Mazda MX-5 GT 2016 – Le voyage dans le temps

ESSAIS ROUTIERS par Rédacteur invité, November 20, 2015

APPRECIATION DE: -

  • Consommation:
  • Qualite-prix:
  • Esthetique:
  • Confort:
  • Performance:
  • Beatifulnesslol:
  • Appréciation générale:

Les PLUS

  • Châssis affûté et performances de bon niveau
  • Sensations garanties, plaisir de conduite assuré
  • Précision et qualité des commandes et des accessoires
  • Habitacle moderne et convivial, toit génial.

Les MOINS

  • Plastiques intérieurs peu flatteurs
  • Toit simple épaisseur manquant d’insonorisation
  • Inutilisable en hiver
  • Tarifs assez corsés

Par Louis-Alain Richard

 

Ce qu’il y a de bien avec la Mazda MX-5 2016, c’est que tout le monde possède un avis à son sujet. Généralement positifs, les commentaires sont souvent faits avec une pointe d’envie. C’est que cette voiture réfère à la jeunesse, à l’insouciance, à l’inutile. Elle est absolument tout le contraire du choix rationnel que serait un VUS compact ou une berline beige et automatique.

Ce petit roadster est bas de terre, peu logeable, bruyant. On n’y grimpe pas, on y descend.

Pas question de le sortir en hiver, ni de l’utiliser pour avaler des milliers de kilomètres en une seule traite. En plus, une simple Matrix semble intimidante quand on est au volant.

Rouler décapoté? Oui, mais pas dans les embouteillages estivaux, où il y fait trop chaud et où il y a trop de bruit. Pas sur l’autoroute non plus, ni quand la chaussée est poussiéreuse ou humide.

mazda-mx-5-2016-12 Il reste donc les mois de mai et de septembre, avec quelques journées en octobre. C’est mince comme argument de vente…

Pourtant, conduire cette Mazda est un véritable voyage dans le temps, dans le bon sens du terme. Pour les plus jeunes, c’est un voyage dans un passé qu’ils n’ont pas connu. Un passé fait d’insouciance, de routes sinueuses, de ballades ensoleillées où il n’est pas question de Bluetooth ou de Twitter. La vie était simple, les voitures aussi.

Pour les plus vieux, c’est un retour vers les années 70, quand florissaient ce genre de sportives, qu’elles fussent découvrables ou pas. Tout le monde a connu un oncle qui roulait une Camaro ou une 914, une tante qui avait une Mustang ou une MGB. La diversité était beaucoup plus importante, les couleurs de carrosseries aussi.

Aujourd’hui, la MX-5, malgré tous ses inconvénients, offre encore beaucoup de cet héritage. C’est la meilleure voiture pour éviter les radars-photos, tant la sensation de vitesse y est exacerbée. Il n’y a pas de toit décapotable plus simple à utiliser, même en roulant à 50 km/h. On défait le loquet central, on repousse vers l’arrière, on enclenche le verrouillage, et c’est tout. Durée : 5 secondes, pour les plus lents. Même chose pour remettre la capote.

Au volant, c’est un régal. Les sensations sont d’une acuité d’une autre époque, toutes en finesse et en précision. La suspension est ferme mais pas inconfortable, les roues dansent en suivant les inégalités de la chaussée, mais jamais la voiture n’est prise en défaut.

2016mx-5canada-104 Le freinage est mordant et facile à moduler, la direction est super directe, et les pneus sont accrocheurs tout en étant impossible à faire crier en virage. C’est le genre de châssis qui met en confiance, qui pardonne les petites erreurs. Pas étonnant que la MX-5 soit la préférée de ceux qui veulent rouler sur circuit sans se ruiner.

Sous le capot, cette version longitudinale du 2,0 litres SkyActiv bien connu est surprenante. Dans un monde de 500, 600 ou 700 chevaux, 155 peut sembler bien faiblard. Pourtant, la MX-5 est vive, rapide, et sonore. Le couple est bien présent à tous les régimes, et la voiture accélère avec entrain et vigueur. Ce moteur à course longue et injection directe répond instantanément à l’accélérateur. Il est combiné à une boîte de vitesses à rapport rapprochés, ce qui incite à jouer du petit levier de vitesse le plus souvent possible. Avec un pédalier parfait (embrayage léger et pointe-talon facile à réussir) c’est un régal que de la conduire.

Comment tout cela est-il possible ? Sortons la balance, pour voir…. 1058 kg, et répartis 50-50 en prime !

Voilà la raison de toute cette vivacité, de ce voyage dans le temps. Les sensations qu’offre cette voiture sont justement le résultat de cette faible masse, de ces petites roues, de cette mécanique de précision.

Pourtant, l’habitacle n’est pas une chambre de moine dénudée. Dans la version GT, tout y est. Navigation, sellerie de cuir, climatisation régulée, sièges chauffants, connectivité, etc. La finition est bien un peu chiche avec tout ce plastique non-moussé sur la console, la baie de pare-brise et le tableau de bord, mais au moins l’apparence est soignée et évoque bien l’esprit de l’époque. Et comme la qualité perçue passe plus par les mains, les fesses et les oreilles que par les yeux, cette MX-5 justifie pleinement son tarif relativement corsé.

2016mx-5canada-145 Finalement, la consommation moyenne sur 750 km (ça donne une idée du plaisir qu’on a eu à son volant en une petite semaine) atteint tout juste les 8,0 L/100km (du super, tout de même). Cette consommation en situation réelle et mesurée à la pompe est certainement l’une des meilleures parmi les sportives actuelles.

Cela fait maintenant 4 générations de MX-5 en 25 ans, et jamais Mazda n’a perdu de vue ce qui fait le succès de cette sportive : le plaisir de conduire. Cette nouvelle version est toujours aussi attachante, toujours aussi plaisante. Mazda a su éviter l’embourgeoisement, la prise de poids et la complexité.

Bien qu’on y grimpe en 2015, dès que le moteur tourne, c’est 1972. Magique.

Fiche technique

Véhicule : roadster 2 places à propulsion arrière

Moteur : L4 de 2,0 litres à injection directe, carburant super

Transmission : Boîte manuelle à 6 rapports

Puissance : 155 cv à 6000 tr/min

Couple : 148 pi-lb à 4600 tr/min

Freins : 4 disques (AV ventilés), avec assistance au freinage d’urgence et répartition électronique de la force de freinage

Direction : assistée, électromécanique.