Buick Regal 2011 : Pour les « mononcles » branchés!

ESSAIS ROUTIERS par Sylvie Rainville, November 23, 2010

Du premier coupé Regal, qui a fait son apparition au début des années 70, à la quatrième génération, qui a disparu du paysage automobile en 2004, bien des choses ont changé chez Buick. En fait, depuis sa restructuration, GM vise une clientèle tout à fait différente pour sa division de luxe : les jeunes « mononcles » ou « matantes » branchés! Surtout avec sa Regal, la voiture d’entrée de la gamme.

Difficile de changer une image. Toutefois, le nouveau GM a décidé de conserver la marque Buick, malgré les stéréotypes associés aux voitures de cette division et à leurs conducteurs.  Comme il l’a fait avec Saturn, le constructeur ne s’est pas gêné pour puiser dans l’inventaire d’Opel, sa branche européenne, pour ce nouveau modèle Buick. Mais pourquoi ne pas avoir continué ce qu’il avait commencé avec Saturn? La raison est simple : Buick fait sensation chez les Chinois. Vu l’ampleur du marché chinois et les répercussions qui s’ensuivent sur le plan financier, la décision de garder Buick n’a pas été difficile pour GM. Et dans peu de temps, d’autres modèles Buick viendront remplumer la gamme.

« La Regal est le nouveau chapitre de la métamorphose de Buick et elle permettra d’agrandir la gamme en y ajoutant une berline sport moderne. » a déclaré Marc Comeau, vice-président des ventes, de l’après-vente et du marketing de GM Canada.

Lors de cet essai routier d’une semaine, j’ai invité des membres de ma famille ainsi que mes amis à faire une balade dans ma voiture d’essai, en précisant qu’elle me plaisait vraiment. Mais aussitôt que je leur révélais la marque, je pouvais voir apparaître une moue de dédain sur leur visage. Cependant, à la vue du véhicule, le rictus commençait à se décontracter. « Elle est belle tout de même! » remarquaient-ils. Et après avoir pris place dans le véhicule, ils finissaient par oublier qu’ils étaient à bord d’une Buick. Parce que cette Buick, tant en ce qui a trait à l’allure extérieure et intérieure qu’à la conduite ou la mécanique, ne se compare à aucune autre Buick!

Avec la nouvelle Regal, Buick a dans sa mire des concurrentes de taille. C’est pourquoi, la division a choisi d’apposer son logo sur la carrosserie de l’Opel Insignia, une voiture qui collectionne les prix en Europe. Outre le titre de « voiture de l’année » en 2009, l’Insignia a remporté 39 prix prestigieux. Elle est la voiture la plus vendue sur le Vieux Continent. En fait, les principales caractéristiques qui différencient l’Insignia de la Regal sont le logo et la calandre.

La Regal hérite donc de technologies de pointe et d’une conduite à saveur européenne. En outre, elle profite de motorisations modernes. Non, le V6 ne fait plus partie du catalogue. La gamme de moteurs comprend deux quatre-cylindres dotés de la technologie de l’injection directe. Pour cet essai routier, la voiture fournie par le constructeur était équipée du moteur de base, le quatre-cylindres Ecotec de 2,4 L qui développe une puissance de 182 chevaux. En général, il suffit à la tâche. Jumelé à une boîte automatique à six rapports, il travaille en douceur et il est particulièrement économe en carburant.  Ce modèle consomme 6,5 L/100 km sur l’autoroute et 10,8 L/100 km en ville.

Toutefois, je fais probablement partie de la catégorie « mononcle délinquant ou matante délinquante », car j’aurais souhaité un peu plus de vigueur de sa cavalerie, particulièrement lors des dépassements sur l’autoroute ou dans les côtes.En ce qui a trait aux freins, j’aurais souhaité également un peu plus de mordant. Mais du côté de la direction, de la suspension et du comportement routier général, rien à redire.

La structure et le châssis de la Regal ont été développés en Allemagne par les ingénieurs d’Opel en vue d’offrir la maniabilité et la tenue de route d’une berline sport européenne. Et ils ont atteint leurs objectifs. La voiture est bien équilibrée et elle offre une conduite stable et confortable. En outre, la suspension est bien dosée et les bruits de roulement fort bien contrôlés.

Si comme moi vous désirez des performances un peu plus relevées, il faut choisir le moteur Ecotec turbocompressé en option. Ce moteur de 2,0 L sera bientôt disponible (janvier 2011). Il génère une puissance de 220 chevaux. Mieux encore, il sera aussi possible en début d’année de jumeler ce moteur à une boîte manuelle à six rapports. Pour assurer une puissance nerveuse à tous les régimes, le moteur de 2,0 L turbo est doté d’un turbocompresseur à double entrée qui développe de la puissance rapidement à bas régime. Par ailleurs, l’injection directe élimine le délai turbo.

Le modèle doté du moteur de 2,0 L turbo bénéficie notamment de freins de plus grande dimension, ce qui devrait améliorer le freinage. Par ailleurs, on peut aussi l’équiper du système optionnel de contrôle interactif de la conduite qui fournit au conducteur un calibrage personnalisé selon sa façon de conduire.

En fait, le système modifie le caractère de la voiture en fonction de la personnalité du conducteur. Un module évolué de commande de mode de conduite surveille constamment le style de conduite en analysant le mouvement de lacet, l’accélération latérale et longitudinale, l’angle de braquage du volant, la position de la pédale d’accélérateur et la vitesse du véhicule. Il détermine l’état dynamique de la voiture, entre autres, l’accélération, le freinage et le comportement en virage pour optimiser les réactions du châssis.

Le système de contrôle interactif permet également au conducteur de choisir entre trois modes de fonctionnement : Standard (normal), Tour (croisière) et Sport (sport) pour modifier les réglages de la suspension, la réponse du moteur, la fréquence des changements de vitesse et la sensibilité de la direction.

Dans l’habitacle, les occupants sont conviés dans des sièges confortables. Les commandes sont logiquement disposées. En option, un contrôleur multifonction, intégré la console centrale, permet de commander le système sonore, la navigation, la téléphonie mains libres Bluetooth ou OnStar.

La Regal 2011 est proposée, pour le moment en versions CXL et CXL Turbo. D’autres versions s’ajouteront pour l’année modèle 2012. L’équipement de série abondant comprend les roues en alliage de 18 po, le système électronique de contrôle de la stabilité StabiliTrak de nouvelle génération, l’antiblocage (ABS) et le contrôle électronique de la traction. Le prix de départ est de 31 990 $