
Habituellement, les constructeurs prêtent aux chroniqueurs les versions les plus équipées de leurs nouveaux modèles. Mais cette fois, Toyota m’a ramené les deux pieds sur terre en me prêtant une Yaris dans son plus simple appareil. Rien de tel par contre pour apprécier la voiture pour ce qu’elle est : un moyen de transport pour se déplacer du point A au point B. Mais faut-il tout de même trouver un peu de plaisir en parcourant la distance entre les deux points?
Allure modernisée
Pour cette refonte en 2012, les stylistes de Toyota ont fait un remaniement sommaire des lignes. Au premier coup d’œil, on la reconnaît. Cette fois, ils ont par contre opté pour des traits plus nets que par le passé. La Yaris a dont l’air moins joufflue. La nouvelle génération de Yaris hatchback est offerte en deux déclinaisons : à 3 ou à 5 portes.
Pour la berline, Toyota a conservé l’ancienne génération. Une décision surprenante tout de même à en juger par la quantité que l’on croise sur les routes. Le constructeur affirme toutefois qu’environ 30 % des acheteurs d’une sous-compacte choisissent cette configuration. En fonction de la demande pour la nouvelle mouture, Toyota pourrait rectifier le tir. Après tout, la plupart des concurrentes, que ce soit la Chevrolet Sonic, la Ford Fiesta, la Hyundai Accent ou la Kia Rio, ont toutes leur contrepartie berline. Mais si l’on y pense bien, la Corolla peut remplir facilement remplir ce rôle pour Toyota. Et elle ne coûte que 1000 $ de plus, et offre davantage d’espace et de confort, en plus d’être tout aussi frugale en carburant.
La hatchback gagne quelques centimètres
La nouvelle Yaris profite de centimètres additionnels pour l’empattement et la longueur. Toyota profite de chaque millimètre disponible pour maximiser le dégagement pour les jambes et la tête des occupants. Bien entendu, aucune sous-compacte ne peut prétendre accommoder brillamment ceux de plus de 1,80 mètre. Mais, après deux semaines d’essai, plus de 800 kilomètres parcourus dont deux allers-retours dans Charlevoix, mon dos ne réclamait aucun traitement intensif chez l’ostéopathe.
Bon, j’avais tout de même hâte de reprendre le volant de ma bonne vieille Volvo. J’aurais surtout apprécié un meilleur soutien lombaire et un coussin de siège un peu plus long pour assurer un confort supérieur, surtout pour les plus longs trajets ou même pour faire du surplace le matin et le soir sur l’autoroute.
Lorsqu’on compare la présentation de l’habitacle à la concurrence, on peut facilement en conclure que les concepteurs n’ont pas eu l’inspiration débordante durant leur processus de création. En revanche, j’ai beaucoup apprécié le mariage du noir et du gris pâle (presque blanc!) pour le recouvrement des sièges, et un rappel de la couleur pâle dans les portes.
Les instruments reprennent leur place devant le conducteur
Les instruments de bord sont désormais placés devant le conducteur plutôt qu’au centre de la console. Leur lisibilité ne pose aucune difficulté, sauf lorsque le soleil réfléchit dessus. Au centre de la console, trois commandes rotatives permettent de régler le chauffage. Le volant n’est malheureusement télescopique. Pour le moment, seuls Chevrolet (Sonic) et Ford (Fiesta) ont compris l’utilité de cette caractéristique indispensable. De plus, comme le volant de la Yaris est trop collé sur la planche de bord, la position de conduite en souffre lorsque l’on doit reculer le siège au maximum pour conduire.
Petite fleur au conducteur : la Yaris lui accorde le privilège de régler les rétroviseurs extérieurs, ainsi que de verrouiller et déverrouiller les portes au moyen de commandes électriques. Du reste, la visibilité est bonne, mais elle l’est un peu moins lorsque l’on tourne la tête du côté droit pour regarder vers l’arrière. Détail inusité, la Yaris est équipée d’un seul essuie-glace pour le pare-brise. Le liquide de lave-glace est pulvérisé par l’entremise d’un gicleur unique placé à la base du bras qui le contrôle.
Les matériaux utilisés sont de bonne qualité, mais on sent que la concurrence fait un peu mieux sur ce chapitre. Ils étaient bien assemblés dans ma voiture d’essai. L’habitacle laisse entrer les bruits de vent et de roulement, ainsi que ceux du moteur en fortes accélérations. Mais le niveau sonore demeure tolérable pour une voiture de ce type.
