Smart fortwo 2008 : un moteur à essence pour la 2e génération

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, December 4, 2007

(San Francisco, Californie) – Mercedes-Benz a décidé d’offrir une métamorphose à la smart fortwo cette année.  Cette deuxième génération nous arrive avec un intérieur et un extérieur remaniés, des améliorations au comportement routier et au confort, ainsi qu’avec un tout nouveau moteur à essence – non le temps du diesel est déjà terminé.  La nouvelle smart a déjà fait son entrée chez les concessionnaires canadiens en novembre dernier, mais elle sera également commercialisée aux États-Unis, dès janvier 2008.

Le constructeur avait choisi Sillicon Valley « la région la plus smart des É-U » pour le lancement médiatique international de la smart fortwo 2008, il y a quelques semaines.  Ceux qui croient que nous sommes si chanceux d’être invités en Californie pour faire l’essai routier d’un véhicule seraient surpris de savoir que nous profitons rarement de temps libre pour explorer les environs.  Le programme était court et très chargé.

Partie à l’aube le jeudi, je suis arrivée à San Francisco à 15 h ou plutôt midi, puisqu’il faut reculer la montre de 3 h.  L’essai routier a débuté dès notre arrivée à l’aéroport pour se terminer vers 18 h.  Ensuite, Mercedes-Benz avait planifié une rencontre de presse à 20 h, suivi d’un souper. Nul besoin de vous dire que j’ai préféré le lit au souper, surtout que je devais reprendre la route le lendemain matin à 6h30 sur un trajet d’une durée d’environ quatre heures, pour me rendre à l’aéroport.  Le voyage, incluant le temps passé aux aéroports et dans l’avion a duré 24 heures.

La smart a fait son entrée au Canada en 2004, mais elle était déjà vendue en Europe depuis plusieurs années.  Une refonte était de mise.  En fait, le concept imaginé par l’inventeur de la montre Swatch, Nicolas Hayek, remonte au début des années 90.  Son objectif principal était de créer un véhicule révolutionnaire, à l’image de ses montres branchées et surtout, facile à manœuvrer et à stationner. Il a ensuite tenté de vendre son projet à différents constructeurs, dont Renault, VW, GM.  Mais c’est finalement en juillet 98 que l’ancêtre de la Smart est lancée en partenariat avec DaimlerChrysler sous le nom de City Coupé, le nom changera ensuite pour Smart.

Le véhicule n’était pas aussi révolutionnaire que l’aurait souhaité son concepteur.  Mais deux objectifs avaient été respectés : allure originale et voiture facile à garer.  Et encore aujourd’hui, deux smart de nouvelle génération peuvent toujours se garées côte à côtes, face au trottoir, dans un emplacement réservé habituellement à une voiture.

La première génération n’était pas conforme aux normes américaines en raison de son moteur diesel – on peut se poser des questions en constatant le nombre incroyable d’énormes VUS à moteur V8 chez nos voisins du Sud. Donc, la première chose qui distingue la deuxième génération de Smart est son nouveau moteur à essence.  Ce trois cylindres en ligne de 999 cm3 (1 litre) développe une puissance de 70 ch et un couple de 68 lb-pi. Il est couplé à une boîte de vitesse automatique à 5 rapports avec mode manuel (système de palette au volant et sur le levier de vitesse).

Certains seront peut-être déçus de la disparition de la motorisation diesel, mais sa consommation est toujours aussi frugale.  De plus, le constructeur s’est assuré que la voiture soit écologique, et ce dans toutes les phases du processus de développement.   À comparer à l’ancien modèle, la smart avale environ un litre de plus aux 100 km, soit 5,9 L/100 km en ville et 4,8 L/100km sur l’autoroute pour une consommation combinée de 5,4 L/100 km.  Elle est donc toujours admissible au programme ÉcoAuto.  Autre bonne nouvelle, étant donné que le coût de production d’un moteur à essence est beaucoup plus bas que celui d’un diesel, le constructeur a réussi à réduire le prix de départ du véhicule de près de 2 000 $.

Côté conduite, le moteur à essence effectue un bon travail malgré sa petite cavalerie.  Cependant, le moteur diesel développait plus de couple à bas régime, ce qui se traduit par une accélération au départ ou lors des manœuvres de dépassement plus vive.  Mais la différence est minime et il ne faut pas oublier que la fortwo n’est pas une voiture de course.  Une seule chose m’a irritée durant les heures au volant : la transmission.  Les passages de vitesse ne sont pas fluides, il y a un délai entre chaque rapport accompagné de sautillements.

Le style extérieur et intérieur a aussi été remanié, mais la microvoiture est toujours facilement identifiable.  Outre son nouveau moteur, la smart dispose d’un empattement plus long et d’une voie plus large.  L’objectif était d’accroître le confort de roulement. Cependant, il ne faut pas oublier que la smart a une vocation urbaine.  La petite citadine de 2,69 m de long est tout à fait à l’aise en ville, mais un peut pataude sur les autoroutes.

La smart fortwo se décline toujours dans les formats coupé et cabriolet.  Cependant le coupé est offert en deux modèles : pure (base) et passion – le modèle intermédiaire Pulse ne fait plus partie du catalogue – tandis que le cabriolet n’est disponible qu’en version tout équipée Passion.  La gamme a aussi conservé les éléments appréciés des propriétaires tels que les deux jauges pivotantes au centre du tableau de bord. L’équipement de série est abondant.  Il comprend les coussins gonflables latéraux pour la tête et le thorax, les sacs gonflables avant, la boîte à gants verrouillable, le contrôle électronique de la stabilité, un système de monitorat de la pression des pneus, les glaces à commande électrique, l’accueil sans clé ainsi que le volant et pommeau de levier de vitesses gainés de cuir.  La climatisation est offerte en option pour le modèle de base.

Le modèle Passion gagne une foule de caractéristiques, incluant une chaîne sonore compatible MP3-compatible avec changeur six CD avec quatre haut-parleurs et caisson d’extrêmes graves, un toit panoramique en polymère – qui semble solide et étanche, la climatisation, le système de palettes au volant ainsi que des sièges et rétroviseurs chauffants.Le cabriolet passion est équipé d’une capote souple à commande électrique avec longerons de toit amovibles.

Pendant l’essai routier, nombreux automobilistes et piétons américains m’ont signifié leur appréciation du véhicule par un joyeux coup de klaxon, des sourires ou des signes de la main.  Cela m’a rappelé mon essai sur les routes du Québec avant la venue de la première génération.  Signe que nos voisins du Sud ne sont pas seulement friands de mastodontes sur roues.