticité, à l’intention d’acheteurs à la recherche d’un véhicule robuste et facile à nettoyer. Ce même aspect utilitaire a rendu son commercialisation difficile auprès des clients à la recherche d’un SUV d’allure conventionnelle. Il a su conquérir un public de niche fidèle, mais n’a jamais réussi à séduire le grand public que Honda espérait initialement.
16. Chevrolet Camaro (cinquième génération)
La Camaro de cinquième génération arborait une silhouette agressive et musclée, avec de minuscules vitres et une ligne de ceinture haute qui lui conféraient une véritable prestance sur la route. Ce choix stylistique avait toutefois pour inconvénient de limiter la visibilité vers l’extérieur, un point que les critiques n’ont cessé de souligner. Chevrolet a quelque peu agrandi l’habitacle lors de la génération suivante.
17. Nissan Cube
La lunette arrière asymétrique de la Cube, qui enveloppait un côté de la voiture mais pas l’autre, était censée lui conférer un caractère ludique et distinctif. De nombreux acheteurs l’ont toutefois trouvée simplement bizarre plutôt que charmante, et ce design a limité l’attrait du modèle à un public assez restreint. Elle est restée un véhicule de niche tout au long de sa commercialisation aux États-Unis.
18. Toyota Mirai
La Mirai de Toyota, propulsée à l’hydrogène, était dotée d’une technologie véritablement avant-gardiste, mais l’avant en forme de coin de cette berline, avec ses prises d’air au placement inhabituel, a davantage attiré l’attention que le système de pile à combustible qu’elle abritait. Les critiques évoquaient souvent son design avant d’aborder la technologie proprement dite, ce qui n’était pas l’impression que Toyota souhaitait donner en premier lieu. Les versions ultérieures ont considérablement atténué ces éléments les plus inhabituels.
19. Plymouth Prowler
La Prowler misait pleinement sur un look « hot rod » rétro, avec notamment des roues avant apparentes et une silhouette basse et étroite qui limitait son aspect pratique à presque tous les égards. L’espace disponible dans le coffre était quasi inexistant, et son style en faisait davantage une voiture que l’on admirait qu’une voiture que l’on souhaitait réellement posséder au quotidien. Elle est ainsi restée un modèle phare de niche plutôt qu’un véritable succès commercial.
20. Ford Mustang II
Confrontée à la hausse des prix du carburant et à l’évolution de la demande des consommateurs, Ford a réduit la taille de la Mustang et a construit la deuxième génération sur la plateforme de la Pinto. Cette décision semblait logique sur le papier, mais elle a donné naissance à une voiture qui, tant par son apparence que par ses sensations de conduite, semblait déconnectée de l’héritage des « muscle cars » que le nom « Mustang » avait su forger. Les passionnés la considèrent encore aujourd’hui comme le point le plus bas de la longue histoire de ce modèle.