Conduire a une drôle de façon de révéler la vraie nature des gens. La voiture donne un sentiment d’intimité, même lorsqu’elle est entourée de centaines d’inconnus aux yeux bien ouverts. Au volant, les gens chantent plus fort, râlent plus vite, grignotent n’importe quoi et se comportent comme si la circulation était un défi personnel conçu spécialement pour eux. La plupart du temps, c’est inoffensif, parfois c’est ridicule, mais tout cela en dit plus long que les gens ne le pensent. Voici 20 choses que font les conducteurs lorsqu’ils pensent que personne ne les juge.
1. Ils chantent comme si le pare-brise était un stade
Certains conducteurs ne se contentent pas de chanter en chœur. Ils se donnent à fond. Ils entonnent le refrain, une main sur le volant, le visage tout en expressions, et avec la certitude absolue que la personne sur la voie d’à côté ne peut pas les voir massacrer une ballade.
2. Ils vérifient leur reflet aux feux rouges
Le feu rouge se transforme en une minuscule loge. On se recoiffe, on vérifie ses dents, on ajuste ses lunettes de soleil, ou on prend cette expression que l’on a quand on essaie de voir si son visage a l’air normal. Puis le feu passe au vert, et tout à coup, tout le monde redevient un conducteur sérieux.
3. Ils critiquent la façon dont les autres se garent
Même le conducteur le plus désordonné se transforme en critique de stationnement dès qu’il voit quelqu’un d’autre mal garé. Il ralentit, jette un coup d’œil et juge silencieusement la situation inacceptable. Le fait qu’il ait lui-même dû s’y prendre à trois fois pour se garer devant une épicerie n’a plus aucune importance à ce moment-là.
4. Ils ont des arguments complets à eux seuls
C’est dans la voiture que l’on revisite les vieilles discussions. Les conducteurs savent soudain exactement ce qu’ils auraient dû dire trois heures plus tôt, avec le ton, les pauses et les répliques finales qui font mouche. Personne ne sort vainqueur de ces disputes, mais d’une manière ou d’une autre, elles semblent toujours importantes.
5. Ils font semblant de ne pas s'être perdus
Ils ratent un virage, font demi-tour et font comme si le détour pittoresque avait toujours fait partie du plan. Le GPS est peut-être en train de recalculer l’itinéraire avec une légère déception, mais ils gardent leur calme pour les passagers. Un changement de voie assuré peut faire oublier bien des erreurs.
6. Ils grignotent comme si les règles ne s'appliquaient pas
Les en-cas à manger en voiture obéissent à leurs propres règles. Les frites en sachet, les chips sur le siège passager, les barres de céréales à manger d’une seule main et les bonbons de secours : tout cela semble tout à fait normal dès que le moteur tourne. Les miettes, c’est un problème pour le « moi » du futur, et ce « moi » du futur n’est pas là pour s’y opposer.
7. Ils gesticulent trop après une erreur
Une toute petite erreur au volant peut déclencher la vague d’excuses la plus spectaculaire qui soit. Ils lèvent la main, baissent la tête et espèrent que ce geste traduira leur profond regret, leur sens des responsabilités et leur souhait que l’on ne klaxonne plus. C’est à la fois sincère et un peu théâtral.
8. Ils se sentent personnellement visés par les conducteurs lents
Pour eux, un conducteur lent devant eux n’est pas tant un problème de circulation qu’un manque de respect. Ils soupirent, se penchent en avant et se mettent à raconter leur problème à qui veut l’entendre. Techniquement, la limitation de vitesse est peut-être en cause, mais sur le plan émotionnel, ce n’est pas là l’essentiel.
9. Ils se méfient de toute personne qui les suit trop longtemps
En trois virages, une voiture tout à fait banale se transforme en personnage d’un thriller. On jette un coup d’œil dans le rétroviseur, on fait un détour inutile, puis on se demande si cet inconnu nous suit ou s’il habite simplement dans le coin. En général, c’est la deuxième option.
