Nissan Leaf 2018 – Des gains significatifs pour cette nouvelle génération

ESSAIS ROUTIERS par Jean-Pierre Bouchard, mai 21, 2018

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Depuis 2010, la Leaf fait partie des véhicules 100 % électriques qui attirent l’attention des consommateurs. À ce jour, le constructeur en a vendu plus de 310 00,  dans le monde. Les améliorations apportées à la deuxième génération permettront-elles d’en convaincre davantage de faire le saut du côté de la voiture électrique? Poser la question, c’est un peu y répondre, car la Nissan Leaf 2018 ne se fait pas prier pour trouver preneur.

En effet, qu’ils soient déjà propriétaires d’une Leaf de la génération précédente, ou mûrs pour sauter de pied ferme dans le cercle des véhicules électriques, les acheteurs se manifestent en grand nombre. En précommande seulement, Nissan en a vendu 1 200 en quelques mois, dont environ le tiers au Québec. Des commandes fermes.

Patience! La Leaf est en demande!

P 2018 Nissan LEAF makes North American debut our l’heure, les concessionnaires en ont quelques-unes en inventaire. Pour une commande, vous devrez patienter environ 3 mois. C’était prévisible. Pour 2018, la Leaf bénéficie d’améliorations significatives, à commencer par l’adoption d’une enveloppe moins cosmique, qui se fond davantage dans le décor. Bon ou mauvais coup de la part des concepteurs de Nissan? Tout est question de point de vue, et de goût.

En adoptant une approche esthétique moins conventionnelle que la grande majorité des concurrentes, qui ne font qu’implanter une motorisation électrique dans un modèle existant, Nissan se démarque quand même un peu plus.

Aménagement intérieur conservateur

2018 Nissan LEAF makes North American debut La Leaf conserve les proportions de la précédente. Normal : elle en utilise la plateforme, renforcée cependant pour accueillir les nouveaux composants électriques.

De belle facture, la présentation intérieure n’en demeure pas moins conservatrice. Aucun dépaysement par rapport à un autre produit de la marque, si ce n’est la petite commande bleue qui fait office de levier des vitesses. L’ensemble reste néanmoins efficace.

De façon générale, les sièges procurent un bon confort, mais les plus grands occupants apprécieraient sans doute pouvoir bénéficier d’un peu plus d’espace. Étonnamment, Nissan n’a pas doté la Leaf d’un réglage télescopique pour le volant. Bien que la recherche d’une position de conduite confortable ne m’ait pas posé problème, certains conducteurs pourraient apprécier cette caractéristique. En revanche, on pourra profiter d’un volant et de sièges avant et arrière chauffants dans toutes les versions.

Autonomie : nerf de la guerre

L’amélioration la plus importante réside dans l’augmentation de l’autonomie, qui passe de 172 km à 242 km, soit l’équivalent d’un trajet Québec-Montréal, dans des conditions optimales. C’est environ 40 % de plus que par le passé, résultat de l’adoption d’une batterie de 40 kWh plutôt que de 30 kWh.

À compter de 2019, Nissan a annoncé qu’il proposerait en option une batterie de 60 kWh, ce qui devrait accroître l’autonomie.

Devant la plupart de ses rivales!

Dévoilement de la Nissan Leaf 2018 En comparant les données, on constate que la Nissan Leaf 2018 bénéficie d’une autonomie plus grande que plupart des concurrentes : elle supplante la Kia Soul EV (179 km), la Ford Focus Electric (185 km), la Volkswagen eGolf (201 km) et la Hyundai Ioniq (200 km).

Mais la Chevrolet Bolt (383 km, soit 141 km de plus) et la Tesla 3 (354 km), attendue prochainement au Canada, lui font ombrage. Leur prix de départ est toutefois plus élevé. Alors qu’une Nissan Leaf SL, la version la plus équipée, coûte 41 998 $, la Chevrolet Bolt et la Tesla 3 coûtent respectivement 45 145 $ et 45 600 $. De son côté, la Leaf S, la version d’entrée de gamme, est de 35 998 $, un prix sensiblement comparable à la eGolf.

En offrant une telle autonomie, la Leaf, comme les autres, trouvera surtout ses aises en ville. Pour les plus longues distances, il faudra planifier davantage ses déplacements, en prévoyant des arrêts pour recharger la batterie. Fort heureusement, les bornes électriques au Québec sont de plus en plus nombreuses. Selon le site du Circuit électrique, le réseau comporte 1 393 bornes de recharge en service, dont 113 bornes rapides.

Et le temps de recharge?

2018 Nissan LEAF makes North American debut Afin de bénéficier de la pleine capacité de la batterie au lithium-ion, il faudra prévoir 7,5 heures. Pour la recharger partiellement, de 30 à 40 minutes suffiront pour obtenir respectivement 69 % de la charge (142 km) et 80 % de la charge (169 km). Le temps d’une pause…

Au Canada, la Leaf reçoit de série un câble de recharge portatif qui permet d’utiliser une prise de 120 V ou de 240 V. Il suffit de le brancher à la voiture et de laisser le système faire le reste. C’est un avantage intéressant, car l’installation d’une borne de recharge conventionnelle n’est alors plus nécessaire. Par contre, il faudra quand même faire appel à un électricien qualifié pour installer une prise de 240 V.

