Ford Mustang 2016 — De beaux projets pour la cinquantaine

ESSAIS ROUTIERS par Daniel Charette, novembre 20, 2015

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On n’atteint pas tous la cinquantaine dans la même forme et dans le cas des voitures, la majorité ne fait même pas une carrière aussi longue. Bien qu’il se soit égaré un moment dans sa jeune vingtaine, plus précisément de 1974 à 1978 avec l’infâme Mustang II, le Pony Car de Ford est vite revenu sur le droit chemin. La Ford Mustang 2016 poursuit sur cette lancée.

Maintenant que les festivités de la cinquantaine sont derrière, la Mustang reprend un projet qu’elle avait dû laisser tomber dans les années 80 : la turbocompression. Qui plus est, il s’agit encore une fois d’un 4 cylindres et doté du même 2,3 L. En revanche, leur rendement n’est pas du tout comparable. À sa première apparition sous le capot d’une Mustang en 1979, il développait un mince 132 chevaux. Au fil des ans, il a été revu, fiabilisé et optimisé. Sa puissance a finalement grimpé jusqu’à 205 chevaux en 1985, mais 1986 marqua la fin de cette motorisation. Il aura fallu près de 30 ans, 29 précisément, avant que l’échappement d’une Mustang fasse à nouveau tourner une turbine.

C’est maintenant chose faite et c’est à bord d’une Mustang 2016 équipé de ce 4 cylindres turbocompressé que j’ai réalisé cet essai routier d’une semaine. De la famille EcoBoost, ce nouveau moteur développe la bagatelle de 310 chevaux, tandis que les 320 lb-pi de couple poussent à fond dès 3000 tours. Comme c’était le cas à l’époque, la Mustang turbocompressée se place donc entre les versions V6 et V8 en termes de performance.

Nostalgie et raffinement

16mustanggt-blackpackage_02_hr Ford a frappé fort avec la Mustang 2016. Si l’extérieur plaît à la plupart, l’habitacle fait carrément l’unanimité. Le tableau de bord, la console, la nacelle des instruments, même les habillages de portières et les sièges rappellent les années soixante. Si le style se nourrit du passé, la qualité d’exécution est au contraire en avance comparativement à ses deux rivales. Les quelques interrupteurs à l’allure rétro sont de bon goût, tandis que les commodités modernes sont toutes présentes. Là où personnellement j’ai décroché, c’est en découvrant le soir venu, les petits projecteurs sous les rétroviseurs latéraux qui éclairent le sol du logo au cheval galopant. J’imagine qu’une certaine clientèle qui se procure tous les items au logo Mustang, du manteau à la glacière, appréciera l’attention.

Plus GT que sportive

La Ford Mustang 2016 est améliorée en plusieurs points, mais au fil des refontes et des efforts pour en faire une voiture plus confortable et civilisée, on s’est éloigné du concept original. Mais ce n’est pas la première fois, puisque de 1970 à 1973 elle a gagné rapidement en poids et en dimensions, ce qui mena d’ailleurs à la Mustang II en 1974, radicalement plus petite. Comparativement à la première Mustang turbocompressée de 1979, la 2016 est plus longue et plus large; de 23 centimètres dans les deux cas, et plus lourde d’environ 500 kilos. Et on dit que les voitures étaient grosses « dans l’temps »?

Cette toute nouvelle et imposante Mustang est définitivement une excellente routière. Si les limites de vitesse n’existaient pas, elle serait la candidate idéale pour filer rapidement (et pourquoi pas à ciel ouvert en décapotable?) sur une longue autoroute ensoleillée. D’ailleurs, la version Ecoboost est la plus économique en carburant. L’insonorisation est efficace et malgré que ce soit un petit moulin qui travaille fort, on ne l’entend pas trop grogner dans l’habitacle. Évidemment pour certains, rien ne remplace la sonorité du V8, qui est d’ailleurs plus en forme que jamais. En revanche, l’Ecoboost est un peu plus léger et surtout positionné beaucoup plus près de l’habitacle, ce qui a une influence positive sur la direction.

Si la Mustang prend toujours des influences de son glorieux passé, la 2016 semble s’inspirer de celle de 1973. La position de conduite ressemble un peu à celle d’un « speed boat » qui accélère à fond avec le nez qui pointe vers le ciel. Au volant, le capot semble interminable et si on apprécie d’avoir le postérieur près du sol, cela rend la visibilité quelque peu aléatoire. À l’arrière ce n’est guère mieux, mais la caméra de recul vient en renfort au moment d’effectuer une manœuvre de stationnement. Avec un design aussi bien maîtrisé et une nouvelle mécanique moins volumineuse, mais bien en verve, il n’y a que le format qui détonne avec notre époque. À quand une Mustang III, plus svelte et agile?

Fiche technique de la Ford Mustang 2016

Prix de base 25 899 $

Prix du modèle essayé 47 649 $

Entraînement : propulsion

Moteur : 4 cyl. en ligne, DACT, 2,3 L turbocompessé, 310 chevaux, 320 lb-pi de couple

Boîte : manuelle, 6 rapports