CADILLAC CTS 2008 : mon dernier coup de coeur !

ESSAIS ROUTIERS par Jacques Duval, décembre 9, 2007

La liste des voitures qui m’ont véritablement emballé au cours de ma carrière est relativement courte. Sans en faire une énumération complète, on y trouve de superbes réussites comme le coupé Fiat 124 des années 60, la BMW 2002 du début des années 70,  la première Dodge Charger et, dans un contexte plus actuel,  l’Infiniti G35, apparue en 2003.

À cette brève liste de coups de cœur, on peut désormais ajouter la nouvelle Cadillac CTS parce qu’elle est, sans l’ombre d’un doute,  la plus belle représentante de l’esprit de renouveau qui anime la marque de prestige de General Motors.  Voilà une voiture hautement respectable, digne de figurer sur n’importe quelle liste d’automobiles à magasiner dans le créneau où se conjuguent le sport et le luxe et au sein duquel on retrouve des modèles comme l’Audi A4, la BMW de série 3, la Mercedes de Classe C, l’Infiniti G35 ou la Lexus IS 350. Ce sont là des berlines dites sportives que la presse automobile tient en très haute estime, principalement en raison de leur agrément de conduite.

Bien sûr, on se demandera ce que vient faire une Cadillac dans un aussi digne apanage. Dans sa précédente version, la CTS s’était déjà rapprochée de ces créations germaniques ou nippones. Avec la version 2008, je dirais qu’elle a rejoint la concurrence et qu’elle l’a peut-être même dépassée à certains égards.

FINI LES PRÉJUGÉS

Pour tout dire, cette voiture est une très grande réussite qui n’a absolument rien à voir avec tous les préjugés que l’on entretient sur la marque autrefois identifiée comme l’ultime symbole de richesse et de perfection. Ce n’est certes pas son apparence qui vaut à la dernière CTS des propos aussi flatteurs. Car, malgré une chirurgie esthétique complète, il faut presque placer le nouveau et l’ancien modèle côte à côte pour identifier les changements. En général,  la ligne est moins baroque, mais la voiture n’est pas de celles qui accrochent le regard.

Quant à l’intérieur, on dit que son tableau de bord est particulièrement réussi. Or, je ne partage pas cet avis. Les matériaux sont relevés et la finition très correcte, mais l’ensemble manque de symétrie. Par exemple, la bande de garniture, imitant la fibre de carbone qui traverse le tableau de bord, serait davantage mise en valeur par un revêtement pâle au lieu de la couleur noire qui tue complètement l’effet désiré.

L’écran central qui loge les données informatiques est par ailleurs trop massif pour ne pas déparer l’apparence de la présentation intérieure. J’avouerai aussi que, sans avoir eu le temps de consulter le manuel d’instructions,  j’ai été incapable de programmer une destination quelconque dans le système de navigation par satellite. Donc, on repassera en ce qui a trait à la facilité d’utilisation de ce système, une tare que Cadillac partage avec toutes ces berlines allemandes que la CTS veut concurrencer. Ce n’était pas nécessaire, messieurs de chez GM, de pousser l’exercice jusque-là.

UN BOUQUET DE FLEURS

Avant de vous entretenir justement de cet héritage européen de la voiture, permettez-moi de m’arrêter chez le fleuriste pour offrir un joli bouquet à cette nouvelle venue pour la qualité de ses sièges, la beauté de son volant à 3 branches (et 8 fonctions), la modernité de sa console garnie de métal brossé et  le joli rideau de nylon qui sert d’écran aux  rayons de soleil  trop ardents que le toit ouvrant à double vitrage pourrait rendre gênants à certains moments.

À l’arrière, deux personnes trouveront place bien que les plus grands ne seront pas loin de faire connaissance avec le plafond. Parmi la pléthore de modèles d’un format identique à la CTS, celle-ci propose un coffre à bagages qu’un mauvais chroniqueur automobile décrirait comme étant « dans la bonne moyenne ». Cela signifie qu’il n’est ni le plus grand ni le plus petit, mais je suppose que mes lecteurs sont assez intelligents pour y jeter un coup d’œil eux-mêmes. En faisant le tour du propriétaire, n’oubliez pas de vérifier la visibilité de trois-quart arrière qui, selon moi, n’est pas terrible.

PAS LOIN DU 10 SUR 10

Ici prennent fin (ou presque), les coups d’épée portés à la dernière née des Cadillac que, soit dit en passant,  j’ai eu beaucoup de mal à prendre en défaut sur la route.

Munie du V6 3,6 L à injection directe de 304 ch. (le V6 de 3,6 L de base à calage variable se contente de 263 ch.) et d’une transmission automatique à 6 rapports qui ne tarde jamais à répondre aux sollicitations de l’accélérateur, la CTS ne traîne pas à vous emmener à 100 km/h (7,7 sec.) ou de 80 à 120 km/h (5,9 sec.) quand vient le moment de doubler. Docile et beaucoup moins rétif que celui d’une G35, le moteur étire les passages à la pompe en se contentant de 10,9 litres aux 100 km, une moyenne qui est d’un litre inférieure à celle d’une Mercedes-Benz C 350 4 Matic. À propos de traction intégrale, la CTS sera aussi offerte avec cette police d’assurance hivernale.

Bien campée sur ses roues de 18 pouces, la voiture attaque les virages comme si elle était sur le circuit du Nurbürgring, là justement où on lui a appris à s’agripper à la route avec acharnement. Si jamais vous perdez la tête, le système de stabilité calmera vos ardeurs en privant une roue arrière de motricité en combinaison avec une application des freins. Épargnée d’un roulis excessif, cette Cadillac ne souffre que d’un léger tangage lors de freinages intensifs. À ce dernier chapitre, la voiture passe aussi l’examen sans coup férir et la direction suit la même tangente grâce à un très bon dosage. Ajoutez à cela la présence de phares adaptifs (ils tournent avec le volant) pour la conduite nocturne et la CTS continue de monter dans votre estime.

Malgré cette raideur, garante d’une bonne tenue de route, la suspension sait se montrer confortable sur les nombreuses imperfections du revêtement où la caisse affiche une solidité digne des meilleures créations germaniques.

J’ai beau cherché et fouillé mon calepin de notes, je ne trouve rien à redire au sujet du comportement routier de la CTS 2008. Il ne reste qu’à espérer que la fiabilité soit au rendez-vous. Avec ce nouveau modèle, GM vient de confirmer ce dicton qui affirme que « quand on veut, on peut ».  Cette berline n’a rien à envier à aucune autre, sauf peut-être une auréole moins abîmée.