Dodge a toujours su vendre l’idée de la performance, et à certaines périodes de son histoire, cette idée était étayée par un équipement véritablement performant. À d’autres moments, ce sont les insignes et les graphismes qui faisaient l’essentiel du travail, tandis que les moteurs racontaient une toute autre histoire. L’écart entre les deux est plus grand que la plupart des gens ne s’en souviennent, et le marketing était suffisamment cohérent pour que la distinction devienne floue. Voici 10 modèles Dodge qui offraient une véritable puissance, et 10 autres qui misaient surtout sur leur apparence.
1. Dodge Charger R/T 426 Hemi de 1968
Le 426 Hemi développait 425 chevaux selon les estimations délibérément prudentes du constructeur, et la plupart de ceux qui ont examiné les chiffres réels estiment que sa puissance effective était supérieure. Il s’agissait d’un moteur de course adapté à la conduite sur route, qui exigeait du carburant haut de gamme et un entretien minutieux, et il ne faisait aucun mystère de tout cela.
2. Dodge Challenger T/A de 1970
La Challenger T/A a été conçue pour être homologuée en vue des courses Trans-Am ; elle était donc équipée d’un moteur 340 « Six-Pack » à poussoirs rigides, d’un capot en fibre de verre doté d’une prise d’air fonctionnelle et d’un échappement latéral débouchant devant les roues arrière. Produite pendant une seule année, elle était véritablement rapide, à l’image de sa vocation sportive.
3. Dodge Charger 500 de 1969
Dodge a conçu la Charger 500 pour remédier aux problèmes aérodynamiques qui pénalisaient la Charger standard sur les superspeedways : la lunette arrière a été encastrée et la calandre en retrait a été comblée afin de réduire la traînée. Ce modèle a remporté des courses à Daytona et à Talladega et a constitué l’une des initiatives les plus abouties des constructeurs pour transposer les exigences de la NASCAR dans une voiture de série.
4. Dodge Charger Super Bee 426 Hemi de 1971
En 1971, l’ère des « muscle cars » touchait déjà à sa fin sous la pression des tarifs d’assurance et des normes d’émissions, et la Super Bee équipée du moteur 426 Hemi fut l’un des derniers modèles dignes de ce nom avant que la puissance ne commence à diminuer. La production fut extrêmement limitée, et les voitures sorties cette année-là avec cette motorisation marquent davantage la fin d’une époque qu’une continuation.
5. Dodge Viper ACR 2008
Le pack ACR a transformé la Viper, déjà très performante, en un bolide suffisamment axé sur la piste pour établir des records du tour pour une voiture de série sur plusieurs circuits, avec une aérodynamique réglable et des pneus à gommes différentes dont l’utilisation sur la voie publique exigeait une certaine maîtrise. Ce n’était pas une voiture confortable, et elle ne cherchait d’ailleurs pas à l’être.
6. Dodge Challenger SRT Demon 2018
La Demon affichait une puissance nominale de 840 chevaux avec du carburant de course ; elle était équipée du plus gros compresseur jamais monté sur une voiture de série à l’époque, et a été interdite par la NHRA avant même d’avoir été livrée à ses clients. Dodge avait supprimé le siège passager avant et les sièges arrière de la configuration de série, et la voiture parcourait le quart de mile en un temps de l’ordre de neuf secondes dès sa sortie d’usine.
7. Dodge Dart Swinger 340 de 1970
La Dart Swinger 340 offrait de véritables performances de « small-block » dans une configuration légère qui la rendait plus rapide dans les virages et au démarrage que ne le laissait supposer son apparence modeste. Elle a été moins célébrée que les modèles Mopar à « big-block » de la même époque, mais elle était plus pratique au quotidien, et elle bénéficie d’un véritable engouement parmi ceux qui ont eu l’occasion de la conduire.
8. Dodge Challenger SRT Hellcat 2015
La Hellcat faisait son apparition avec une puissance de 707 chevaux suralimentés, à un prix qui faisait passer les voitures de sport européennes comparables pour des choix peu rentables, et avec des temps au quart de mile qui la plaçaient parmi les voitures de série les plus rapides disponibles cette année-là, tous prix confondus. Elle était lourde et pas particulièrement sophistiquée sur le plan dynamique, ce qui faisait justement partie de son charme.
9. Dodge Dart GTS 440 de 1969
L’installation d’un moteur de 440 pouces cubes dans la carrosserie compacte de la Dart a donné lieu à un rapport puissance/poids qui rendait la voiture véritablement dangereuse entre de mauvaises mains, et Dodge était prêt à prendre ce risque car la communauté des amateurs de courses de dragster pratiquait de toute façon depuis des années le remplacement des moteurs sur les voitures de type A-body. La version d’usine s’est avérée plus fiable que les modifications habituelles et plus rapide que la plupart des gens ne s’y attendaient.
10. Dodge Viper GTS-R Édition commémorative 2017
La dernière année de production de la Viper a vu le lancement de plusieurs éditions spéciales, et la GTS-R Commemorative Edition était équipée d’un matériel de niveau ACR et arborait une livrée inspirée des voitures victorieuses au Mans. Les performances techniques en fin de production étaient meilleures que jamais, ce qui a permis à ce modèle de tirer sa révérence en beauté.
