Mazda a toujours été une marque qui vise plus haut que ce qui est évident, et cette ambition a ses avantages et ses inconvénients. À son apogée, elle a produit des voitures dont les passionnés se disputent encore les louanges des décennies plus tard. Dans ses moments les moins fastes, elle a créé des modèles véritablement intéressants, mais que le grand public ne savait tout simplement pas comment apprécier. Voici 10 Mazda qui ont acquis leur réputation avec le temps, et 10 autres qui méritaient un public plus large que celui qu’elles ont jamais eu.
1. Mazda Miata (1989)
La Miata d’origine n’a pas inventé le roadster, mais elle a rappelé au monde entier pourquoi ce type de voiture existait. Légère, authentique, à traction arrière et proposée à un prix accessible au grand public à une époque où les petites voitures de sport avaient pour la plupart été délaissées, les exemplaires en bon état ont vu leur valeur augmenter régulièrement et la réputation de ce modèle auprès des passionnés est pratiquement intouchable.
2. FD RX-7 (1992)
La RX-7 de troisième génération est le modèle que Mazda a conçu lorsqu’elle a cessé de se soucier des volumes de vente pour se concentrer sur l’excellence. Un moteur rotatif biturbo, une répartition du poids quasi parfaite, une carrosserie qui semble encore tout droit sortie du futur. Les exemplaires en bon état atteignent désormais régulièrement les six chiffres aux enchères, et ce chiffre ne cesse de grimper.
3. Cosmo Sport 110S (1967)
La première voiture de série à moteur rotatif de Mazda donne l’impression que l’on aurait demandé à un designer d’imaginer à quoi pourrait ressembler une voiture de 1975, et son design a plutôt bien résisté à l’épreuve du temps. Elle n’a jamais été commercialisée en grande série, ce qui explique précisément pourquoi les exemplaires qui subsistent sont si convoités, et sa place dans l’histoire de l’automobile, en tant que première voiture de série à double rotor, est incontestable.
4. RX-3 Savanna (1971)
La RX-3 était la compacte légère à moteur rotatif de Mazda, suffisamment rapide pour faire de l’ombre à des concurrentes plus coûteuses lors des courses de voitures de tourisme de l’époque. Sa carrosserie de type fastback a particulièrement bien vieilli, et le modèle s’est constitué une communauté d’adeptes fidèles parmi les passionnés de voitures classiques japonaises, qui apprécient sa conduite toujours aussi agréable pour une voiture de cette époque.
5. Mazdaspeed3 (2007)
La Mazdaspeed3 de première génération était une véritable « hot hatch » déguisée en voiture de tous les jours : 263 chevaux, un différentiel à glissement limité mécanique et un châssis qui récompensait les pilotes engagés. Elle présentait un effet de couple au volant et une suspension ferme, et les passionnés l’adoraient justement pour ces raisons. Il est de plus en plus difficile de trouver des exemplaires en bon état et peu kilométrés à des prix raisonnables.
6. MX-6 (1991)
La MX-6 de deuxième génération, équipée d’un V6 KL de 2,5 litres et d’une boîte manuelle à cinq rapports, vieillit bien mieux que ne le laissaient présager ses chiffres de vente. Dotée d’une traction avant dans un monde qui privilégiait la propulsion, elle n’a pas été prise au sérieux à l’époque, mais son V6 est souple, sa carrosserie est élégante pour l’époque, et le marché de l’occasion commence peu à peu à s’y intéresser.
7. 787B (1991)
La 787B a remporté les 24 Heures du Mans en 1991, faisant de Mazda le seul constructeur japonais à avoir décroché la victoire au classement général. La R26B à quatre rotors développait environ 700 chevaux et produisait un bruit d’échappement que ceux qui l’ont entendu en vrai décrivent encore aujourd’hui de la même manière : unique en son genre. Elle est exposée au musée Mazda d’Hiroshima et reste le symbole le plus marquant de l’ambition sans limite de la marque.
8. FC RX-7 Turbo II (1986)
La FC ne bénéficie pas de la même popularité que la FD, ce qui explique en partie pourquoi elle est plus intéressante en ce moment. La Turbo II suralimentée offrait un véritable gain de performances, des phares escamotables que les passionnés ont pleinement remis au goût du jour, et des exemplaires en bon état encore suffisamment abordables pour qu’on puisse réellement se les offrir. C’est vers la FC que se sont tournés les acheteurs avisés, alors que tout le monde se livrait à une surenchère pour les FD.
9. Protegé5 (2002)
La Protegé5 était un break sportif à la fin d’une époque qui n’en voulait plus, et elle est depuis lors appréciée en toute discrétion. Son moteur quatre cylindres de 2,0 litres était réactif, sa tenue de route était véritablement précise, et Mazdaspeed a fini par tirer de réelles performances de cette plateforme. C’est un excellent choix d’occasion pour ceux qui recherchent un véhicule pratique sans pour autant être ennuyeux.
