Suzuki Grand Vitara 2009 : La surprise se trouve sous le capot

ESSAIS ROUTIERS par Jean-Pierre Bouchard, octobre 25, 2008

Le Grand Vitara a pour délicate tâche de concurrencer le Toyota Rav4 et le Honda CR-V, C’est du moins l’intention du petit constructeur nippon. Afin de le rendre plus attrayant, dans un contexte où priment les économies de carburant, Suzuki en a révisé la motorisation. Une nouvelle heureuse.

Le lancement de la dernière génération de Grand Vitara date de 2006. Les concepteurs l’avaient alors transformé d’un pare-chocs à l’autre. De rustre, il atteignait un degré de raffinement supérieur. Alors anonyme, il méritait enfin d’être redécouvert et ajouter sur la liste des concurrents sérieux.

Au chapitre de l’emballage, difficile de voir les améliorations pour 2009. Le véhicule ne reçoit qu’une calandre et un pare-chocs avant de plus grande dimension, tandis que les modèles V6 profitent de jantes de 18 po. L’aménagement intérieur du Grand Vitara était déjà réussi. Pourquoi changer une présentation gagnante  ? L’habitacle ne subit donc aucun changement significatif, sauf l’ajout d’un ordinateur de bord.

À bord, les occupants profitent d’un bon confort. Seul petit bémol pour le conducteur : l’absence d’un volant télescopique, ce qui est le cas du Honda et du Toyota. Autrement, la position de conduite est confortable. Le conducteur profite d’un bon dégagement pour les jambes et la tête. Les commandes sont placées dans son environnement immédiat et la lecture des instruments de bord ne pose aucune difficulté. La visibilité est bonne dans toutes les directions, sauf peut-être vers l’arrière à cause du large pilier.

À l’arrière, la banquette fournit un bon confort pour au moins deux adultes. L’espace utilitaire est de bonne dimension. Chacune des sections de la banquette se replie pour augmenter le volume de chargement. Le hayon s’ouvre malheureusement de façon latérale, comme une porte. Et en plus du mauvais côté ! Ce n’est pas en soi un problème grave. C’est surtout peu commode en certaines situations. Un hayon qui s’ouvre vers le haut, comme celui du CR-V et de la plupart des véhicules de cette catégorie, est toujours plus pratique.

Le Grand Vitara utilise des matériaux de bonne qualité, et qui sont bien assemblés pour la plupart. Et si les bruits de roulement sont pratiquement absents, ceux causés par le vent sont un peu plus prononcés. Au fil des kilomètres, le moteur à quatre cylindres s’est également montré assez discret. Plus en fait que le précédent V6.

Du nouveau sous le capot

Jusqu’ici, le véhicule n’était équipé que d’un V6 de 2,7 L. Un V6 qui n’était pas particulièrement vigoureux par comparaison à certains moteurs à quatre cylindres concurrents. Suzuki pouvait au moins clamer qu’il offrait un V6 pour le prix d’un quatre-cylindres. Devant le V6 de 3,5 L du RAV4, ce moteur ne faisait toutefois pas le poids au moment d’accélérer et de dépasser.

La plus grande nouveauté de 2009 consiste donc en l’implantation d’un quatre‑cylindres de 2,4 L à calage variable des soupapes. Ce moteur développe une puissance de 166 chevaux et un couple de 162 livres-pieds. Il fonctionne avec une belle souplesse dans la plupart des conditions. Son arrivée sur le marché constitue une bonne nouvelle. Car l’association « V6 » et « gourmand en carburant » pouvait faire fuir certains acheteurs.

La version d’entrée de gamme, la JA, est livrée de série avec une boîte manuelle à cinq rapports. Les autres reçoivent d’office une boîte automatique à quatre rapports. Associé à cette dernière, le véhicule consomme en moyenne, selon Suzuki, 9,9 L/100 km, soit 1,3 L/100 km de plus que le Toyota RAV4 et 0,6 L/100 km de plus que le Honda CR-V.

La version V6 a droit cette fois à un… vrai V6. Le constructeur fait appel à un V6 de 3,2 L de 230 chevaux, soit une augmentation de puissance significative : de l’ordre de 45 chevaux. Cet engin le place dans une meilleure posture devant le Toyota. Et il constitue une valeur ajoutée devant le CR-V. Ce V6 est associé de série à une boîte automatique à cinq rapports.

