Suzuki Kizashi 2011 : Une prise 2 réussie

ESSAIS ROUTIERS par Jean-Pierre Bouchard, novembre 11, 2011

La Kizashi fait complètement oublier la Verona, disparue quelques années plus tôt. Son constructeur propose aujourd’hui une berline beaucoup plus attrayante du point de vue du design, de la qualité de conception et du comportement routier. Peut-être lui manque-t-il un peu plus de tonus au moment d’enfoncer l’accélérateur. Autrement, les ingénieurs de la firme ont réalisé un excellent travail. Dans une catégorie qui ne laisse aucune chance aux mauvais placements, cette berline intermédiaire promet un rendement sûr. Guideauto.com a pris le volant d’une version SX, livrée de série avec le rouage intégral.

Sans être un exemple éclatant d’originalité, la carrosserie de la berline affiche des lignes qui lui donnent de la prestance. Lorsqu’on la regarde, elle semble campée solidement sur la route, résultat notamment des imposantes jantes de 18 po et de la forme ramassée de la voiture. Certains éléments ne sont également pas non plus sans rappeler des voitures plus dispendieuses. Le becquet intégré au couvercle de coffre, par exemple, évoque celui d’une Infiniti G37. Exception faite pour la largeur et pour la hauteur, la Kizashi est celle dont l’empattement et la longueur sont les plus courts de la catégorie. Les dimensions avoisinent plutôt celles de la plus récente génération de Volkswagen Jetta.

Habitacle invitant

Ces dimensions un peu moins généreuses réduisent bien entendu le volume total disponible pour accueillir les occupants à l’intérieur de l’habitacle. Les passagers de la banquette arrière souffriront davantage du manque de dégagement pour les jambes et la tête. Surtout les grands. Les occupants des sièges avant, eux, trouveront le dégagement pour les jambes adéquat. Une fois de plus, seuls les plus grands apprécieraient disposer d’un peu plus d’espace pour étirer leurs jambes. Autrement, le confort des sièges avant, dont le galbe permet de les maintenir en place, ne soulève aucune critique. Leur confort rappelle celui des berlines allemandes.

Le conducteur peut facilement trouver une bonne position de conduite. La plupart des commandes sont bien disposées, sauf le bouton pour activer le rouage intégral qui est caché par le volant. La présentation des instruments de bord reçoit une excellente note, tout comme les matériaux utilisés qui sont texturés et rigoureusement assemblés. Les espace de rangement sont par ailleurs nombreux. La Kizashi comprend une longue liste de caractéristiques de série comme la mémorisation de la position du siège pour trois conducteurs, la climatisation à deux zones et le démarrage par bouton-poussoir. Les versions SX et Sport profitent également d’un puissant système audio Rockford Fostgate, d’un toit ouvrant et d’un habillage en cuir pour les sièges.

Élan retenu

Les ingénieurs ont confié la tâche d’activer les roues avant de la berline à un moteur quatre cylindres de 2,4 L. Malgré les 180 chevaux qu’il développe (5 chevaux de plus pour la Sport), ce moteur ne la transforme pas en voiture sport. En fait, les performances sont sensiblement comparables à celles d’autres berlines du même type. C’est un peu dommage puisque Suzuki semble vouloir la positionner davantage comme une voiture sport que comme une intermédiaire conventionnel.

Pour transmettre la puissance aux roues, la Kizashi utilise de série une boîte à variation continue (CVT). Sur la version SX, le conducteur dispose de palettes montées sur le volant pour simuler ses changements de rapport. Cette CVT fonctionne généralement bien. Par contre, lorsqu’on enfonce vigoureusement l’accélérateur, la voiture semble retenir son souffle, ce qui donne l’impression que la voiture est plus lente qu’elle ne l’est en réalité.

En fortes accélérations, au moment de dépasser par exemple, le niveau sonore monte suffisamment pour troubler la quiétude des oreilles des occupants. Les performances sont néanmoins respectables au moment d’effectuer un dépassement. Du reste, pour peu que l’on ne cherche pas à jouer les pilotes de course, elle conviendra parfaitement. Pour les autres, le constructeur pourrait ajouter une puissante version turbocompressée de plus de 300 chevaux.

Lors de cet essai, la consommation moyenne a atteint 9,5 L/100 km. À ce titre, elle concurrence la Subaru Legacy, elle aussi dotée du rouage intégral.

Tempérament bien dompté

La carrosserie de la Kizashi repose sur une structure rigide qui permet à la voiture de demeurer stable et prévisible. Elle est maniable et démontre beaucoup d’aplomb lorsqu’elle enchaîne les virages, sans être pour autant être une vraie berline sport comme une Audi A4 ou une BMW série 3. La fermeté de la suspension entraîne quelques secousses plus senties sur les chaussées raboteuses. Autrement, la portée est confortable sur la grand-route. Et il s’en dégage une belle impression de solidité.

Peu de reproche du côté des freins : ils effectuent leur travail avec compétence. Pour activer le rouage intégral, le conducteur doit appuyer sur un bouton. Lorsque le système est en fonction, il peut acheminer jusqu’à 50 % du couple aux roues arrière. Dans le cas d’une Subaru Legacy équipée d’une CVT, le système fonctionne un peu différemment. D’abord, la mise en fonction du rouage intégral ne nécessite aucune intervention de la part du conducteur, car il est toujours prêt à passer à l’action. Ensuite, la répartition initiale du couple est de 60 % à l’avant et de 40 % à l’arrière. Il n’en demeure pas moins que, dans la plupart des cas, la différence est peu perceptible lors d’une utilisation dans la vie de tous les jours.

Puisée dans les antiquités de Daewoo, la Verona n’a pas tenu le coup longtemps. Pour 2011, Suzuki a fait les choses autrement en réunissant les meilleures caractéristiques qu’il pouvait offrir au consommateur. Aurait-il pu opter sur un moteur plus évolué ? Oui. Mais dans l’ensemble, la proposition est honnête. Lorsque j’ai pris place derrière le volant la première fois, mon premier réflexe a été de dire « Wow ! ». Enfin, le petit constructeur japonais démontrait son intention de concurrencer sérieusement une catégorie qui ne pardonne pas, ou si peu.

FICHE TECHNIQUESuzuki Kizashi 2011 Prix de base 25 995 $ (S)

Prix du modèle essayé 30 495 $ (SX)

Transport et préparation (non compris) 1 450 $

Moteur 4 cylindres de 2,4 L (180 chevaux) / (185 chevaux pour la Sport)

Boîtes de vitesses Boîte à variation continue (CVT) / Manuelle à 6 rapports (Sport seulement)

Consommation de carburant (L/100 km) 9,3 (ville) / 6,8 (route)

Consommation moyenne réalisée (L/100 km) 9,5

Concurrence principale Chevrolet Malibu, Chrysler 200, Ford Fusion, Honda Accord, Hyundai Sonata, Kia Magentis, Nissan Altima, Subaru Legacy, Toyota Camry, Volkswagen Jetta

Appréciation globale 4/5