BMW a bâti toute son identité autour de l’idée d’une voiture qui dialogue avec son conducteur, et pour une bonne partie de sa gamme, cette promesse tient effectivement ses engagements. Mais la réputation de la marque en matière d’ingénierie haut de gamme comporte un revers dont on ne parle pas assez, jusqu’à ce que la garantie arrive à expiration. Certaines BMW tiennent parfaitement les promesses de leur marque : une direction précise, un châssis qui semble vivant, un moteur qui répond avec enthousiasme aux sollicitations. D’autres se transforment en véritable catastrophe financière au ralenti dès que le compteur franchit les soixante mille miles, avec des pannes électriques et des factures de réparation qui vous font remettre en question chaque décision qui vous a conduit chez le concessionnaire. Voici 10 modèles pour lesquels l’expérience de possession en vaut la peine, et 10 autres qui videront votre portefeuille, un voyant d’alerte après l’autre.
1. E46 M3
La E46 M3 est le modèle que les passionnés de voitures citent lorsqu’ils expliquent pourquoi BMW s’est forgé une réputation qui mérite d’être défendue. Son six cylindres en ligne atmosphérique monte en régime avec une fougue que les moteurs turbocompressés peinent encore à égaler, et l’équilibre de son châssis donne l’impression même à un conducteur moyen d’être doué. Les pièces de rechange sont faciles à trouver et l’offre du marché secondaire est immense, ce qui évite que posséder ce modèle ne se transforme en véritable chasse au trésor.
2. Série 3 E30
La E30 est petite, légère et simple d’une manière que les voitures modernes ne s’efforcent plus guère d’imiter, et c’est précisément cette simplicité qui explique pourquoi elle continue d’être conduite à fond plusieurs décennies plus tard. Sa conception mécanique n’a rien d’intimidant, ce qui rend l’entretien à domicile tout à fait réalisable, et non pas un simple rêve. C’est la voiture qui a forgé la réputation de BMW en matière d’implication du conducteur, avant que la marque ne se complique.
3. E39 M5
La M5 E39 associait un V8 à une boîte de vitesses manuelle, le tout dans une carrosserie qui reste aujourd’hui encore sobre, ce qui explique en partie pourquoi elle a si bien vieilli. Elle se conduit comme une voiture de sport capable d’accueillir confortablement cinq adultes, une combinaison que peu de berlines, avant ou depuis, ont réussi à offrir. Les passionnés la considèrent toujours comme la meilleure M5 jamais construite, et les prix sur le marché de l’occasion en témoignent.
4. Z3 M Coupé
La Z3 M Coupé a l’air un peu bizarre sous certains angles, un peu comme un « shooting brake » qu’on aurait trop compressé, mais l’expérience de conduite fait vite taire toutes les critiques concernant son style. Elle a emprunté la chaîne cinématique de la M3 pour l’intégrer dans une carrosserie plus compacte et plus rigide, ce qui en fait une voiture véritablement palpitante sur les routes de campagne. C’est l’une de ces voitures qui sont devenues cultes précisément parce qu’elles n’ont jamais cherché à être « normales ».
5. E92 M3
La E92 M3 a introduit un V8 à haut régime dans la catégorie des coupés, et ce moteur à lui seul justifie la réputation dont jouit cette génération. Elle offre autant de plaisir à l’oreille qu’au volant, ce qui n’est pas toujours évident, même parmi les voitures de sport de cette gamme de prix. Des problèmes de fiabilité liés aux paliers de bielle ont été signalés, mais un exemplaire bien entretenu reste l’une des meilleures BMW modernes.
6. Turbo 2002
La Turbo de 2002 n’est pas aussi souvent citée que les modèles emblématiques plus récents de BMW, mais elle mérite d’être saluée comme l’un des tout premiers exemples où la marque a su créer une voiture véritablement passionnante à conduire. Le retard du turbo faisait partie intégrante de son caractère, plutôt que d’être un défaut à éliminer par l’ingénierie, ce qui conférait à la voiture un côté brut et imprévisible. Les exemplaires d’origine sont désormais rares, mais ceux qui subsistent sont encore conduits, et non pas simplement astiqués pour les salons.
