Depuis plus d’un siècle, Peugeot construit des voitures qui oscillent entre le génial et le déroutant, parfois au cours d’une même décennie. Les plus belles réussites de la marque continuent, des décennies plus tard, d’être comparées aux leaders de leur segment, tandis que ses pires idées sont devenues des exemples à ne pas suivre pour le lancement d’un modèle. Une partie de son charme réside dans le fait que Peugeot n’a jamais semblé avoir peur d’essayer quelque chose d’étrange, même lorsque cet « étrange » s’est avéré être une porte coulissante dont personne ne voulait. Les succès, cependant, sont généralement de ceux dont les passionnés parlent encore avec une réelle affection. Voici 10 Peugeot qui ont fait mouche et 10 qui n’ont jamais vraiment trouvé leur place.
1. 205 GTI
Largement considérée comme l’une des meilleures « hot hatches » jamais construites, la 205 GTI alliait un châssis léger à une direction précise et réactive qui transformait chaque trajet en une véritable expérience. Elle est arrivée à point nommé au cœur du boom des « hot hatches » des années 1980 et n’a rien à envier à ses rivales modernes en termes de sensations de conduite. C’est précisément pour cette raison que les passionnés continuent, des décennies plus tard, de rechercher des exemplaires en bon état.
2. 405
La 405 s’est forgé une réputation grâce à une tenue de route particulièrement stable et à des moteurs diesel fiables, ce qui en a fait un modèle très prisé des chauffeurs de taxi et des familles dans toute l’Europe. Elle offrait un équilibre entre confort et précision que bon nombre de ses concurrentes du segment n’ont jamais vraiment réussi à atteindre. La version sportive Mi16 venait compléter cette plateforme déjà solide en proposant une option véritablement rapide et captivante.
3. 306 GTI-6
La 306 GTI-6 a perpétué la réputation de Peugeot en matière de « hot hatch » jusque dans les années 1990, grâce à sa boîte de vitesses à six rapports et à une tenue de route que les critiques classaient régulièrement au-dessus de celle de rivales plus sportives et plus puissantes. Elle n’a jamais disposé de la puissance brute nécessaire pour remporter une course de vitesse en ligne droite, mais sa capacité à conserver sa vitesse en virage compensait largement ce manque. Elle est encore considérée par de nombreux passionnés comme la dernière véritable « hot hatch » Peugeot d’exception avant que le concept ne se dilue.
4. Coupé 406
Conçue par Pininfarina, la 406 Coupé a transformé une plateforme de berline familiale, par ailleurs tout à fait ordinaire, en l’un des modèles les plus élégants que Peugeot ait jamais mis en production. Son profil est devenu véritablement emblématique après avoir tenu le rôle principal dans la longue course-poursuite à travers Paris du film Ronin. Elle reste l’un des rares exemples où un coupé issu d’un constructeur grand public justifie réellement son existence par son seul aspect esthétique.
5. 504
La Peugeot 504 s’est forgé une réputation de robustesse quasi indestructible qui lui a permis de s’imposer en Afrique et au Moyen-Orient, où certains exemplaires continuent de rouler plusieurs décennies après l’arrêt de la production. Elle a également fait ses preuves sur les circuits de rallye, remportant à plusieurs reprises l’éprouvant Rallye Safari d’Afrique de l’Est face à des concurrents bien plus spécialisés. Rares sont les voitures qui se sont forgé une réputation de robustesse aussi solide.
6. 205 T16
Conçue pour répondre aux règles d’homologation du Groupe B, la 205 T16 intégrait un moteur turbocompressé monté en position centrale dans la carrosserie de la modeste 205 et est devenue l’une des voitures de rallye les plus dominantes de son époque. Elle a remporté deux titres consécutifs au Championnat du monde des rallyes et reste l’un des modèles d’homologation les plus célèbres jamais construits. La version routière atteint encore aujourd’hui des sommes considérables chez les collectionneurs.
7. 106 GTi/Rallye
La compacte 106 GTi et sa version allégée « Rallye » offraient exactement le genre d’expérience de conduite légère et dynamique qui a fait la réputation de Peugeot à l’origine. Grâce à une insonorisation minimale et à un poids à vide réduit, elle semblait bien plus rapide que ne le laissaient supposer ses modestes performances sur le papier. Elle est souvent citée comme l’une des dernières « hot hatches » véritablement analogiques et sans concession que Peugeot ait jamais construites.
8. RCZ
La RCZ s’est imposée grâce à sa ligne de toit « double bulle » caractéristique, qui lui conférait une allure bien plus haut de gamme que ne le laissait supposer son prix réel. Les critiques ont salué sa tenue de route et son design, tout en soulignant qu’elle sacrifiait une partie de ses performances pures au profit du style, un compromis que de nombreux acheteurs étaient ravis d’accepter. Elle a offert à Peugeot un véritable modèle phare à un moment où le reste de la gamme en avait cruellement besoin.
9. 3008 (deuxième génération)
La 3008 redessinée, lancée en 2016, a remporté le titre de « Voiture européenne de l’année » en 2017, un honneur rare qui reflétait son design intérieur saisissant et son style véritablement distinctif dans un segment regorgeant de crossovers sans caractère. Le petit volant atypique et le tableau de bord numérique surélevé ont d’abord divisé l’opinion, mais sont finalement devenus l’un des choix de design emblématiques de Peugeot. Cela a marqué un véritable tournant dans la manière dont les critiques ont recommencé à prendre la marque au sérieux.
10. 508 (deuxième génération)
La Peugeot 508 de deuxième génération a troqué sa silhouette de berline classique contre une ligne fastback élancée qui la faisait davantage ressembler à un coupé qu’à une voiture familiale. Les critiques ont salué la qualité et le design de son habitacle, le tout à un prix bien inférieur à celui de ses rivales allemandes traditionnelles. Elle est souvent citée comme la preuve que Peugeot pouvait encore rivaliser en matière de style, même dans un segment de plus en plus dominé par les SUV.