10. Ils s'entraînent à avoir des conversations sérieuses
Le siège conducteur est un terrain d’entraînement pour les conversations difficiles. On s’y exerce à demander une augmentation, à fixer des limites, à annoncer de mauvaises nouvelles ou à expliquer enfin pourquoi telle remarque nous a blessés. Au moment d’arriver à destination, le discours est peaufiné, mais on est trop fatigué pour le prononcer.
11. Ils considèrent les autocollants de pare-chocs comme des preuves
Un autocollant sur un pare-chocs peut révéler tout un profil de personnalité en cinq secondes. On remarque l’autocollant de l’école, l’autocollant de vacances défraîchi, le slogan politique, la silhouette d’un chien, et tout à coup, on s’est imaginé toute la vie de la personne qui nous précède. Les embouteillages laissent trop de temps aux gens pour réfléchir.
12. Ils rivalisent avec des voitures qui ne se rendent même pas compte qu’elles sont en concurrence
Il arrive parfois qu’un autre conducteur devienne un rival sans qu’il le veuille. Ils se dépassent, se font dépasser, et décident que cela a une signification particulière. Les deux voitures essaient sans doute simplement de se rendre chez Target, mais pendant trois minutes, on se croirait dans un documentaire sur le sport automobile.
13. Ils baissent le son pour mieux voir
Cela n’a aucun sens d’un point de vue scientifique, mais tout son sens sur le plan émotionnel. Un carrefour déroutant apparaît, et soudain, la chanson doit s’arrêter. Le silence semble nécessaire lorsque la route pose une question difficile.
14. Ils parlent au GPS
Le GPS donne une indication, et certains conducteurs réagissent comme s’il s’agissait d’un collègue trop insistant. « Oui, on sait », disent-ils, alors qu’ils n’en ont absolument aucune idée. Quand il leur propose un autre itinéraire, ils le prennent personnellement, comme si cette petite voix portait un jugement sur toute leur vie.
15. Ils établissent un contact visuel avec les chiens dans les autres voitures
Un chien dans la voiture d’à côté change tout. Les conducteurs jettent un coup d’œil, sourient, font un signe de la main et deviennent, l’espace d’un instant, de meilleures personnes. Le chien, lui, les regarde généralement en retour avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui n’a jamais payé d’assurance.
16. Pour eux, trouver une bonne place de parking, c'est une question de destin
Trouver la place de parking idéale, c’est un peu comme si l’univers s’intéressait enfin à nous. On s’y gare avec un sentiment de triomphe discret et on laisse peut-être échapper une remarque un peu gênante, du genre : « Regarde ça. » L’espace d’un instant, on a l’impression que la journée prend un tout autre tournant.
17. Ils s'investissent énormément dans le dépassement des camions
Conduire à proximité d’un gros camion peut donner lieu à une véritable stratégie. Ils attendent, évaluent la situation, accélèrent, puis finissent par dépasser avec la concentration de quelqu’un qui accomplit une mission. Une fois qu’ils ont pris de l’avance, ils se détendent comme s’ils venaient de survivre à une tempête.
18. Ils émettent de petits jugements moraux aux carrefours à quatre stops
C’est aux carrefours à quatre stops que la société se dévoile. Les conducteurs remarquent qui fait signe, qui hésite, qui prend la priorité sans vergogne, et qui fait preuve d’une générosité si agressive que personne ne sait quoi faire. Tout le monde repart avec son petit jugement.
19. Ils pensent que leur itinéraire est le meilleur
Les gens s’attachent à leurs itinéraires d’une manière qui frôle le sacré. Ils connaissent les ruelles, les endroits où la lumière est la plus belle, le virage qui permet de gagner peut-être 40 secondes quand tout va bien. Ceux qui empruntent un autre chemin n’ont pas tout à fait tort, mais il est clair qu’ils n’ont pas encore atteint ce niveau.
20. Dès qu'ils se garent, ils se comportent comme si de rien n'était
Le spectacle prend fin dès que la voiture s’arrête. Le chanteur, le critique, le stratège, le petit monstre des grignotages et le champion des disputes imaginaires disparaissent tous. Puis la portière s’ouvre, et en sort une personne tout à fait normale qui, à coup sûr, n’était pas en train de hurler à un feu rouge.