Buick Verano 2012 – Cannibalisme?

ESSAIS ROUTIERS par Jean-Pierre Bouchard, October 15, 2012

APPRECIATION DE: Buick - Verano 2012

  • Consommation:
  • Qualite-prix:
  • Esthetique:
  • Confort:
  • Performance:
  • Beatifulnesslol:
  • Appréciation générale:

Les derniers arrivages de Buick ont prouvé que la marque pouvait renaître de ses cendres. Celle qui, jadis, a séduit la clientèle la plus vieillissante de GM empruntait désormais la voie de la modernité. Avec l’ambitieux objectif de conquérir une clientèle d’acheteurs plus jeune. Dans la famille des voitures de Buick, c’est la LaCrosse (la remplaçante de l’Allure) qui a donné le nouveau ton en 2009, suivie l’année suivante par la Regal. En 2012, il ajoute la Verano, une compacte d’entrée de gamme qui, étonnamment, devient une redoutable rivale pour…  la Regal elle-même!

Une petite touche européenne

À l’occasion de la présentation de la nouvelle génération de Regal de l’année modèle 2010, j’avais été charmé par les formes fluides et dynamiques de la voiture, tout comme par la nouvelle approche ergonomique de l’habitacle. Cet esprit européen prenait racine dans le catalogue Opel, que GM avait ouvert à la page Insignia. En Europe, c’est l’une des voitures phares de la marque. L’habillage de la Verano poursuit sur cette lancée. Pour principales concurrentes, GM y va de la Audi A3 (??), de la Lexus IS250 (??) et de l’Acura ILX. Pour l’Acura, j’achète. Car son prix et ses dimensions sont sensiblement comparables. Pour les autres, je demeure sur la réserve.

Le confort d’une grosse voiture

La Verano repose sur une plateforme adaptée de la Chevrolet Cruze. Au chapitre des dimensions, elle est plus petite qu’une Honda Accord ou une Toyota Camry, mais elle est un peu plus volumineuse qu’une Honda Civic ou une Hyundai Elantra. La compacte se rapproche sensiblement de la Volkswagen Jetta et d’une voiture qui passe malheureusement trop souvent sous silence, la Suzuki Kizashi. Ce format devrait plaire aux acheteurs qui désirent acquérir une voiture qui ne soit pas trop imposante, mais qui offre, justement, les qualités de confort d’une voiture plus imposante. C’est en plein ce que cherchent les personnes plus âgées. Et ce n’est pas moi qui le dit, mais le concessionnaire.

Habitacle feutré

Pour cet essai, GM m’avait remis la clé d’une version dotée d’un ensemble d’options comprenant, entre autres caractéristiques, un recouvrement des sièges en cuir, un volant chauffant et un système audio Bose. La voiture profitait en plus d’un toit ouvrant (une option individuelle de 1 100 $). Tous les ingrédients étaient donc réunis pour m’accueillir dans un environnement luxueux.

Lorsque l’on prend place à bord de la Verano, on apprécie le bon dégagement réservé aux jambes des occupants des places avant. Et on ne critique pas celui disponible pour la tête. Les sièges procurent un très bon confort. Leur galbe rappelle un gant du receveur au baseball. Certains conducteurs au gabarit plus imposant pourraient par contre trouver les bourrelets trop développés pour leur morphologie.

Le conducteur trouve facilement une bonne position de conduite. Par contre, j’aurais souhaité trouver un réglage électrique pour le dossier de mon siège ou encore un réglage pour le soutien lombaire. Devant lui, il compte sur une instrumentation lisible et des commandes, pour la plupart, faciles d’accès. Il faudra cependant plusieurs jours pour développer le réflexe de trouver le bouton du démarrage sans clé monté sur la console centrale. Après une semaine, j’avais encore de la difficulté à le trouver du premier coup! Les deux commandes rotatives pour régler la climatisation pourraient également être un peu plus hautes. L’absence de la technologie Bluetooth dans la version d’entrée de gamme constitue une faille regrettable. En revanche, on peut compter sur une prise USB pour y brancher son iPod. Autre détail intéressant, un bouton permet d’appliquer le frein à main.

La visibilité est perturbée par la présence de larges piliers tout autour de la voiture, en particulier lorsque l’on tourne la tête du côté droit, vers l’arrière. De plus, le plateau arrière incliné complique l’évaluation des distances au moment de stationner la Verano. Pour 2013, la division du constructeur offrira une caméra de recul dans la plupart des groupes d’options.

Dans l’ensemble, les matériaux utilisés sont de belle facture. Le recouvrement du tableau de bord pourrait cependant être conçu au moyen d’un plastique moins dur. La finition des éléments de ma voiture d’essai ne soulevait aucun commentaire particulier. À ce titre, la Buick Verano peut rivaliser sans gêne avec des voitures haut de gamme de renom comme la Lexus IS. Je dois souligner l’excellente qualité de l’insonorisation en ce qui concerne les bruits de roulement. Vraiment, on a l’impression de rouler sur un nuage. Cette grande quiétude intérieure est cependant perturbée par les bruits de vent.

