L’achat d’un véhicule d’occasion: les précautions à prendre pour éviter les pièges

LES GUIDES par Éric Lefrançois, novembre 4, 2006

Le portrait du véhicule d’occasion idéal: Jolie, propre, bien entretenu et FIABLE. Difficile de réunir toutes ces conditions? Pas si vous ne vous précipitez pas sur la première occasion venue.

Tiens, un petit conseil pour ne pas tomber dans le piège: Ne partez pas avec une idée trop arrêtée sur le modèle à acheter. C’est en étant souple sur le choix de votre auto que vous dénicherez la bonne affaire.

Vous avez peu confiance en votre jugement? Vous avez le coup de coeur facile? Alors n’hésitez pas à vous faire accompagner par un ami qui saura vous rappeler la craquelure naissante sur le pare-brise, la tache de rouille qui menace d’effeuiller le bas de caisse.

Cela dit, on ne part pas à la recherche de la perle rare à la tombée du jour. Impossible dans ces conditions de vérifier l’état de la moquette ou du plancher; de s’assurer que les quatre pneus sont identiques (marque, dimensions, etc.), que l’usure de la semelle est acceptable ou que les flancs ne présentent aucune imperfection ou encore de constater que le véhicule convoité, comme la tour de Pise, penche d’un côté.

Le tour du propriétaire

La calandre est un peu abîmée, l’autocollant “I love Virginia” qui tatoue le pare-chocs arrière vous gêne, mais la bagnole semble, à l’œil, pétante de santé. Un essai sur route s’impose pour voir si elle tient ses promesses. Pour le savoir, il faudra accumuler un certain nombre de kilomètres (au minimum 10) afin de pouvoir évaluer ses performances routières. Avant de prendre la route, prenez le temps voulu pour vous familiariser avec les commandes du véhicule. Contact. Les jauges et témoins fonctionnent-elles toutes? Les essuie-glaces? Et les phares? Ouvrez l’œil aussi sur la fumée qui se dégage du pot d’échappement. Elle est bleue? C’est mauvais signe!

Une petite balade en ville vous permettra de vérifier si la direction est suffisamment légère pour faciliter les manœuvres à basses vitesses ou encore que la pédale de frein demeure ferme lorsque le véhicule est immobilisé à un feu rouge. Et quand le feu passe au vert, qu’en est-il des performances? L’accélération est-elle acceptable? Et le passage des rapports de transmission? Sans accroc?

Tout en analysant mentalement vos premières impressions de conduite, empruntez la bretelle, là à droite, pour accéder à l’autoroute où vous serez en mesure de juger de la stabilité du véhicule, de ressentir des vibrations (roues, direction, etc.). Tendez également l’oreille à la recherche de bruits inhabituels (cliquetis, craquements, sifflements, etc.). Vous avez tout vérifié? Empruntez maintenant la prochaine sortie où vous serez en mesure de vérifier la qualité du freinage.

L’inspection mécanique: un must

Généralement, au terme d’un essai routier, plusieurs consommateurs s’interrogent et mettent en doute leur propre jugement. Si tel est le cas, votre garagiste n’a pas à vous refuser un bref essai routier pour confirmer ou infirmer vos impressions de conduite. Pourquoi votre garagiste? La prudence vous incitera à faire vérifier la condition mécanique du véhicule convoité par un technicien en qui vous avez confiance. Pour vous, l’idée consiste ici à obtenir le point de vue d’une tierce personne neutre et compétente en la matière. Le coût d’une telle inspection: une centaine de dollars. En retour, le technicien vous fournira par écrit un rapport détaillé sur les petits secrets de votre future conquête. De l’état de la tuyauterie du système de refroidissement à l’étanchéité des soufflets de cardans en passant par l’usure des plaquettes de freins et la lecture du taux de compression de chaque cylindre. Le technicien pourrait en avoir long à vous raconter.

Évaluation en main, vous saurez alors si vous faites une bonne affaire ou s’il vous faut carrément aller voir ailleurs. Si le véhicule vous intéresse toujours, vous disposerez ainsi d’éléments d’information qui vous permettront de négocier le prix en fonction de l’état réel du véhicule.

Il arrive toutefois qu’une inspection mécanique avant l’achat ne permette pas de déceler la présence d’un vice caché. Qu’à cela ne tienne, le nouveau Code civil vous permet d’intenter un recours. Mais ça, c’est une autre histoire