La consommation moyenne annoncée atteint 10,6 L/100 km, soit 1,0 L/100 km de plus que le V6 de Toyota. Les deux moteurs du Suzuki permettent une capacité de remorquage de 1 360 kg (3 000 lb). À titre comparatif, le V6 de Toyota autorise 1 587 kg (3 500 lb) et le quatre‑cylindres, 680 kg  (1 500 lb).

Le prix ne dit pas tout !

L’an dernier, l’acheteur obtenait pour 25 595 $ une version d’entrée de gamme animée par un V6. En 2009, pour 400 $ de plus, il en obtient une livrée avec un quatre‑cylindres. La performance l’emporte toutefois sur l’image. Car ce moteur fonctionne de façon plus efficace, en plus de consommer moins d’essence. Et donc de polluer moins. Une version JX 4RM équipé d’une boîte automatique coûte 1 795 $ de moins qu’un CR-V LX à transmission intégrale. C’est un argument de taille ! Le véhicule est en plus mieux équipé. Le dispositif de démarrage sans clé, la climatisation automatique et des commandes audio montées sur lea volant et des jantes en alliage figurent notamment parmi les caractéristiques de série. Un RAV4 de base muni du groupe d’équipement « B » coûte toutefois 60 $ de moins. Et un Grand Vitara JLX V6 : 225 $ de moins qu’un RAV4 V6 Sport. Les conseillers aux ventes de Suzuki devront donc mettre sur la table des arguments convaincants, d’autant plus que le RAV4 jouit de la réputation enviable « Toyota ».

Comment le véhicule se distingue-t-il vraiment de la concurrence ? D’abord par un équipement généreux. Ensuite, et surtout, par un système à quatre roues motrices plus élaboré que la plupart des rivaux. Exception faite de la version JA livrée avec une transmission à quatre roues motrices en prise permanente et un différentiel à glissement limité, les autres versions disposent d’un boîtier de transfert qui permet de sélectionner entre les modes 4H (répartition du couple de 47 % à l’avant de 53 % à l’arrière), 4H LOCK (50/50), 4L LOCK, ainsi que Neutral. Le Grand Vitara peut donc quitter les sentiers battus avec une belle assurance. Le mode « Neutral » permet au véhicule d’être tiré derrière un motorisé, sans que des kilomètres ne s’ajoutent au compteur. De plus, pour 2009, le système profite d’un dispositif de retenu en pente et en descente pour les modèles équipées du V6.

Un véhicule compétent

Sur la route, le véhicule affiche un comportement routier sain et équilibré. La suspension indépendante aux quatre roues assure un bon confort sur la plupart des inégalités. Il est maniable et plaisant à conduire au fil des kilomètres. En virages prononcés, il démontre une grande stabilité.  Les versions JX et JLX à moteur à quatre cylindres sont dotées de série de jantes de 17 po, et la JLX V6, de jantes de 18 po. Le système de contrôle de la stabilité, les freins à disque aux quatre roues avec ABS et six sacs gonflables équipe de série le véhicule.

En ce qui concerne la sécurité, la NHTSA accorde quatre étoiles sur cinq pour la protection des occupants avant lors d’une collision frontale et de cinq étoiles sur cinq pour la protection des occupants lors d’une collision latérale. L’IIHS, de son côté, accorde la cote « Bon », soit la plus élevée, pour la protection des occupants lors du collision en choc décalé (la moitié de la partie avant du véhicule frappe un obstacle fixe) et de « Moyenne » (Average) pour la protection des occupants lors d’une collision latérale.

Le mot de la fin

Le Grand Vitara offre un rapport qualité-prix judicieux. L’ajout de nouveaux
groupes motopropulseurs rend l’utilitaire compact de Suzuki ne fait que le rendre encore plus attrayant pour les acheteurs. Le petit constructeur ne pouvait faire autrement pour continuer de profiter d’un segment de marché aussi populaire. Les acheteurs pourront désormais choisir entre un quatre cylindres plus frugal et plus performant que le V6, ou encore un vrai V6.