Lorsque l’on ouvre les portes arrière, on se heurte contre une ouverture assez étroite. Une fois assis sur la banquette, on constate que l’espace convient pour deux personnes de taille moyenne, car le dégagement pour les jambes et la tête y est juste. Au centre, le plancher n’offre pas l’espace nécessaire pour prétendre y placer les pieds d’un passager, d’autant plus qu’une protubérance l’affuble.

La voiture comporte par ailleurs de bons espaces de rangement. Le coffre propose une capacité de 405 litres, soit un volume légèrement inférieur à celui d’une Hyundai Elantra (420 litres) et d’une Chevrolet Cruze (425 litres), mais plus généreux que celui d’une Honda Civic (353 litres). Ne cherchez toutefois pas de serrure sur le couvercle du coffre. Vous n’en trouverez aucune. Il faut utiliser la télécommande ou le bouton installé sur la console centrale, pas très loin de celui pour faire démarrer la voiture. Ergonomique, dites-vous? Pour augmenter la capacité de chargement, on peut rabattre le dossier de la banquette dans une proportion de 60/40.

Motorisation connue

Buick a confié l’activation des roues avant de sa Verano au même moteur qui anime la Regal, soit le quatre cylindres ECOTEC de 2,4 l. C’est un moteur moderne sur le plan technologique : il profite du calage variable de soupapes et de l’injection directe. Les 180 chevaux développés (2 de moins que la Regal) assurent de bonnes performances générales. Malgré sa taille, la Buick Verano est tout de même une voiture plus lourde qu’une Toyota Camry ou qu’une Hyundai Sonata, par exemple.

En la délestant de quelques kilogrammes, la voiture aurait autorisé une souplesse de fonctionnement encore plus grande. Les performances sont toutefois légèrement supérieures à celles de la Suzuki Kizashi et de la Volkswagen Jetta munie du moteur de 2,5 l, mais elles le sont moins que celles d’une Lexus IS propulsée par le V6 de 2,5 l. Le moteur est relié à une boîte automatique à 6 rapports qui fonctionne en douceur. Mais les passages entre les rapports me sont apparus trop audibles. À la suite de mon essai, j’ai obtenu une consommation moyenne de carburant de 9,5 l/100 km, soit une mesure acceptable. Pour 2013, Buick propose un quatre cylindres turbo de 250 chevaux.

Douceur de roulement

La Verano fait appel à une suspension qui n’est pas totalement indépendante aux quatre roues. À l’arrière, les ingénieurs de Buick ont utilisé une poutre de torsion. Celle-ci est munie d’un bras en Z pour « centrer l’essieu arrière dans les virages et permettre une conduite plus équilibrée » peut-on lire dans la documentation de presse. Sur la route, la Verano excelle en matière de douceur de roulement. La voiture amortit efficacement la plupart des imperfections de la route. En de rares occasions toutefois, elle a réagi durement, résultat probable de l’utilisation des pneus de 18 po qui chaussaient ma voiture d’essai. La pneumatique de base est de 17 po. En virage, elle s’incline avec assurance. Mais on est loin d’une Audi ou d’une BMW. Si elle n’a pas le tempérament sportif d’une allemande, elle n’a pas non plus le comportement insipide des voitures Buick d’ancienne génération. Elle est maniable et il s’en dégage une nette impression de solidité. Les freins à disque aux quatre roues exécutent leur tâche avec compétence.

Pour un prix de départ de moins de 23 000 $, on obtient une voiture tout à fait honnête. La Verano se présente sous de beaux atours. Elle offre un bon confort, une belle douceur de roulement et de bonnes performances. La qualité générale de l’ensemble est positive. En plus, toutes les voitures Buick sont couvertes par une garantie de base de 4 ans ou 80 000 kilomètres. C’est un format parfait pour les personnes qui cherchent un compromis entre une intermédiaire et une compacte. Étonnamment, la voiture présente des caractéristiques qui viennent beaucoup trop fragiliser la position de la Regal. Car pourquoi payer (beaucoup!) plus cher pour obtenir sensiblement les mêmes qualités?

Fiche technique

  • Prix de base 22 595 $
  • Prix de la voiture essayée : 30 855 $ (transport et préparation compris)
  • Entraînement : roues motrices avant (traction)
  • Moteur : L4 de 2,4 l (180 chevaux, 171 lb-pi de couple)
  • Boîte : automatique 6 rapports
  • Consommation moyenne obtenue durant l’essai : 9,5 l/100 km
  • Concurrence principale : Acura ILX, Suzuki Kizashi, Volkswagen Jetta
  • Site Web : www.buick.ca