Voici 10 Peugeot qui n’ont jamais tout à fait été à la hauteur de l’idée qui les a inspirées.
1. 1007
La caractéristique phare de la 1007, à savoir une paire de portes coulissantes électriques destinées à faciliter les manœuvres dans les places de stationnement exiguës, a fini par ajouter des centaines de livres de poids supplémentaire, ce qui a nui aux performances et à la consommation de carburant. Ces aménagements techniques supplémentaires ont également rendu ce modèle bien plus cher que ses concurrents traditionnels, qui offraient davantage d’espace pour un prix inférieur. Peugeot avait prévu de vendre bien plus de 100 000 unités par an, mais n’a finalement écoulé qu’à peine 120 000 exemplaires sur l’ensemble des cinq années de production du modèle.
2. 4007
Construite sur une plateforme commune avec le Mitsubishi Outlander, la 4007 offrait une fiabilité mécanique à toute épreuve, mais ne possédait pratiquement rien du caractère que les acheteurs attendaient d’une Peugeot. Les critiques ont systématiquement souligné que l’Outlander, moins cher et mécaniquement identique, offrait la même fonctionnalité pour un prix nettement inférieur. Au final, elle donnait moins l’impression d’être une véritable Peugeot que d’un simple badge apposé sur le design d’un autre constructeur.
3. 605
La tentative de Peugeot de s’imposer sur le segment des berlines haut de gamme n’a jamais réussi à convaincre les acheteurs de se détourner de rivaux allemands bien établis tels que la BMW Série 5 et la Mercedes Classe E. Malgré une conduite souple et un habitacle véritablement confortable, des doutes quant à sa fiabilité à long terme ont fait hésiter tant les acheteurs de flottes que les particuliers. Le modèle a discrètement disparu de ce segment sans jamais avoir réussi à lui livrer une véritable concurrence.
4. 607
Lorsque la production de la 607 a pris fin en 2010, les journalistes la décrivaient comme désespérément dépassée face à ses concurrentes haut de gamme plus récentes, qui avaient fait évoluer le segment sans elle. Elle n’a jamais réussi à se constituer une clientèle fidèle comme l’ont fait les petites berlines de Peugeot, et sa disparition a de fait mis un terme définitif à la présence de Peugeot dans le segment des berlines haut de gamme. Depuis, la marque n’est jamais vraiment revenue sur ce segment.
5. 807
Le grand monospace de Peugeot offrait un habitacle spacieux et une configuration des sièges pratique, mais ni son design ni son comportement routier ne se démarquaient vraiment d’un marché saturé de concurrents aux lignes tout aussi carrées. Il remplissait sa fonction de base, à savoir transporter une famille et ses bagages, sans jamais donner à quiconque une raison de le préférer à des rivaux moins chers et tout aussi performants. Aujourd’hui, on s’en souvient surtout, si tant est qu’on s’en souvienne, comme d’une note de bas de page sans intérêt dans la gamme Peugeot.
6. 308 cm³
Le toit rigide rabattable de la 308 CC semblait astucieux dans les brochures, mais il ajoutait un poids considérable qui nuisait au plaisir de conduite qui faisait la réputation des berlines à hayon de Peugeot. Le volume du coffre diminuait considérablement lorsque le toit était rabattu, ce qui réduisait considérablement la praticité quotidienne de la voiture. Au final, cela a fini par compromettre à la fois l’expérience du coupé et celle du cabriolet, sans vraiment offrir l’une ou l’autre.
7. 207
Succédant à la très appréciée 206, la 207 a donné à de nombreux critiques et jeunes acheteurs l’impression d’un habitacle nettement moins soigné, dépourvu de la personnalité qui caractérisait les précédentes compactes de Peugeot. On la cite souvent comme le modèle à partir duquel toute une génération a commencé à percevoir la marque comme « ennuyeuse » plutôt que « fun ». Cette réputation a pesé sur l’image de la marque pendant des années.
8. 4008
Reprenant presque exactement la même formule que la 4007, la 4008 était un autre crossover Mitsubishi rebaptisé, cette fois dérivé de l’ASX, qui n’offrait guère de raisons de le préférer à son homologue mécaniquement identique. Les critiques ont une nouvelle fois souligné que la version Peugeot coûtait généralement plus cher sans apporter d’avantage significatif. Elle est apparue puis a disparu des salles d’exposition sans susciter le moindre enthousiasme.
9. 5008 (première génération)
La 5008 d’origine offrait une configuration à sept places véritablement pratique, mais son design était si banal qu’elle passait pratiquement inaperçue face à des concurrentes plus marquantes du segment. Elle remplissait correctement son rôle de voiture familiale, mais ni la conduite ni la possession de ce modèle ne laissaient une impression particulière. La refonte bien plus audacieuse de la deuxième génération a par la suite clairement mis en évidence à quel point la première version manquait de personnalité.
10. Ion
La première véritable tentative de Peugeot dans le domaine des voitures électriques consistait, en réalité, en une Mitsubishi i-MiEV rebaptisée, à laquelle on avait simplement ajouté une calandre Peugeot à l’avant. Son autonomie limitée et son prix élevé par rapport à ce qu’elle offrait réellement aux acheteurs ont rendu sa commercialisation difficile, même auprès des premiers adeptes des véhicules électriques prêts à faire des compromis. Elle a disparu de la plupart des marchés presque aussi discrètement qu’elle était apparue, ne laissant pratiquement aucune trace dans l’histoire de l’électrification de Peugeot.