Ford Mustang 2005 : La réincarnation d’une légende

ESSAIS ROUTIERS par Guy Corriveau, août 30, 2005

Au fil des années et suite à de nombreux remodelages, la Mustang s’était vue métamorphosée au point de perdre toute ressemblance avec ses ancêtres mais surtout son âme. Aujourd’hui, Ford a décidé de s’inspirer du passé, exactement de 1965, date de naissance du coupé Fastback. Résultat : un style néo-retro parfaitement maîtrisé lui redonnant la personnalité de la version originale, le point fort qui en fait une réussite. Massive, impressionnante, c’est une vraie muscle car. Ailes surgonflées, long capot bombé, lunette arrière plongeante, elle a tout de la vraie Mustang, même les 4 phares ronds et les feux arrière carrés, sans oublier le petit cheval galopant qui trône au centre de la calandre. Pour lui assurer des assises solides, ses concepteurs se sont inspirés du châssis qui se retrouve sous la Jaguar S-Type et de la Lincoln LS tout en y ajoutant certaines particularités qui lui sont propres.

Intérieur A l’intérieur aussi le style néo-retro est omniprésent. La forme des cadrans, l’emplacement des aérateurs et le choix de certains matériaux nous rappelent la Mustang de la première génération. Son ergonomie a d’ailleurs été privilégiée, la position des différents contrôles le confirme. On remarque la présence de chrome et d’aluminium brossé un peu partout, même sur le fameux volant à trois branches. L’espace intérieur augmente mais les places arrière demeurent symboliques ou disponibles pour transporter deux enfants en bas âge. La protection des passagers est assurée par des coussins gonflables intelligents et des rideaux. Les sièges en cuir rouge sont disponibles en option question de rappeler aux passagers qu’ils sont à bord d’une voiture à caractère sportif. La qualité des matériaux et leur assemblage manquent un peu de rigueur mais n’oublions pas que c’est une voiture vendue à environ 35 000 $ . À ce prix là , les équivalences se font rares dans ce segment de voiture.

Motorisation Sous le capot, on trouve bien évidemment un V8 de 4,6 litres de cylindrée tout aluminium qui développe 300 chevaux. Il est muni de culasses à trois valves par cylindre et d’un système de calage variable à l’admission .Performant, il ne rechigne pas de monter en régime. Son futur propriétaire a le choix entre une boîte automatique ou manuelle à 5 rapports. Quatre grands disques assistés du système ABS et du contrôle de la traction assurent le freinage de la Mustang GT. Elle ne se laisse pas faire Un mot définit parfaitement la Mustang GT : Virile ! La pédale d’embrayage est ferme et la commande de la boîte de vitesse manuelle courte est exigeante.Quelle sensation de se glisser derrière le volant, la Mustang GT ne se laisse pas faire et requiert toute l’attention et l’énergie de qui voudra la dompter. Et que dire du plaisir d’entendre rugir le V8 lorsqu’il monte en régime. La voiture fait preuve d’une rigueur de comportement répondant aux exigences des plus revendicateurs. Sa tenue de route est exemplaire lorsque la surface du bétume est égale et non bosselée. Lorsqu’il est dégradé,c’est une autre affaire.

Même si son constructeur a choisi de garder l’essieu rigide à l’arrière, le comportemant de la voiture a été amélioré comparativement aux versions précédentes mais les défauts inhérents à ce principe (sautillement en manœuvres brusques) n’ont pas complétement disparus. Les ingénieurs ont en effet corrigé la plupart des inconvénients de cette disposition en soignant le guidage avec trois bras et une barre Panhard. Autre point fort, l’antipatinage est 100% débranchable, ce qui autorise de belles glissades, permettant de jouer avec le train arrière et de se faire plaisir. Conclusion Ford a l’intention d’utiliser cette architecture pour offrir d’autres modèles. Pensons à la Cobra et à la GT500 qui feront leurs apparitions dans quelques mois. Sa plus belle qualité demeure son charme envoutant, c’est plus de 40 ans d’histoire qui perdure là sous nos yeux , 41 ans d’une légende née en avril 1964.