Audi S4 2001 : berline sport, pure et dure…

ESSAIS ROUTIERS par Gilles Olivier, juillet 19, 2001

En 1995, avec l’arrivée de la berline Audi A4, ce constructeur annonçait un fracassant retour en sol nord-américain qui, aujourd’hui, atteint son apogée avec l’ajout de la méga-sportive S4. La carrosserie est faite d’acier galvanisé, avec protection anticorrosion à étapes multiples.

La silhouette de cette dernière ressemble, bien sûr, à celle de sa petite sœur, la A4, cependant elle bénéficie de roues en alliage d’allure plus sportive, d’un massif bouclier avant permettant une plus grande circulation d’air, des voies élargies et des ornements S4 et Quattro complémentaires. La très rutilante Audi S4 vient ainsi s’ajouter aux berlines A4 à motorisations L4/1,8 t et V6/2,8 l, à traction avant ou Quattro, à boîte manuelle ou Tiptronic.

Un intérieur à caractère sportif, confortablement enveloppant

L’accessibilité est irréprochable même pour des gens de grande taille, de plus, la position de conduite idéale est facile à positionner malgré l’utilisation d’une colonne de direction à ajustement très limitatif. La finition est impeccable et annonce, une fois de plus, l’excellence en ce domaine des constructeurs allemands. Ainsi, dans cette Audi S4, on a droit à une ambiance hautement sportive avec ses recouvrements et coloris fort bien agencés. Le confort est assuré par des sièges baquets en cuir, tout électriques et très chauffants. Ils nous octroient une assise ultra enveloppante, très sportive et des plus confortables. La banquette à dossiers rabattables et verrouillables 60/40, nous offre une assise un peu plus basse, très ferme et très confortable. L’habitabilité est celle d’une berline à quatre grandes places offrant de généreux dégagements au niveau des jambes ainsi qu’en hauteur pour des gens de taille moyenne, mais qui deviennent plus limitatifs pour des gens de grande taille. Les espaces de rangement sont nombreux et très pratiques malgré le fait qu’ils soient de dimensions moyennes. La malle, caverneuse et profonde, bénéficie d’un seuil bas et très large qui en facilite grandement l’accès à ses 13,67 pi cu d’espace de chargement. Le tableau de bord est de conception et de design dans le sens très allemand du terme, à savoir des plus fonctionnels et profitant d’une ergonomie exemplaire. Son instrumentation est à la fois analogique et digitale, dont la luminosité rouge sur fond noir est antireflet et anti-éblouissement. Sa lisibilité est tout à fait sans reproche. Les différentes commandes entourent le conducteur afin d’en faciliter leur accès et surtout la facilité de les repérer en conduite nocturne. Le positionnement des commandes des systèmes de son et de ventilation est irréprochable. La visibilité dite latérale est légèrement limitée, excellente vers l’arrière grâce à l’utilisation, entre autres, d’appuie-tête à hauteur ajustable, alors que les rétroviseurs auraient pu nous offrir un champ de vision plus élargi.

La conduite sportive, à l’échelon supérieur

Le moteur exclusif à la Audi S4 est un foudroyant V6 de 2,7 l, associé à deux turbocompresseurs avec refroidisseurs d’air, à double arbre à cames en tête avec cinq soupapes par cylindre et distribution variable de l’admission, à injection séquentielle qui développe 250 ch à 5 800 tr/min, mais surtout, offrant 258 lb-pi de couple atteint à 1 850 tr/min et maintenu avec assurance jusqu’à 3 600 tr/min. La transmission qui accompagne notre voiture d’essai est manuelle à six vitesses. Offrant un synchronisme et une précision exemplaires malgré un étagement entre les différents rapports qui aurait pu être nettement plus court. La pédale d’embrayage est ferme faisant ainsi corps avec la boîte de vitesse, toutefois cette fermeté pourrait devenir, à l’occasion, légèrement désagréable en situation d’embouteillage aux heures de pointe. Avec la Audi S4, seule la traction sur les quatre roues en permanence QUATTRO y est offerte de série. L’insonorisation est intelligemment dosée dans cette berline haute performance à vocation très sportive. Son feutrage est d’une grande efficacité sans pour autant être exagéré, nous permettant ainsi de profiter du cachet sportif de cette dernière. Les performances offertes sont des plus électrisantes, voire foudroyantes. Ainsi, on profite d’excellentes accélérations, voire de reprises extrêmement mordantes et ce, à multiples régimes. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h pouvant être atteint en 5,9 sec avec la boîte manuelle ou seulement 6,5 sec avec la boîte Tiptronic, tandis que la vitesse de pointe est barrée électroniquement à 230 km/h (143 m/h). Malgré ses prestations impressionnantes, cette berline annonce un débit d’essence moyen, très raisonnable ville/route (110 km/h), de 13,0 l/100 km ou 22 mi/gal. La direction est assistée à crémaillère, offrant une fermeté et surtout une précision qui lui permettent d’être agréable en circulation urbaine et des plus sécuritaires sur la route, y compris à très hautes vitesses.

La suspension est entièrement indépendante à quatre bras supérieurs et inférieurs à l’avant, ainsi qu’à bras double à l’arrière. Elle se complète de ressorts hélicoïdaux, amortisseurs au gaz et barres stabilisatrices. Elle est, bien sûr, très ferme, mais bien dosée concernant le confort des passagers tout en offrant une tenue de route impeccable et ce, à la sauce très allemande, peu importe les conditions de la chaussée ou des intempéries grâce, particulièrement, à l’assistance de son système Quattro. Les freins assistés à disques ventilés avec système de freinage antiblocant à quatre circuits, nous octroient un freinage extrêmement puissant sans oublier une stabilité des plus sécuritaires lors d’arrêts d’urgence. Les pneumatiques d’hiver et à caractère sportif dont est munie notre voiture mise à l’essai, sont de dimension 215/45R17. Selon certaines chaussées, ils sont relativement bruyants offrant une grande fermeté et surtout une très grande adhérence, peu importe le type de chaussée ou d’intempéries. À l’instar de la suspension, ces derniers n’influent nullement sur le confort octroyé aux passagers peu importe si ces derniers se retrouvent assis à l’arrière ou à l’avant de cette berline à vocation hautement sportive.