Et voici maintenant 10 modèles qui misaient avant tout sur leur look.
1. Dodge Charger Daytona de 1976
En 1976, la Charger Daytona n’était plus qu’un pack esthétique proposé sur une voiture de taille moyenne équipée d’un moteur de série de 318 pouces cubes développant environ 170 chevaux, qui n’avait plus rien à voir avec la voiture de course aérodynamique qui portait le même nom depuis 1969. La bande décorative et l’écusson faisaient désormais le travail que le moteur n’était plus en mesure d’assurer.
2. Dodge Mirada de 1980
La Mirada se positionnait comme une voiture de luxe personnelle aux allures sportives et arborait avec une certaine assurance son style d’inspiration européenne. Les motorisations disponibles allaient jusqu’à un 318 qui peinait à propulser la voiture avec dynamisme, et ses performances étaient essentiellement d’ordre visuel, ce qui n’était pas inhabituel à l’époque mais mérite d’être souligné pour une voiture qui cherchait à donner une autre image d’elle-même.
3. Dodge Rampage de 1983
Le Rampage était un pick-up dérivé d’une voiture, construit sur la plateforme Omni, doté d’une traction avant et d’un moteur quatre cylindres de 2,2 litres ; le pack graphique « sport » proposé en option créait un contraste difficile à ignorer avec la réalité mécanique du véhicule. Ce n’était pas un mauvais véhicule compte tenu de ce qu’il était réellement, mais ce qu’il était n’avait rien à voir avec la performance.
4. Dodge Daytona Pacifica de 1987
La Daytona Pacifica était une version équipée du coupé Daytona à traction avant, dotée d’un moteur de 2,2 litres et d’un intérieur en cuir, dont le nom, emprunté à une ville côtière californienne, était censé évoquer un style de vie que le véhicule n’était pas en mesure de soutenir. La version turbocompressée de ce même modèle était une autre histoire, mais la version Pacifica relevait avant tout d’un choix esthétique.
5. Dodge Shadow ES de 1994
La Shadow ES était dotée d’une suspension et de finitions extérieures légèrement améliorées, mais son moteur de 2,5 litres développait environ 100 chevaux et le véhicule était suffisamment lourd pour que l’appellation « sportive » relève davantage de l’aspiration que de la réalité. Il s’agissait d’une voiture économique et fiable, agrémentée de quelques touches esthétiques, ce qui est tout à fait raisonnable sans pour autant la qualifier de véhicule de haute performance.
6. Dodge Neon R/T de 2000
La Neon R/T était dotée d’une suspension plus rigide et d’un réglage moteur revu qui portait la puissance à environ 150 chevaux, ce qui suffisait à la rendre agréable à conduire sur une route sinueuse. Le badge « R/T » évoquait des associations avec les « muscle cars » que ses performances réelles ne justifiaient pas, et l’écart entre l’histoire de ce nom et les caractéristiques techniques du véhicule était suffisamment important pour mériter d’être souligné.
7. Dodge Avenger R/T 2010
L’Avenger R/T était équipée d’un V6 de 3,5 litres développant 235 chevaux, une puissance tout à fait correcte mais sans plus, tandis que la suspension sport et le pack esthétique laissaient entrevoir des performances que l’expérience de conduite ne parvenait pas toujours à concrétiser. Il s’agissait d’une berline familiale raisonnable revêtue d’un habit de sport, et cette distinction a son importance compte tenu de l’histoire de la R/T.
8. Dodge Stratus ES de 1999
La Stratus ES était une berline de taille moyenne à traction avant, équipée d’un V6 de 2,5 litres et d’un pack esthétique « sport » comprenant un aileron arrière, qui n’avait qu’une fonction décorative compte tenu des besoins aérodynamiques réels de la voiture aux vitesses qu’elle était susceptible d’atteindre. La désignation « ES » suggérait des performances que la motorisation et le châssis n’étaient pas conçus pour offrir.
9. Dodge Dart Rallye 2013
La Dart Rallye était une version équipée de la Dart compacte relancée sur le marché, dotée d’un moteur quatre cylindres turbocompressé de 1,4 litre développant environ 160 chevaux ; ses graphismes sportifs et sa suspension surbaissée lui conféraient une allure convaincante vue de l’extérieur. Le moteur offrait des performances quotidiennes tout à fait correctes, mais le nom « Rallye » évoquait un passé de compétition que la voiture n’était pas en mesure d’honorer.
10. Dodge Charger SE 2006
La Charger SE de base était équipée d’un V6 de 2,7 litres développant 178 chevaux, monté sur une voiture pesant plus de 3 700 livres, ce qui lui conférait des performances tout à fait ordinaires. Le nom « Charger » suscitait des attentes que le V6 ne pouvait pas satisfaire, et les concessionnaires en ont sans doute vendu un grand nombre grâce à la renommée de la marque avant que les acheteurs ne se rendent compte de ce qu’ils avaient acheté.