Honda Clarity 2018 – Le nouveau beau?

ESSAIS ROUTIERS par Rédacteur invité, mars 31, 2018

APPRECIATION DE: Honda - Clarity 2018

  • Consommation:
  • Qualite-prix:
  • Esthetique:
  • Confort:
  • Performance:
  • Appréciation générale:

Éric LeFrançois, collaboration spéciale

Raymond Loewy (1893-1986), père du graphisme industriel titrait son autobiographie « La laideur vend mal ». Les stylistes de Honda n’ont visiblement pas lu cet ouvrage avant de créer la Honda Clarity 2018. Sans doute, ont-ils trouvé dans l’œuvre — plus récente — de Stephen Bailey, cofondateur du Design Museum de Londres qui prétend que le « laid est le nouveau beau ».

Après l’anguleuse et torturée Toyota Prius de quatrième génération, au tour de la très atypique Clarity de tenter le même genre de pari. Encore trop tôt pour dire si le résultat sera commercialement catastrophique, mais chose certaine la plus écologique des Honda s’est jusqu’ici attirée des commentaires affligés. Ce n’est pas très bon signe ? Pas si sûr.

Des arguments qu’on ne peut ignorer.

Honda Clarity 2018, hybride rechargeable Par les temps qui courent, l’important n’est pas de plaire au plus grand nombre, mais d’attirer l’attention. Et la Clarity a tout ce qu’il faut pour cela. Et plus important encore, elle ne manque pas de qualités. Ce nouveau modèle, dont on ne comprend pas encore très bien le positionnement ou la raison d’être, d’autant plus qu’une Accord hybride bien que non rechargeable rejoint la gamme ce printemps, reprend les traits d’une berline, carrosserie aujourd’hui peu recherchée des consommateurs. Qu’à cela ne tienne, la Clarity avance des arguments qu’on ne peut ignorer.

Un habitacle étonnamment spacieux

2018 Honda Clarity Plug-In Hybrid Plutôt enrobée, cette berline ouvre ses portières sur un habitacle étonnamment spacieux. L’espace disponible sous pavillon est généreux et les places avant et arrière sont accueillantes. Fractionnable, la banquette permet d’accroître le volume de chargement. Et Honda fait, de nouveau, étalage de son ingéniosité dans l’art de créer des habitacles polyvalents où il fait bon se retrouver.

Les rangements sont pratiques et nombreux. On regrettera par contre que la présentation générale ne fait pas l’objet de plus d’audace. L’habitacle apparaît plutôt dépouillé tandis que la disposition et le fonctionnement de certaines commandes exigent une période d’adaptation.

La Clarity appartient à la famille des hybrides rechargeables. La partie thermique est assurée par un moteur à essence de 1,5 L dont la principale caractéristique est la possibilité de charger leur batterie en roulant, mais aussi en se branchant, à l’arrêt. Entraînée seulement par ses roues avant (traction), la Clarity compte sur une puissante batterie de 17 kWh qui lui permet non seulement une autonomie électrique plus qu’appréciable (environ 60 km, selon votre conduite et les conditions routières) et de bénéficier, au Québec, de la subvention gouvernementale la plus élevée (8 000 $). À eux seuls, ces deux attributs la rendent particulièrement attrayante.

Sur route, le bilan est plus mitigé.

39-2018-honda-clarity-plug-in-hybrid Silencieuse, la Clarity relie ses roues avant à une direction qui offre peu de ressenti et l’on s’étonne aussi du diamètre de braquage de cette berline qui exige parfois que l’on s’y prenne à deux fois plutôt qu’une pour se garer. Quant au châssis et aux liaisons au sol, ils n’ont rien d’exceptionnel. Son poids rend la voiture un peu pataude lorsqu’on lui impose de rapides changements d’appui. De gabarit semblable à la Honda Accord, la Clarity offre une expérience de conduite totalement différente. L’Accord est agile et agréable à conduire. La Clarity, c’est tout le contraire. Enfin presque. Elle manque de dynamisme et ne souhaite guère se faire bousculer. Ses acheteurs s’en moquent. Cette voiture vaut d’abord et surtout pour sa capacité de rouler sans polluer, voire sa joyeuse radicalité. Mais était-ce vraiment de la vêtir de façon aussi bizarre ?