Saab 9-5 V6-Tid 2003

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, March 18, 2002

Si la nouvelle gamme 9-5 présente des évolutions esthétiques extérieures notables, elle offre surtout un grand nombre d’évolutions tant stylistiques que technologiques.

De nouvelles dénominations.

La 9-5 se voit modernisée par l’adoption d’une nouvelle partie avant. On trouve un bouclier plus long, une nouvelle calandre et de nouvelles optiques. L’ensemble s’intègre d’une façon beaucoup plus fluide que précédemment, l’aspect enveloppant de l’ensemble modernise indéniablement la 9-5 sans rompre avec le style traditionnel Saab. Aurait-il pu en être autrement pour une marque qui a toujours su cultiver sa « différence » ? L’arrière subit des transformations plus discrètes, le bouclier est mieux intégré et les optiques sont légèrement lissées. La 9-5 présente trois styles différents. « Linear, Arc et Vector » : ces trois appellations –baptisées Formes par Saab- se rattachent à des designs intérieurs/extérieurs indépendants. Cette approche si elle ne diffère pas fondamentalement des traditionnels « niveaux d’équipements » a néanmoins le mérite de présenter une certaine homogénéité et de répondre à un thème particulier. Le modèle dont nous disposions était en « Vector». Style sportif avec jupes latérales et jantes 6 branches en 17 pouces. L’intérieur dispose d’une sellerie cuir/tissu pour les sièges et les panneaux de porte. La planche de bord abandonne la ronce de noyer pour un aluminium mat relativement discret et bien intégré. L’assise des sièges avant a encore été améliorée : les sièges de la 9-5 me semblent être les plus confortables de la catégorie. Par rapport à l’ancienne version, les petits gabarits y trouveront un meilleur maintien, l’assise (réglable en hauteur et en inclinaison) ne présente pas la même densité que la partie enveloppante. On trouve facilement une bonne position de conduite.

Un nouveau moteur

Avec un peu de retard sur les marques allemandes, Saab présente aujourd’hui son nouveau moteur diesel hautes performances. Il revendique une puissance honorable de 176ch à 4000tr/min et un couple impressionnant de 350NM sur une large plage d’utilisation (de 1800tr/min à 3000tr/min). Construit en aluminium, disposant d’une injection directe et d’un turbo Garrett à géométrie variable (dont la principale qualité est de gommer le temps de réponse inhérent aux moteurs turbo à bas régime), il est capable d’emmener les 1670kg de la Tid à 215km/h tout en offrant de bonnes accélérations (0/100km/h en 9.3s). Si on ne retrouve pas les performances canons d’une BMW 530d, l’efficacité et la disponibilité de ce nouveau moteur sont très satisfaisantes. On retrouve les sensations des moteurs turbo essence Saab dont l’agrément n’est plus à prouver. Seul bémol à l’agrément moteur ; une gestion électronique un peu surprenante lors des passages de vitesse. Lors du passage à un rapport supérieur le moteur vient se caler sur le régime approprié. Malheureusement le régime calculé est un peu trop haut et la voiture accélère légèrement lorsque le conducteur embraye. Ce problème ne se produit que lorsque le passage d’un rapport se fait sans accélération franche (en conduite en ville par exemple). Ce problème de jeunesse sera certainement réglé sur les premiers modèles livrés. L’étagement de la boîte de vitesse est assez court compte tenu du faible régime de rotation des moteurs diesels. La bonne santé du moteur entre 2000 et 4000 tr/min permet néanmoins de ne pas trop jongler avec les rapports. En conduite plus sportive, la boîte se révèle agréable à utiliser. La commande n’est pas très rapide mais le verrouillage des rapports est bon.

Comportement : une évolution dans le bon sens

Par rapport à l’ancienne 9-5, le train avant est plus précis, les sensations au volant se sont affinées, les mouvements de caisse sont mieux maîtrisés. Au freinage, l’ABS ne se montre pas trop présent, la voiture ne plonge pas exagérément. En courbe par contre, le roulis est important. Cela ne nuit pas particulièrement à l’efficacité : malgré un poids élevé, l’agilité de la 9-5 est correcte. Il ne faut pas s’attendre à des vitesses de passages en courbe spectaculaires, mais l’ensemble ne manque pas d’homogénéité. Le train arrière n’est pas non plus paresseux. En cas de levée de pied importante ou de fort freinage en courbe, l’arrière décrochera plus progressivement que sur l’ancienne version. La version Tid ne dispose pas pour l’instant de l’ESP qui est en court de développement sur les motorisations diesels. La Tid est équipée de l’antipatinage (TCS) dont l’action n’est pas trop brutale. Sur autoroute, la relative souplesse des suspensions engendre quelques mouvements superflus. Mais le filtrage est bon et le confort global satisfaisant. Dans ces conditions autoroutières on appréciera l’exceptionnelle ergonomie Saab. Sur un parcours mixte, on appréciera la sobriété du 6 cylindres qui ne dépassera pas 7.6 l/100 en moyenne dans ces conditions.

En conclusion

« Que penser de ce cockpit d’avion qui sert de planche de bord ?». C’est une question que de nouveaux clients potentiels vont devoir se poser, car pour l’achat d’un diesel haut de gamme il faudra désormais compter avec Saab qui s’adresse à un marché de plus en plus large tout en proposant des autos au style vraiment particulier. Sur la question des tarifs, Saab positionne bien son haut de gamme : le modèle « Vector » Pack Luxe de notre essai, particulièrement bien équipé est vendue 37.534 Euros (246.207 frs) à comparer avec les 44 050 Euros (288 949 Frs) d’une BMW 530d Pack Luxe. A méditer donc, car si rouler en Saab c’est faire preuve d’une certaine originalité et même si la 9-5 Tid se veut « différente » ; qu’elle le veuille ou non il lui reste un point commun avec ses cousines allemandes : elle ne consomme pas beaucoup !