Jaguar XKR 2002 : réservé à seulement quelques chanceux

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, septembre 25, 2001

Conduire une toute nouvelle Jaguar XKR cabriolet est un des privilèges du métier de journaliste automobile. C’est une des quelques voitures exotiques que je peux conduire occasionnellement. Par conséquent, j’ai senti que je devais la conduire avec respect, ce qui est un peu ironique, car la plupart des journalistes aimeraient mieux profiter des 370 chevaux de son moteur afin de vivre des sensations uniques. Mais, pour des raisons que je ne peux expliquer que difficilement, je tenais à conduire cette voiture comme si elle m’appartenait. Un jour peut-être… Le cabriolet XKR est sur le marché depuis l’année dernière, toujours avec le même design unique que le coupé du même nom. J’ai toujours considéré que les Jaguar avaient un dessin plus qu’unique et que l’on ne peut tout simplement pas se tromper lorsqu’on voit une Jaguar. Cette voiture à propulsion arrière est mue par un moteur V8 de 4,0 litres à double arbre à cames en tête qui, je l’ai déjà dit, développe quelque 370 chevaux grâce à l’apport d’un compresseur mécanique Eaton du type Roots. Il est actionné par une courroie au vilebrequin. Ce moulin est combiné à une transmission automatique à cinq rapports qui peut (presque) être utilisée comme une manuelle en passant le levier vers la gauche dans la séquence J-gate. Malheureusement, ce système ne nous permet pas de rétrograder en première. La puissance passe aux roues arrière à un pont dont le rapport fait 3.06:1 puis à de gros pneus Continental. Vu que c’est une voiture de très grande performance, cette Jaguar est capable de passer de 0 à 100 km/h en six secondes (c’est ce que j’ai obtenu sans grand effort sans désactiver l’antipatinage). La vitesse maximale de cette Jag se situe autour des 250 km/h. Mais ce n’est pas ce qui m’a attiré le plus chez ce bolide. L’intérieur de cette Jaguar est ce que j’ai aimé le plus. Vraiment, ces Britanniques savent comment dessiner des intérieurs incroyables. Le tableau est très simple avec une façade plate à peine dérangée par des trous ronds servant l’instrumentation. Mais la finition de bois est tout simplement extraordinaire. La partie centrale inférieure de ce tableau de bord est occupée par les commandes de la radio, du chauffage et de la climatisation, mais le tout a été fait avec bon goût. Cet ensemble se continue dans la console au plancher jusqu’à l’arrière. Les sièges baquet d’avant sont de toute beauté, mais ils sont également confortables offrant aussi un bon support. Ils ont été nécessairement créés comme des sièges de sportives. Mais les deux sièges d’arrière n’ont certes pas été conçus pour accepter des passagers à moins qu’ils n’aient que deux ou trois ans et que leurs petites jambes n’aient pas plus loin que le coussin du siège. Mon fils, qui a douze ans, a réussi à s’asseoir à l’arrière mais seulement parce que mon passager de droite à l’avant a accepté d’avancer son siège pour une courte balade. La malle offre quand même suffisamment d’espace pour deux sacs de golf… au moins. Vu que mon véhicule d’essai était un cabriolet, je m’attendais aux bruits environnants qui envahiraient l’habitacle. Cependant, Jaguar avait pris soin de bien finir l’intérieur de la capote au point où ma Jaguar était aussi silencieuse que toute berline luxueuse. Par contre, la ligne du toit est plutôt basse et lorsque la capote est en place, la visibilité devient plus difficile. Mais si l’on abaisse la capote (ce qui est une simple opération qui ne demande que de presser un bouton faisant descendre les glaces, dégrafer le toit et abaisser la toile), la visibilité devient bien meilleure. Je pourrais parler des performances de cette auto pendant des pages, mais je suis persuadé que les propriétaires de telles Jaguar en prendront un soin jaloux et qu’ils ne les conduiront pas à toute épouvante avec la fumée sortant des puits d’ailes arrière. La portée de ce véhicule est très douce malgré la vocation de cette auto. Par contre, les pneus très larges ont tendance à faire courir l’auto dans les ornières creusées par les roues de camions sur les autoroutes. La direction est précise mais légère. alors que le freinage se fait rassurant sauf pour une pédale spongieuse. Le moteur offre beaucoup de puissance sans les à-coups caractéristiques aux voitures de performance. La transmission automatique a très bien fonctionné tout au long de l’essai sauf qu’en mode régulier, elle avait tendance à étirer le premier rapport si l’on relâchait l’accélérateur soudainement au départ. J’ai certes adoré conduire la Jaguar XKR et j’aimerais bien en posséder une. Il ne m’aura fallu que quelques jours pour me sentir à l’aise avec cette auto, mais je sais bien qu’à un peu plus de 113 000 $ (CDN), je ne pourrai jamais m’en payer une… à moins que je gagne à la loterie. En passant, quels étaient les numéros gagnants la semaine dernière?