Mazda CX-9 2011 : Lourdaud, mais sympathique…

ESSAIS ROUTIERS par Daniel Charette, décembre 2, 2011

Tout sourire dans la calandre, bien campé sur ses immenses jantes de 20po, le CX-9 a fière allure. Garé au milieu de nulle part sans véhicules autour, on ne réalise toutefois pas son format imposant. Son design tout en rondeurs n’y est pas étranger et les stylistes ont eu le coup de crayon heureux puisqu’il est toujours actuel dans le paysage quelques années après sa sortie.

Ne vous méprenez pas toutefois : s’il paraît svelte en photo il pèse néanmoins plus de deux tonnes. Il va sans dire que la consommation est à l’avenant! Malgré cela, il dissimule assez bien son embonpoint étant plutôt agile et contenant efficacement son roulis grâce à des éléments suspenseurs fermes. Pas de quoi aller battre des chronos sur circuit routier, mais pour la catégorie, c’est une référence.

Une option alléchante avec notre climat perfectible est la traction intégrale. Toutefois, il faut savoir que le dispositif équipant le CX-9 n’est pas le plus sophistiqué. Jusqu’à ce qu’une perte d’adhérence soit détectée, les roues avant se chargent de tracter et au besoin les roues arrière entrent en action pour permettre de s’extirper d’un stationnement enneigé par exemple. Les aventuriers des forêts devront regarder ailleurs.

BANLIEUSARD

Pour avaler les kilomètres dans le confort, il excelle. En ville par contre, il est un peu plus maladroit. Son format ainsi que sa piètre visibilité de trois quarts arrière travaillent de concert à rendre les manœuvres de stationnement difficiles. Pour changer de voie, il y a bien le dispositif de détection de véhicules dans l’angle mort qui est très efficace, mais vous risquez de le désactiver très rapidement. En effet, si les témoins lumineux dans les rétroviseurs sont pratiques, la seule façon de faire taire la stridente alerte sonore est de mettre tout le dispositif hors tension. Belle bourde.

Tandis que ses concurrentes des familles Toyota ou Honda jouissent de blasons plus huppés tels que Lexus et Acura, le CX-9 doit se contenter d’un emblème Mazda pour représenter le haut du pavé en matière de luxe chez le constructeur d’Hiroshima. N’empêche, les matériaux sont de qualité, l’assemblage dans la bonne moyenne et l’équipement complet. Si la plupart des commandes sont bien disposées et intuitives, l’emplacement trop avancé dans le panneau de contre-porte des contrôles des glaces électriques force à se soulever du dossier pour les atteindre. Qu’à cela ne tienne, de nouveau calé dans les fauteuils, leur grand confort fait vite oublier ce léger désagrément. Les passagers des places médianes ne seront pas en reste non plus et y passeront de longues heures sans rechigner. Pour la troisième rangée par contre, ça se gâte. L’espace est compté et la visibilité déficiente donnera des maux aux victimes du mal des transports. Cette troisième rangée passera probablement le plus clair de son temps remisée dans le plancher afin d’accroître l’espace de chargement. On regrettera d’ailleurs qu’elle soit offerte de série puisque son absence aurait pu faire économiser poids et argent.

Bien conçu et capable d’affronter la concurrence pour quelques dollars de moins, il n’en demeure pas moins que le CX-9 n’est pas pour tout le monde. Encombrant et énergivore, il appert essentiel d’avoir réellement besoin d’autant d’espace, sans quoi le CX-7 ou même le futur CX-5 s’avèrent des choix beaucoup plus sensés.


FICHE TECHNIQUE

MAZDA CX-9

Prix de base 36 395 $ (CX-9 GS à roues motrices avant)

Prix du modèle essayé 50 664 $

Entraînement : avant ou intégral

Moteur V6, DACT, 3,7 L, 273 ch , 270 lb/pi de couple

Boîte automatique à six vitesses avec mode sport

Appréciation globale 3/5