VOLKSWAGEN JETTA DIESEL TDI 2000

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, septembre 8, 2000

Une berline aux lignes attrayantes

Les designers de VW qui étaient renommés pour leur conservatisme, ont carrément changé leur fusil d’épaule en concevant les Golf, Jetta et Passat de nouvelle génération. Dans les trois cas, on se retrouve devant des berlines élégantes aux lignes fluides et arrondies. Fini les formes angulaires et plus carrées de la belle époque. Disponibles en trois garnissages, GL, GL et GLX, les Jetta proposent quatre motorisations, soit le 4 cylindres 2,0 litres à essence, le 1,9 litre diesel TDI, le vif 1,8 turbo à essence et le vigoureux VR6, le nec plus ultra de la gamme. En prenant place à bord de la Jetta, l’œil averti notera immédiatement la qualité des matériaux et de l’assemblage, malgré une petite note d’austérité dans la finition. L’habitacle est vaste à l’avant et les baquets semi-enveloppants bien dessinés offrent un confort certain bien qu’ils soient fermes. L’angle du coussin ne s’adapte pas à toutes les anatomies, mais précisons que la position de conduite est toute naturelle avec un volant télescopique inclinable. Le tableau de bord comporte un bloc d’instrumentation complet et surtout compréhensible vu la logique de la disposition des indicateurs et jauges. Les commandes principales sont à la portée de la main, sauf le bouton du régulateur de vitesse qui se camoufle derrière le volant. Ajoutons que les touches de la radio sont petites, donc pas faciles à manier avec des gants. La position du porte-gobelets interfère aussi avec le panneau de commande de la radio qui est un peu bas, tout comme la climatisation. En parlant de chauffage, il est efficace par temps froids mais lent à de dégourdir et devenir vraiment efficace. La soufflerie aurait avantage à être plus puissante. Les espaces de rangements ne manquent pas, mais ils gagneraient des points en étant de plus grandes dimensions. La visibilité est panoramique sauf vers l’arrière, à cause des trois appuis-tête non-verrouillables. Dans ce dernier cas, on bénéficie de trois ancrages pour sièges d’enfants. Au chapitre de la sécurité, signalons que la Jetta est dotée de coussins gonflables à l’avant et sur les côtés. Malgré l’empattement plus généreux que sur les anciens modèles, le dégagement pour les jambes à l’arrière est moyen. Il y va de même pour le passage de la tête. Deux personnes de taille moyenne se sentiront à l’aise à l’arrière, mais sûrement pas trois. L’accès aux places arrière est un peu restreint. J’ai noté quelques petits irritants alors que lorsqu’on ouvre les portes avant, la forme des cadres fait que la neige pénètre dans la cabine. Les phares sont d’intensité moyenne et les jets des lave-glaces perdent de l’efficacité quand la neige s’accumule à leur niveau. L’insonorisation est nettement améliorée et, mis à part les démarrages à froid ou les montées en régime, un profane aura de la difficulté à préciser qu’il y a un diesel sous le capot. Finalement, le coffre dont l’accès est facilité par un panneau qui s’ouvre grand et un plancher plat, se veut une soute à bagages des plus impressionnantes. Il est même possible d’abaisser les dossiers divisibles 40-60 (verrouillable) pour en augmenter le volume. La Jetta est globalement une berline pratique et fonctionnelle qui a tous les arguments pour bien servir quatre adultes et leurs bagages dans un environnement bien pensé.

Un moteur diesel économique et discret

Je n’ai jamais été un adepte des voitures à moteur diesel, mais je dois admettre que mon expérience au volant de la Jetta TDI m’a ramené à l’ordre. Je ne veux pas dire par là que je m’achèterais une TDI demain matin, mais je comprends mieux ceux qui adorent leur Jetta ou leur Golf diesel. Toutefois, je pense que ce genre de voiture dont l’économie de carburant prédomine, ne s’adresse qu’à des gens qui en ont vraiment besoin et qui roulent régulièrement sur de longues distances. L’automobiliste qui ne fait que des randonnées de cinq ou dix minutes et qui ne laisse pas le temps au moteur d’atteindre sa température optimale ne sera probablement pas heureux avec une TDI. L’entretien, dans ce cas peut devenir, plus coûteux. Revenons à nos moutons! Le moteur TDI dont le niveau sonore ne se manifeste que lors de départ à froid ou en fortes montées en régime, s’est révélé relativement discret et souple. La boîte automatique qui s’exécute sans à coup est bien adaptée au moteur. Certains lui préféreront la manuelle à 5 rapports. Les accélérations sont adéquates sans être foudroyantes et les reprises à bas régime sont assez vigoureuses. Ce n’est que lors de manœuvres de dépassement sur routes montagneuses, avec trois ou quatre personnes à bord, qu’il faut faire preuve de bon jugement. Les démarrages par temps très froids, en janvier dernier, se sont faits sans aucun problème grâce à des bougies incandescentes très efficaces. De plus, le démarreur qui est bien fourni en énergie, déploie assez de force pour engager rapidement ce quatre cylindres de 1,9 litre. Précisons que je n’ai même pas branché le chauffe-moteur pour vraiment mettre la Jetta à l’épreuve. J’ai été surpris par l’efficacité et l’endurance des freins à quatre disques avec ABS. Ils assurent des arrêts rectilignes et sûrs. La direction assistée est précise, stable, et assez rapide, mais ne transmet pas beaucoup de sensations de la route. La voiture est agile avec son court rayon de braquage. La suspension qui présente une fermeté typique des voitures allemandes, procurent quand même un confort valable. De plus la Jetta qui est stable dans les virages, respecte fidèlement la trajectoire imposée. Le comportement routier est sain et prévisible. On détecte aussi une touche de tempérament sportif dans cette berline bien équilibrée qui a une attitude rigoureuse sur route sinueuse. Robuste et bien construite, elle plaira à ceux qui aiment conduire une berline pratique mais qui procure une certaine satisfaction après avoir évolué sur une route exigeante. En terminant, la VR6 à essence est ma préférée, mais elle est un peu trop chère. La 1,8 turbo est sûrement le meilleur compromis pour qui recherche un peu de nervosité sous la pédale de l’accélérateur.