10. CX-5, première génération (2013)
La première CX-5 a été la première incarnation aboutie du langage stylistique « Kodo » de Mazda et se démarquait visuellement de tous ses concurrents du segment. La technologie Skyactiv a permis d’obtenir une réelle économie de carburant sans compromettre le plaisir de conduite, et les modèles de première génération sont désormais assez anciens pour être abordables, tout en restant assez récents pour ne pas constituer un pari risqué.
Voici 10 Mazda qui ont tenté quelque chose d’intéressant et n’ont trouvé pratiquement aucun acheteur.
1. Mazda Millenia (1995)
La Millenia avait été conçue comme le modèle d’entrée de gamme de la future marque de luxe Amati de Mazda, destinée à concurrencer Lexus, mais ce projet a échoué avant même son lancement. Commercialisée finalement sous la marque Mazda, elle était surdimensionnée par rapport à son statut, et le moteur V6 à cycle Miller du modèle S constituait une technologie véritablement fascinante qui méritait un meilleur contexte commercial.
2. RX-8 (2003)
La RX-8 a moins souffert de la voiture elle-même que de son moteur, qui devait être poussé à fond pour rester en bon état, consommait de l’huile de par sa conception et perdait immanquablement en compression au fil du temps. La plateforme était vraiment de bonne qualité et la tenue de route frôlait les standards de la FD, mais expliquer aux acheteurs que leur voiture de sport nécessitait un rituel de mise en route spécifique pour éviter une révision complète n’était pas un argument de vente convaincant.
3. MX-3 (1991)
La MX-3 a fait son apparition équipée du plus petit V6 de série au monde, un moteur de 1,8 litre qui tournait avec aisance et offrait une belle sonorité. Elle s’est toutefois retrouvée avec une carrosserie inadaptée au moment inopportun, dépourvue de la propulsion arrière et des performances nécessaires pour se démarquer dans un segment très concurrentiel. Depuis, elle a su gagner le cœur des passionnés.
4. Mazda 929 (1987)
La 929 de deuxième génération était une berline à traction arrière superbement aboutie, dotée d’un V6 souple et d’une véritable prestance, mais presque personne ne l’a achetée. Les Américains à la recherche d’une voiture dans ce segment voulaient des marques européennes de prestige ou une Lexus, et un modèle Mazda à 30 000 dollars était un choix que la plupart des acheteurs ne souhaitaient pas envisager.
5. Autozam AZ-1 (1992)
L’AZ-1 était une kei-car à moteur central et à portes papillon que Mazda a construite pendant la bulle économique japonaise, sans se soucier, semble-t-il, de sa viabilité commerciale. Elle ne s’est pas vendue en grand nombre, mais cela n’a rien changé à ce qu’elle était : la preuve qu’il était possible de tirer le maximum de sportivité du format kei. Elle est aujourd’hui l’une des importations les plus convoitées de l’époque de la bulle économique.
6. Mazda Xedos 6 (1992)
La Xedos 6 était la sous-marque de luxe européenne de Mazda, caractérisée par des proportions élégantes et un châssis qui surpassait véritablement les standards de son segment. Elle fit son apparition au moment même où les acheteurs européens se mettaient à privilégier les marques Lexus et BMW ; une Mazda rebaptisée ne correspondant à aucune de ces deux catégories, la marque disparut dès le milieu des années 90.
7. Mazda MPV (1999)
La deuxième génération de ce monospace offrait une meilleure tenue de route que la plupart de ses concurrents et arborait un profil plus épuré, mais elle est arrivée sur le marché au moment même où le segment des monospaces commençait son long déclin démographique. Les crossovers gagnaient du terrain par le bas et l’Odyssey ainsi que la Sienna s’imposaient par le haut ; Mazda a donc arrêté sa production en 2006 sans lui trouver de successeur.
8. Mazda Tribute (2001)
Le Tribute était un modèle développé conjointement avec le Ford Escape qui offrait une meilleure tenue de route que la plupart des SUV à châssis séparé, justement parce qu’il n’en était pas un. D’apparence banale, il se vendait dans l’ombre de son cousin, tandis que l’Escape bénéficiait d’une meilleure stratégie marketing et attirait davantage de clients dans les concessions. Il n’a pas vraiment de fans et n’en aura probablement jamais.
9. Mazda CX-7 (2007)
Le quatre cylindres turbocompressé de 2,3 litres du CX-7 était certes très vif, mais aussi très gourmand, et les problèmes de fiabilité du turbo ont été largement rapportés sur les forums de propriétaires. Alors que le segment s’orientait vers l’efficacité énergétique, le CX-7 était conçu sur un principe diamétralement opposé ; il a donc été retiré du marché en 2012 sans laisser de successeur.
10. Mazdaspeed6 (2006)
La Mazdaspeed6 était une berline sportive à transmission intégrale et moteur turbocompressé, développant 274 chevaux et équipée d’une boîte manuelle à six rapports, dont la plupart des gens ignorent l’existence. Elle rivalisait avec la Subaru Legacy GT et n’a été vendue qu’en très petit nombre sur seulement deux années-modèles. Les passionnés qui en ont trouvé une ont tendance à la garder, ce qui est généralement le signe d’une voiture qui méritait d’être produite plus longtemps.