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Vieux 17/01/2019, 16h16
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Par défaut Villeneuve veut redonner aux jeunes pilotes "le droit de rêver"

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Cofondateur de Feed Racing France, Jacques Villeneuve a précisé les motivations l'ayant poussé à se lancer dans un tel projet. L'envie de donner une chance aux jeunes en excluant au maximum la question financière au départ et la politique est vive.

Sacré Champion du monde de Formule 1 en 1997, Jacques Villeneuve passe de l'autre côté de la barrière. Plus de vingt ans après son titre, et après avoir multiplié les expériences après la catégorie reine, le Canadien est, aux côtés de Patrick Lemarié, l'instigateur d'un nouveau projet. Tous les deux ont annoncé cette semaine la relance d'un "volant" qui doit mettre en avant le talent et alimenter les formules de promotion au mérite.

Un projet qui revient à la source en rappelant ce qui se faisait en France par le passé, mais qui est également né d'un constat dressé par ses créateurs. Pour Jacques Villeneuve, l'analyse a mûri depuis un moment déjà, et c'est celle d'un aspect financier qui a pris trop d'ampleur avant même le lancement d'une carrière de pilote.

"En tant que commentateur, j'ai davantage le temps de voir ce qui se passe", admet celui qui est consultant Formule 1 pour Canal+. "Et le problème qui vient avec les coûts, c'est que les jeunes qui se lancent dans le sport automobile n'ont pratiquement plus le droit de rêver d'avoir une carrière en sport automobile. Ça, c'est très compliqué. Il y a encore du talent, mais on a l'impression que dernièrement, l'apport financier prime sur le talent. C'est un peu dommage, il faut avoir ce droit de rêve."

"Si l'on regarde l'époque de Patrick, qui avait fait le Volant [Elf] l'année où Olivier Panis l'a gagné, ça permettait quand même à des jeunes avec du talent de tenter leur chance. C'est ce qui a permis à plusieurs Français de pouvoir monter et, à long terme, d'essayer d'accéder à la Formule 1. Ça aujourd'hui, ça n'existe plus. J'ai l'impression que les parents s'arrachent les cheveux dès le karting pour savoir quoi faire, alors que l'envie de piloter est plus grande qu'à l'époque. J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de jeunes qui aimeraient se lancer. Il faut faire machine arrière et redonner une chance au pur talent."

Prise de conscience paternelle

Outre le constat dressé en analysant la manière dont s'est articulé le sport automobile ces dernières années, plus particulièrement en Formule 1, le Québécois concède aussi une prise de conscience qui vient inévitablement avec l'âge et l'évolution personnelle. À 47 ans et avec une vie familiale différente de celle qu'il menait en étant pilote aux quatre coins du monde, la perspective change.

Il y a peut-être le fait que l'on ait des enfants maintenant", reconnaît Villeneuve. "On peut voir leur évolution. Il y a dix ans, ça ne m'aurait peut-être pas traversé l'esprit. Mais une fois que l'on commence à éduquer les enfants, on se demande ce que l'on ferait si on voulait qu'ils soient pilotes. Et là, on se rend compte que même pour nous, c'est devenu un peu illusoire. Un potentiel de carrière pour un jeune qui fait du karting aujourd'hui, c'est difficile."

"Quand Patrick l'a fait, il partait avec une camionnette et son cousin qui faisait le mécano. Et ça permettait de gagner des courses. Aujourd'hui, ils dépensent 250 000 € pour faire une saison de karting. Et malgré ça, ils n'ont pas le droit de rêver pour avoir une vraie carrière en monoplace après. C'est devenu un peu extrême à ce niveau-là et ça m'a un peu choqué."

Ne pas lier les mains du lauréat

Ouvert à 96 candidats sans autre restriction que l'âge (entre 14 et 20 ans) et l'absence de toute expérience en monoplace, le volant Feed Racing France va vivre en 2019 sa première édition. En s'établissant à Magny-Cours et avec en tête d'affiche un Champion du monde de Formule 1, le programme devrait inévitablement attirer l'attention. De près ou de loin, des équipes observeront sans aucun doute ce qui va s'y passer. Mais Jacques Villeneuve prévient : chacun son champ d'action. Pour ne pas renier l'essence même du projet, il est exclu de tisser des liens trop étroits qui lui coûteraient son indépendance et sa volonté d'équité.

"On ne veut pas être liés directement avec un constructeur", annonce le Canadien. "On veut même garder le contrôle et que ça reste un vrai volant, purement basé sur le talent et non pas avec de la politique. Mais si on regarde les grandes écuries, elles ont souvent un vivier de jeunes ou leur propre académie. Ils les prennent très jeunes, ils en suivent deux ou trois, peut-être quatre, et il y a quand même pas mal de casse, tout en leur coûtant énormément cher pour ensuite se retrouver avec des pilotes qui ont été suivis pendant cinq ou six ans mais qui en fait n'étaient pas à la hauteur. Feed Racing va les libérer un peu, peut-être, de ce fardeau, pour laisser cette détection et ce travail dans nos mains, pour avoir un plus vaste choix de pilotes potentiels. Surtout qu'ils verront déjà très jeunes comment ces pilotes réagissent sous la pression."

De la même manière, le lauréat du volant Feed Racing France sera libre de faire ses propres choix et ne sera pas impérativement lié contractuellement à la structure après avoir remporté la finale. "Ce n'est pas prévu, sauf s'il y a une envie, on pourrait regarder", précise Villeneuve. "Mais ce n'est pas le but de Feed Racing. On n'est pas là pour se mettre des pilotes dans la poche et gagner de l'argent pendant les 20 prochaines années sur le dos de jeunes pilotes qui viendraient chez nous. On ne leur met pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête."

En revanche, Feed Racing France espère que son projet fera ses preuves dès sa première année, pour ensuite attirer un sponsor qui le financerait à terme. "Pas la première année, car il faut se mettre en place. Mais c'est vrai que toutes les écoles avaient des sponsors qui étaient aussi présents en Formule 1, donc ça facilitait l'accès", conclut Villeneuve.

Source Basile Davoine, motorsport.com
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