7. E36 M3
La M3 E36 ne bénéficie pas de la même renommée que son successeur, la E46, mais c’est une voiture qui offre un réel plaisir de conduite à part entière, d’autant plus que ses prix n’ont pas encore suivi la tendance à la hausse. La direction est précise, et le châssis réagit bien aux mouvements fluides du conducteur, ce qui permet de gagner progressivement en confiance au volant. Elle constitue souvent le point d’entrée le plus abordable pour ceux qui ne sont pas prêts à débourser le prix d’une E46.
8. Coupé 1M
La Série 1 M Coupé s’est dotée d’une carrosserie plus compacte et moins tape-à-l’œil, dans laquelle elle a intégré un six cylindres biturbo, créant ainsi un modèle qui semble presque déjanté par rapport aux modèles plus raffinés de BMW. Elle a été produite en série limitée, et sa rareté a suffi à faire grimper sa valeur de manière constante depuis l’arrêt de sa production. Les conducteurs qui en ont possédé une ont tendance à en parler comme on parle d’une superbe première voiture.
9. E60 M5
La E60 M5 intégrait un V10 rugissant dans une carrosserie de berline, un choix de motorisation qui semble presque téméraire au regard des normes actuelles en matière d’efficacité des moteurs turbocompressés. Pour de nombreux acheteurs, le bruit à lui seul vaut le prix d’achat, sans même tenir compte du comportement routier de la voiture. Elle exige une véritable passion pour la mécanique et un budget de réparation conséquent, mais lorsqu’elle est conduite comme il se doit, c’est l’une des berlines les plus mémorables que BMW ait jamais construites.
10. E92 M3
La version à boîte manuelle de la E92, dotée des bonnes options et bénéficiant d’un entretien régulier, reste l’un des ensembles de performances les plus complets que la marque ait jamais proposés. Elle allie à la perfection la praticité au quotidien à de véritables capacités sur circuit, ce que peu de voitures de sport modernes parviennent à faire sans faire de compromis. Les passionnés qui en ont possédé une affirment souvent que c’est la voiture qui leur a fait perdre tout intérêt pour les autres modèles par la suite.
Passons maintenant aux 10 modèles qui ont tendance à transformer leur possession en véritable casse-tête financier.
1. Série 7 E65
La Série 7 E65 était équipée d’une technologie du début des années 2000 qui semblait impressionnante sur le papier, mais qui s’est avérée être un véritable cauchemar dans la pratique, notamment le système iDrive et sa suspension pneumatique. Les problèmes électriques s’accumulent rapidement sur cette génération, et leur diagnostic coûte souvent plus cher que la réparation elle-même. Cette voiture a subi une forte dépréciation, notamment parce que ses propriétaires ont appris à leurs dépens ce qu’impliquait réellement de la posséder à long terme.
2. X5 (E53)
La X5 de première génération avait l’air d’un SUV robuste et performant, mais elle cachait en réalité un système de transmission intégrale complexe, associé à des problèmes de refroidissement qui apparaissent généralement juste au moment où la garantie arrive à expiration. Les problèmes de boîte de vitesses et les fuites de liquide de refroidissement deviennent alors une réalité quotidienne pour le propriétaire, plutôt qu’un simple désagrément occasionnel. C’est le genre de véhicule qui semble être une bonne affaire chez un concessionnaire de voitures d’occasion, jusqu’à ce que la première facture de réparation salée arrive.
3. 745i
La 745i a intégré bon nombre des premières ambitions numériques de BMW dans une berline de luxe pleine grandeur, mais la plupart de ces innovations ont mal vieilli. Les composants électroniques de la voiture sont réputés pour leurs défaillances fréquentes, et les pièces spécialisées font grimper les coûts de réparation bien au-delà de ce que coûterait une Mercedes ou une Lexus comparable. C’est une voiture qui se déprécie rapidement, pour une raison qui devient évidente dès la première année de possession.