Une prise de 240 V n’est pas disponible à destination ? Il est alors possible d’utiliser une prise de courant conventionnelle de 120 V. Mais le temps de charge sera cependant beaucoup, beaucoup, beaucoup plus long : de 30 à 35 heures pour une recharge complète.

Le gouvernement du Québec, par l’entremise de son programme, accorde une aide financière pour l’achat et l’installation d’une borne électrique.

e-Pedal : astucieuse

2018 Nissan LEAF makes North American debut Nissan présente une technologie novatrice : la e-Pedal. Offerte de série dans toutes les Leaf, elle permet au conducteur d’accélérer, de ralentir et d’immobiliser le véhicule simplement en utilisant l’accélérateur. Nul besoin d’utiliser la pédale de frein, sauf lorsque la situation l’exige, bien entendu. Deux principaux avantages : réduire la fatigue, en particulier dans les situations d’arrêts fréquents (en ville et dans les embouteillages); réduire l’usure des freins. Selon Nissan, la e-Pedal permettrait d’utiliser une seule pédale 90 % du temps.

Sur les chemins sinueux et dans les rues de la ville d’Ottawa, l’expérience durant l’essai s’est révélée positive. Mais il faudra un temps d’adaptation pour apprendre à bien moduler l’accélérateur si l’on veut éviter les à-coups lorsque on le relâche trop rapidement. Car le très énergique freinage peut devenir à la longue agaçant et inconfortable. On peut toutefois désactiver facilement le dispositif au moyen du bouton logé sur la console.

En plus du mode D, le conducteur peut sélectionner le mode B. La différence? Le mode B engage le circuit de freinage régénératif de façon plus dynamique pour réduire l’usage des freins et recharger plus rapidement la batterie. Pratique pour descendre les côtes qui mènent vers Charlevoix.

ProPILOT Assist : Sans les mains?

Afin de bonifier son offre, Nissan inclut de série sur les versions intermédiaire (SV) et haut de gamme (SL), le système ProPILOT Assist. C’est une technologie offerte également dans le Rogue. En gros, il s’agit d’un aide à la conduite qui fait appel au régulateur de vitesse adaptatif et à la direction assistée de la voiture. Les deux travaillent de concert pour conserver la trajectoire du véhicule, sans intervention de la part du conducteur.

C’est un système de conduite de niveau 1, c’est-à-dire que le conducteur doit garder les mains sur le volant en tout temps, sans qu’il ait toutefois besoin d’exercer de pression. S’il lâche complètement le volant durant environ 5 secondes, le système commence à l’en informer de différentes façons, allant même jusqu’à ralentir le véhicule jusqu’à l’arrêt complet et activer les feux détresse. La principale utilité de cette technologie est sans contexte dans les embouteillages.

On oublie presque qu’elle fonctionne à l’électricité…

Sur la route, la Nissan Leaf nous fait presqu’oublier qu’elle fonctionne à… l’électricité. La puissance déployée par le moteur électrique de 110 kWh suffit pour offrir des performances convaincantes. Au moment de l’accélération, on ressent immédiatement le couple faire son œuvre. Pour cette nouvelle mouture, le constructeur a augmenté la puissance de 40 % (147 chevaux) et le couple de 26 % (236 lb-pi).

Elle procure une belle douceur de roulement et un bon confort général. Comme son centre de gravité est bas, elle affiche une bonne stabilité en virage. Bien que la servodirection soit électrique, elle donne quand même au conducteur le sentiment d’être en contrôle, notamment en offrant une plus grande résistance sur l’autoroute. La suspension s’excite toutefois lorsque la chaussée se dégrade. Personne sensible s’abstenir. Autrement, le voiture se laisse conduire facilement et nous fait oublier sa motorisation électrique.

La nouvelle Leaf m’a particulièrement impressionné. Nissan a fait un excellent travail. Et à en juger par les commentaires de propriétaires, cet avis semble partagé. C’est une évolution heureuse par rapport à la précédente. En incluant le rabais à l’achat de 8 000 $ du gouvernement du Québec  (de 14 000 $ en Ontario !), on obtient une voiture qui nous affranchit de la pompe à essence et des dépenses qui en découlent, d’autant plus qu’au Québec, nous bénéficions de tarifs avantageux pour l’électricité, produite proprement en quasi-totalité. En moyenne, il en coûte 250 $ par année pour parcourir 20 000 km, comparativement à environ 2 000 $ pour véhicule à essence. Faites le calcul : c’est une économie appréciable de… 1750 $.

Fiche technique de la Nissan Leaf 2018

  • Prix de base : 35 998 $ (S)
  • Prix des modèles essayés : 39 598 $ (SV) et SL (41 998$)
  • Entraînement : Traction
  • Moteur : Électrique de 110 kW (puissance de 147 chevaux ; couple de 246 lb-pi)
  • Batterie : Lithium-ion de 40 kWh
  • Site du constructeur : www.nissan.ca
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