Alfa Romeo passe depuis des décennies à construire des voitures qui font que les gens leur pardonnent absolument tout : les pépins électriques, les visites chez le concessionnaire, la valeur de revente qui ne se rétablit jamais tout à fait. Demandez à n’importe quel propriétaire de longue date pourquoi il continue à leur rester fidèle, et la réponse n’aura généralement rien à voir avec la fiabilité : c’est plutôt la sensation que procure la voiture sur une belle route. Mais tous les modèles n’ont pas su gagner ce genre de fidélité. Certaines Alfa étaient véritablement assez exceptionnelles pour justifier les maux de tête, tandis que d’autres n’étaient que des maux de tête avec un logo sur le capot. Voici 10 Alfa Romeo qui ont mérité leurs déboires et 10 qui ne les ont jamais mérités.
1. Giulia Sprint GT
Ce coupé des années 1960, dessiné par Bertone, offrait une tenue de route exceptionnelle et un son encore plus séduisant, grâce à son quatre cylindres à double arbre à cames qui montait en régime avec un véritable enthousiasme. La rouille rongeait les ailes à une vitesse alarmante et le système électrique n’était jamais tout à fait fiable, mais cela ne semble déranger personne parmi ceux qui en ont conduit une. C’est cette voiture qui a convaincu toute une génération que la réputation d’Alfa valait bien ce petit sacrifice.
2. Spider Duetto
La Spider « boat-tail » d’origine ne ressemblait à aucun autre modèle sur la route, et c’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui, plusieurs décennies après que Pininfarina l’ait dessinée. Les carburateurs nécessitaient un entretien constant et la capote laissaient passer plus d’intempéries qu’elle n’en protégeait, mais le plaisir de conduite justifiait pleinement chaque réparation. Elle est devenue une icône hollywoodienne pour une raison qui n’avait rien à voir avec sa fiabilité.
3. GTV6
Sous le capot se trouvait le V6 Busso, un moteur si exceptionnel qu’il fait encore l’objet d’éloges de la part de personnes qui n’en ont même jamais possédé un. Le système électrique de la GTV6 pouvait se montrer capricieux et les commandes intérieures donnaient l’impression d’avoir été ajoutées après coup, mais la sonorité et l’équilibre du châssis compensaient largement ces défauts. Les passionnés continuent de rechercher des exemplaires en bon état précisément pour ce moteur.
4. Montréal
Cette grande routière d’Alfa, aux allures de voiture à moteur central, abritait sous sa carrosserie d’une beauté exceptionnelle un V8 débridé emprunté à un prototype de course. Son système complexe d’injection mécanique a terrifié les mécaniciens indépendants pendant des années, et les pièces de rechange n’ont jamais été faciles à trouver. Les propriétaires qui lui sont restés fidèles ont pu profiter de l’une des voitures de série à la sonorité la plus caractéristique jamais construites par Alfa.
5. 164
Le V6 de la 164 reste l’un des moteurs les plus appréciés de l’histoire d’Alfa, offrant une sonorité qui faisait passer les caprices électriques de la voiture pour un inconvénient mineur. Les moteurs de lève-vitres et les commandes de chauffage tombaient en panne avec une régularité prévisible, et le câblage vieillissait à peu près aussi bien que n’importe quel autre élément italien de l’époque. Les propriétaires qui ont suivi le programme d’entretien font état d’une satisfaction à long terme dont on entend rarement parler à propos d’une Alfa des années 1990.
6. SZ
Surnommée « Il Mostro » en raison de son style Zagato aux lignes résolument angulaires, la SZ a divisé l’opinion dès sa sortie d’usine. Sous cette carrosserie qui ne laissait personne indifférent se cachait un châssis véritablement excellent, dérivé de la 75, et l’expérience de conduite a su convaincre la plupart de ceux qui avaient initialement été rebutés par son apparence. Sa rareté et sa réputation en ont fait l’un des modèles les plus convoités de la gamme Alfa aujourd’hui.
7. 8C Competizione
Le retour d’Alfa à la construction d’un véritable modèle phare s’est traduit par une voiture habillée de fibre de carbone et propulsée par un V8 d’origine Maserati dont le son ne ressemblait à aucun autre sur le marché à l’époque. Certains propriétaires ont signalé des petits problèmes électriques typiques des modèles de niche produits en petite série, et la disponibilité des pièces de rechange pouvait s’avérer un véritable casse-tête. Rien de tout cela ne l’a empêchée de devenir l’une des Alfa modernes les plus recherchées dès la fin de sa production.
8. 4C
Construite autour d’un châssis en fibre de carbone, dépourvue de direction assistée et pratiquement sans insonorisation, la 4C exigeait de réels sacrifices en matière de confort et de fonctionnalité. La suspension était rigide, le coffre minuscule et l’habitacle semblait dépouillé par rapport à ses concurrentes de la même gamme de prix. Les conducteurs qui recherchaient un contact brut et sans filtre avec la route en sont ressortis convaincus que cela valait bien toutes ces critiques.
9. Giulia Quadrifoglio
La Giulia Quadrifoglio moderne a fait son apparition avec un V6 dérivé de Ferrari et une dynamique de conduite que les critiques ont comparée favorablement à celle de voitures deux fois plus chères. Les propriétaires ont signalé des dysfonctionnements du système d’infodivertissement et quelques problèmes électriques occasionnels, dont Alfa n’a jamais vraiment réussi à se défaire. La plupart de ceux qui en ont tout de même acheté une affirment que la sensation de conduite à elle seule justifiait le risque.