La banquette arrière peut accueillir deux occupants de taille moyenne. Au centre par contre, le plancher est occupé par un petit réceptacle qui retranche l’espace disponible pour les pieds. L’espace utilitaire est par ailleurs de dimension convenable. Mais une fois de plus, certaines rivales comme l’Accent à 5 portes et la Honda Fit se montrent plus généreuses. L’augmentation des dimensions lui permet cependant d’y placer quelques sacs d’épicerie et bagages de plus. Pour l’augmenter, on peut rabattre les deux sections du dossier.
106 chevaux sous le capot
Le capot loge un petit moteur de 1,5 l de 106 chevaux. À titre de comparaison, le moteur de 1,6 l de la Hyundai Accent en développe 138, tandis que celui de la Fiesta en produit 120. Même la Scion xD profite d’un moteur un peu plus puissant.
Essentiellement, ces moteurs adoptent tous des composantes similaires, soit double arbre à cames en tête, calage variable des soupapes, etc. Les performances de la Yaris sont adéquates dans la plupart des conditions. Je les aurai cependant aimé plus vigoureuses, surtout en terrains montagneux. Il faut donc solliciter généreusement l’accélérateur pour l’exploiter au maximum.
Vous l’aurez donc deviné, la consommation de carburant en souffre. J’ai obtenu 7,2 l/100 km en moyenne, soit à peine moins qu’une Corolla, mais sensiblement la même chose que ce que j’avais obtenu lors de mon essai de l’Accent et la Fiesta. Mais disons que, pour une utilisation urbaine, c’est suffisant. La boîte automatique – seule option de ma voiture – fonctionne en douceur. Mais elle travaille fort pour garder le rythme. Étonnamment, elle ne compte que 4 rapports alors que les autres en compte 6, ou encore comme la Nissan Versa reçoit une boîte à variation continue.
Du point de vue de la technologie, il est étonnant de voir un chef de file comme Toyota jouer la carte de la continuité, plutôt que de chercher à surpasser la concurrence.
Un comportement honnête sur la route
Lorsque l’on conduit une sous-compacte comme la Yaris, on doit rarement s’attendre à y retrouver les qualités d’une grande routière. Si des utilisateurs occasionnels de Communauto (voiture quasi officielle de l’organisme) n’y verront que du feu, d’autres, comme moi, apprécieraient un comportement plus étoffé.
La Yaris propose un comportement routier honnête. La suspension absorbe la plupart des inégalités de la route avec une bonne douceur. Au quotidien, elle est maniable. Elle ne dégage cependant pas l’aplomb de la Fiesta ou de la Sonic, dont l’esprit est beaucoup plus européen, ni la douceur de roulement de l’Accent. Mais les améliorations apportées en 2012, notamment l’ajout de roues de 15 po améliore la stabilité sur la grand-route et en virages plus serrés. Et le plaisir de conduire? Euh, il faudra lorgner dur côté de la Ford Fiesta ou de la Honda Fit, ou encore de la Scion xD.
Armée jusqu’aux dents
Toyota n’a pas lésiné sur les dispositifs de protection. La Yaris reçoit 9 coussins gonflables (par contre, la Chevrolet Sonic en compte 10!), de même que des sièges avant conçus pour minimiser les dommages causés par le coup de fouet cervical dans certains types de collisions, en procurant un soutien uniforme de la tête au bas du dos. À ces éléments s’ajoutent des dispositifs tels que le contrôle de la stabilité du véhicule, le contrôle de la traction et la technologie d’arrêt intelligent si jamais la voiture prenait l’épouvante.
Jusqu’à tout récemment, la Yaris était en quelque sorte une mesure étalon pour juger la concurrence. Mais le vent a tourné depuis les deux ou trois dernières années. Aujourd’hui, on nous propose des sous-compactes plus avancées du point technologique, plus confortables, mieux construites et plus intéressantes à conduire. À mon avis, Toyota aurait pu démontrer plus d’audace, bien que l’audace ne soit pas l’apanage de Toyota. Néanmoins, la Yaris 2012 est une bonne petite voiture, fiable, peu coûteuse en entretien et économique en carburant. Mais il faut prendre le temps de comparer les offres sur le marché. Car la concurrence réserve d’heureuses surprises.
Fiche technique : Toyota Yaris à 5 portes 2012
- Prix de base : 16 315 $ (transport et préparation compris)
- Prix du modèle essayé : 17 350 $ (transport et préparation compris, boîte automatique)
- Entraînement : traction
- Moteur : L4, DACT, 1,5 l
- Puissance (chevaux/tr min) : 106/ 6 000
- Couple (li-pi – tr/min) : 103 – 4 300
- Boîtes : manuelle à 5 rapports ou automatique à 4 rapports
- Principales rivales : Chevrolet Sonia, Ford Fiesta, Honda Fit, Mazda2, Hyundai Accent, Kia Rio