4. E90 335i
Le six-cylindres biturbo de la E90 335i lui conférait une véritable vivacité, mais les problèmes liés à la pompe à carburant haute pression et le cliquetis de la soupape de décharge du turbo ont transformé ces performances en un casse-tête récurrent en matière d’entretien. Les propriétaires qui négligent l’entretien préventif de ce moteur finissent généralement par en payer le prix, souvent au pire moment possible. C’est une voiture qui récompense la diligence et punit la négligence plus sévèrement que la plupart des autres.
5. X6 (E71)
La X6 a tenté d’être à la fois un coupé et un SUV, et ce compromis se ressent autant sur le plan mécanique que dans les débats sur son design. Les défaillances de la suspension pneumatique et la complexité des composants de la transmission intégrale rendent les réparations coûteuses, et sa forme peu pratique n’a pas contribué à maintenir sa valeur de revente. C’est un véhicule qui semble perdre de la valeur plus rapidement que ne s’y attendaient ses propriétaires au départ.
6. 750iL (E38)
La 750iL intégrait un V12 dans une berline haut de gamme, ce qui semble séduisant jusqu’à ce que l’on doive payer soi-même le remplacement des bougies d’allumage, qui nécessite de démonter le collecteur d’admission. L’entretien courant de cette génération coûte bien plus cher que ce à quoi s’attendent généralement les propriétaires, et il n’est pas toujours facile de trouver un mécanicien capable de s’en occuper. La réputation de luxe de cette voiture ne compense pas le poids des coûts d’entretien qui s’alourdissent avec le temps.
7. E90 328i
La E90 328i présente bon nombre des mêmes problèmes électriques que ses homologues plus puissantes, sans pour autant offrir les performances nécessaires pour justifier ces désagréments. Les lève-vitres, les sondes à oxygène et les composants du système de refroidissement tombent en panne avec une régularité frustrante sur les exemplaires ayant un kilométrage élevé. C’est souvent le modèle d’entrée de gamme que les acheteurs choisissent pour devenir propriétaires d’une BMW à moindre coût, avant de se rendre compte que les économies réalisées s’évaporent dès le premier rendez-vous chez le concessionnaire.
8. X3 (E83)
La X3 de première génération est réputée pour son confort de conduite rigide et une qualité d’habitacle qui, à l’époque où elle était neuve, n’était pas à la hauteur de son prix ; or, ces deux problèmes n’ont pas bien résisté au temps. Les composants de la suspension s’usent plus vite que prévu, et les éléments de finition intérieure se détachent bien avant que la voiture n’atteigne un âge avancé. Elle est souvent citée comme l’un des modèles les moins réussis de la première gamme de SUV de BMW.
9. 550i (E60)
Le V8 de la E60 550i offre de véritables performances, mais la complexité électrique qui affecte le reste de cette génération se retrouve ici aussi, s’ajoutant à un moteur qui présente déjà ses propres problèmes connus. Les problèmes de chaîne de distribution sur certaines années-modèles peuvent entraîner des réparations catastrophiques s’ils sont ignorés. C’est une voiture qui se conduit à merveille, jusqu’à ce que la facture des réparations vienne complètement changer la donne.
10. i3
La conception atypique de l’i3 et son autonomie limitée en ont fait davantage une curiosité technologique qu’une voiture pratique au quotidien, et cette originalité se paie cher chez le garagiste. Les pièces spécialisées et un réseau d’entretien de plus en plus restreint font de l’entretien abordable un véritable défi à mesure que la voiture vieillit. C’est un véhicule qui semblait avant-gardiste lors de son lancement et qui sert aujourd’hui surtout à rappeler à quel point il peut être coûteux d’être en avance sur son temps.