10. GTV (Type 916)
Le coupé aux lignes fluides de Pininfarina, datant des années 1990, a fait tourner les têtes grâce à un design qui reste d’actualité plusieurs décennies plus tard, notamment dans sa version « Cup » aux passages de roues évasés. L’entretien de la courroie de distribution était exigeant et le système électrique était à la hauteur de la réputation d’instabilité de l’époque, mais les versions V6 offraient une expérience de conduite que leurs concurrentes allemandes ne parvenaient pas tout à fait à égaler. Elle reste un modèle de prédilection parmi ceux qui sont prêts à sacrifier le confort au profit du caractère.
Voici 10 Alfa Romeo qui exigeaient la même patience et qui, tout simplement, n’offraient pas assez en contrepartie.
1. Arna
Fruit d’une joint-venture mal conçue avec Nissan, l’Arna combinait, de la pire manière qui soit, une carrosserie japonaise et des composants électriques et mécaniques italiens. La carrosserie rouillait presque aussi vite que la réputation d’Alfa en matière de rouille, et le système électrique s’est révélé exactement aussi peu fiable que le craignaient les sceptiques. Ce modèle est devenu un exemple typique de ce qu’il ne faut pas faire en matière de partenariat d’entreprise.
2. 145/146
Ces berlines compactes à hayon étaient équipées d’un moteur boxer et arboraient un style racé, mais leur qualité de fabrication n’a jamais été à la hauteur de l’ambition qui les animait. Des problèmes électriques sont apparus très tôt et de manière récurrente, et la rouille s’est installée sur les carrosseries bien avant que ces voitures n’aient eu le temps de montrer leur âge. On s’en souvient aujourd’hui davantage comme d’un exemple à ne pas suivre que comme d’un fleuron de la gamme.
3. 156
À sa sortie, la 156 a été récompensée pour son design et sa tenue de route, mais les premiers modèles, en particulier, se sont forgé une réputation de sous-châssis sujets à la rouille et de problèmes électriques qui ont déçu bon nombre de propriétaires de longue date. Les versions diesel, notamment, ont fait l’objet de nombreuses plaintes concernant leur fiabilité, ce qui a terni les éloges initiaux dont bénéficiait le modèle. Cela nous rappelle qu’un beau design à son lancement ne garantit pas pour autant que le véhicule tiendra la route au fil du temps.
4. MiTo
Construite sur une plateforme Fiat Punto allongée, la MiTo n’a jamais vraiment réussi à se défaire de l’impression d’être un simple produit de marque plutôt qu’une véritable Alfa. L’espace à l’arrière était exigu, la dynamique de conduite manquait du panache que le nom de la marque laissait présager, et ses notes de fiabilité se situaient systématiquement parmi les plus basses de la gamme Alfa. C’est le modèle le plus souvent cité lorsque l’on affirme que la marque s’est égarée.
5. 33
Bien qu’assez solide pour se vendre en nombre, la 33 n’a jamais su susciter cet attrait émotionnel qui caractérise une Alfa digne d’être défendue. La rouille s’est installée très tôt, et l’expérience de conduite s’apparentait davantage à celle d’une berline familiale ordinaire qu’à celle d’une voiture arborant un serpent sur son emblème. La plupart des exemplaires ont disparu des routes il y a plusieurs décennies, sans que personne ne les regrette vraiment.
6. Brera
Le design signé Giorgetto Giugiaro a fait de la Brera l’un des coupés les plus élégants de sa décennie, mais l’expérience des propriétaires a révélé une tout autre réalité. La version V6 souffrait d’un excès de poids à l’avant et d’un sous-virage marqué, en raison du moteur placé devant l’essieu avant, et les problèmes électriques sont devenus un sujet récurrent dans les enquêtes de fiabilité. Les acheteurs, séduits par son esthétique, l’ont souvent regretté dès la première année.
7. Alfa 90
Conçue pour se positionner comme une berline haut de gamme, la 90 s’est révélée dotée d’un design maladroit et dépourvue de cet attrait émotionnel qui, d’ordinaire, fait oublier les défauts d’une Alfa. Ses ventes ont été modestes, même selon les critères d’Alfa, et le modèle est aujourd’hui pratiquement tombé dans l’oubli en dehors des cercles de passionnés. Cela prouve que même cette marque est capable de produire un modèle véritablement insignifiant.
8. Giulietta (années 2010)
La renaissance d’un nom légendaire s’accompagnait d’attentes que la Giulietta moderne n’a jamais tout à fait su satisfaire, offrant une dynamique de conduite correcte mais sans inspiration par rapport à ses ancêtres. Ses notes de fiabilité oscillaient au mieux autour de la moyenne, sans bénéficier de cette sonorité de moteur envoûtante ni de cette magie du châssis qui justifient de défendre d’autres Alfa, même imparfaites. Les critiques ont systématiquement souligné qu’elle se conduisait comme une compacte solide plutôt que comme un véhicule digne de ce nom.
9. 155
Sur les circuits du DTM, la 155 s’est imposée comme une véritable « tueuse de géants » face à BMW et Mercedes. La version routière vendue au grand public n’a toutefois jamais été à la hauteur de ce pedigree issu de la compétition, donnant davantage l’impression d’être une berline Fiat rebaptisée qu’une véritable Alfa haute performance. On s’en souvient aujourd’hui surtout pour ses exploits en course plutôt que pour ses performances sur la route.
10. Alfa 6
Présentée comme la berline de luxe phare d’Alfa, la 6 s’est imposée avec des proportions peu harmonieuses et un niveau de complexité qui a découragé les mécaniciens indépendants peu familiarisés avec ses systèmes. Les ventes n’ont jamais été à la hauteur de l’ambition qui sous-tendait le projet, et ce modèle est largement absent des discussions sur les plus grandes réussites de la marque. Même les historiens les plus fidèles à Alfa ont tendance à l’ignorer.