Volkswagen Golf 1.8T 2000 : un trou, une cheville

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, septembre 7, 2000

Il n’était pas nécessaire de regarder dans une boule de cristal pour voir ce qui se pointait à l’horizon. Auparavant, le moteur 1,8 turbocompressé de Audi faisait partie des équipements facultatifs des Golf et Jetta de nouvelle génération. Maintenant, VW fait les choses en grand et l’offre à sa clientèle des autres modèles de sa gamme. Ce n’est pas que le moteur 1.8T soit une nouveauté à part entière puisque ce moteur se trouve déjà dans certaines versions de VW telles que les Passat et Beetle ainsi que dans la Audi A4. Pour ce qui est des Golf et des Jetta, ce moteur se veut une position mitoyenne entre le moteur de base à essence d’une puissance de 115 chevaux et le VR6 de 2,8 litres d’une puissance de 174 chevaux, lequel se retrouve dans les modèles haut de gamme. Avec le moteur diesel 1,9 litre TDI, les petites VW offrent la plus grande variété de moteurs de leur catégorie dont la puissance oscille entre 90 et 174 chevaux et dont la consommation de carburant s’affiche entre 5 L/100 km et 10 L/100 km. Le moteur 1.8T convient particulièrement à la Golf GLS GTI à moteur 4 cylindres dans laquelle il remplace le 2,0 litres. Aussi, c’est un équipement facultatif sur les modèles réguliers Golf et Jetta. Quoiqu’il en soit, il convient beaucoup mieux aux aspirations premières de ces voitures que le moteur de base qui laisse un peu à désirer au chapitre de la performance. Il faudrait chercher longtemps pour trouver un autre moteur 4 cylindres plus avancé techniquement que ce 1.8T. Ses caractéristiques font état d’un double arbre à cames, de cinq soupapes par cylindre, de turbocompression, de refroidisseur d’air, d’allumage direct et plus encore. Une puissance maximale de 150 chevaux à 5 700 tours/minute est amplement suffisante, pour ne pas dire exceptionnelle pour un moteur turbo, l’emphase étant mise plutôt sur un fort potentiel de couple, 155 lb-pi de 1 750 à 4 200 tours. La consommation de carburant du moteur 1.8T est sensiblement la même que celle du moteur 2,0 litres, ce qui constitue une très bonne affaire vu que ce moteur 1.8T est capable de passer de 0 à 100 km/h en quelque 8 secondes, ce qui représente une amélioration de 2 secondes.

Les Golf GLS et Jetta GLS à moteur 1,8 litre, au prix de détail suggéré du manufacturier (PDSM) de 23 700 $ et de 25 250 $ respectivement, coûtent 1 900 $ de plus que les versions à moteur 2,0 litres. Seule la Jetta est en plus disponible en version GLS à moteur V6 et affiche un prix de liste de 26 300 $. La Golf GTI GLS à moteur 1.8T est affichée à 25 850 $ tandis que la Golf GLX GTI VR6 se vend 30 225 $. Ces prix s’appliquent aux modèles équipés d’une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports; une boîte automatique conventionnelle à 4 rapports (pas la Tiptronic à 5 rapports des A4 et Passat) est en équipement facultatif. La boîte manuelle, jumelée au moteur 1,8, est à ratios rapprochés qui diminuent le régime de croisière de 250 tours à 120 km/h. L’engrenage de la boîte automatique est virtuellement inchangé. En pratique, l’amélioration au chapitre du raffinement sur la route est bien plus qu’une affaire de 250 tours/minute à cause du fait que le moteur 1.8T opère avec plus de douceur que le 2,0 litres. Sur l’autobahn, une vitesse de 160 km se veut une allure de croisière paisible et sans stress. Le moteur 1.8T, malgré un léger mugissement lors des changements de rapports, opère avec une douceur impressionnante pour un quatre cylindres. Quant au délai du turbocompresseur, il ne constitue pas un ennui en conduite normale, à moins que l’on insiste. Les modèles à moteur 1.8T devraient se trouver présentement chez les concessionnaires, mais les maniaques de la performance devront patienter jusqu’à l’automne pour se procurer des ajouts comme la suspension sport comme équipement facultatif réservé aux modèles à moeur 1.8T. Mais, les maniaques de sensations fortes à la recherche de «G» ne devraient pas pour autant sauter de joie ! La suspension sport facultative est essentiellement la même que la suspension de série des GTI et des Beetle. Certains irréductibles la trouvent même trop molle tandis que certains propriétaires de Beetle disent que leur suspension est trop ferme, comme quoi on ne peut pas plaire à tout le monde. Présentement, les ressorts, les amortisseurs et la barre stabilisatrice arrière sont rehaussés ; le niveau du véhicule, les coussinets, les jantes et les pneus sont des pièces d’origine du manufacturier. Quant à ces deux derniers items, on peut les modifier chez les spécialistes de «l’après-marché». Comment tout cela a-t-il fonctionné ? Difficile à dire. Avant le début de notre randonnée d’essai, on nous avait dit que toutes les Golf et Jetta étaient munies de la suspension sport. Par après, on nous a révélé que seules les Jetta en étaient équipées. Par bonheur, ma randonnée du matin m’a fourni peu d’occasions de tester la suspension, mais après le dîner, j’ai pu me contenter avec une Golf GLS. Cependant, cette Golf m’a rappelé comment ces voitures se comportent bien même avec la suspension d’origine. Un bon comportement ne se limite pas à un roulement ferme et à des virages rapides en équilibre. Une direction qui réagit vivement, ainsi qu’un bon équilibre du châssis, sont des éléments non-négligeables, et les modèles de production en fournissent une bonne dose.