Suzuki SX4 2006 : à deux pas de la réussite

ESSAIS LONG TERME par Jacques Duval, September 3, 2007

Notre vaillante petite Suzuki SX4 est sur le point de boucler les 15 000 km de cet essai à long terme dans lequel nous l’avons engagée, l’automne dernier. Jusqu’à présent, son bilan fiabilité est tout à fait impeccable : zéro (pour reprendre cette horrible injure à notre langue) visite chez le concessionnaire et aucun (le bon mot) ennui mécanique de quelque nature que ce soit.

C’est déjà bien pour une voiture fraîchement débarquée dans le paysage automobile. Ce qui m’étonne chez cette SX 4, c’est la correction de sa finition et l’aspect de neuf qui se dégage de sa présentation intérieure après 12 mois d’utilisation, dont six mois d’hiver.

Chaque fois que je m’installe au volant, je suis toujours renversé par cette visibilité panoramique que procurent le vaste pare-brise et sa petite glace latérale triangulaire. On souhaiterait seulement que le pilier A soit moins volumineux, ce qui aiderait la visibilité latérale.

L’autre qualité de cette Suzuki est cette maniabilité qui la place, sans l’égaler, dans la catégorie d’une Mini Cooper. Son avantage certain, par contre, est sa traction intégrale contrôlable au moyen d’un basculeur sur la console centrale. Plus qu’une sous-compacte, la SX 4 est, jusqu’à preuve du contraire,  le plus petit utilitaire sport sur le marché. Idéal pour un jeune couple amateur de sports d’hiver ou d’une maman qui veut emmener ses enfants faire du ski en fin de semaine.

Au début de ce long terme, j’avais été plutôt déçu de la consommation élevée de cette Suzuki qui frôlait les 10 litres aux 100 en usage mi-ville, mi-route, ce qui dépassait largement la moyenne pour les voitures de cette taille. Toutefois, après avoir franchi le cap des 6000 km, la situation s’est beaucoup améliorée pour se stabiliser à 8,6 litres aux 100 km sur l’afficheur placé au centre du tableau de bord. Il n’a jamais été remis à zéro, ce qui signifie que cette moyenne est désormais constante et très acceptable compte tenu des quatre roues motrices. Le réservoir à essence gagnerait seulement à être un peu plus grand.

LES AMÉLIORATIONS SOUHAITABLES

Si la consommation s’est guérie d’elle-même, on ne peut en dire autant du niveau sonore du moteur qui demeure élevé et irritant. Avec la boîte manuelle à 5 rapports, les 3 000 tr/min du petit 4 cyl. de 143 ch. qui trime sous le capot avant à 100 km/h sont à la limite de l’endurable. Et comme le Québec roule entre 110 et 119 km/h, le bruit augmente lui aussi et devient carrément agaçant. Avec la boîte automatique, on me dit que le niveau sonore est vraiment plus tolérable. Suzuki a nettement besoin de se payer un acousticien ou un moteur moins essoufflé pour régler ce problème. La firme japonaise pourrait aussi faire appel à un orthopédiste ou à un spécialiste en physiatrie pour corriger la forme et le rembourrage de ses sièges. Bien que ce ne soit pas la règle, beaucoup de passagers de notre SX 4 se sont plaints de douleurs au dos après une brève randonnée dans la voiture.

En conclusion, Suzuki se retrouve à deux pas de la réussite avec cette petite voiture à la bouille sympathique qui, avec les correctifs suggérés, pourraient faire la lutte aux modèles les plus convoités de sa catégorie.

Il se pourrait aussi que vous ayez une meilleure tolérance au bruit et une morphologie qui vous permettra d’ignorer l’inconfort des sièges. Dans une telle éventualité, la Suzuki SX 4 mérite une sérieuse considération.