Audi A7 Sportback 2011: Une cinquième porte en guise de distinction

ESSAIS ROUTIERS par Éric Lefrançois, septembre 27, 2010

Après s’être hissée en une quinzaine d’années dans le cercle très fermé du haut de gamme, Audi semble à présent déterminée à prendre l’ascendant sur ses compatriotes et non moins rivales BMW et Mercedes. Pour atteindre cet objectif, la marque aux anneaux se doit d’acquérir cette envergure véritablement mondiale qui lui fait encore défaut, mais aussi d’élargir son portefeuille produit au-delà des déclinaisons de la gamme existante (S-Line, S et bientôt RS). C’est ici qu’entre en scène l’A7 Sportback.

Dévoilée sous forme de concept il y a près deux ans, ce nouveau modèle jette un pont entre l’A6 et l’A8, d’une part, et permet également à la marque aux anneaux de développer une filiation – Sportback – additionnelle à ses modèles Allroad (vendues exclusivement en Europe) et Avant.

Élégante et sculpturale, l’A7 Sportback prend les traits d’un coupé-berline, mais contrairement aux CLS, Passat CC, l’Audi ne compte que 2 volumes contre trois (capot+habitacle+coffre) pour les Mercedes et Volkswagen. Audi n’invente rien puisqu’elle ne fait que suivre la piste fraîchement défraichie par Porsche (Panamera), Aston Martin (Rapide) et dans une certaine mesure par BMW (5 GT) pour se sortir de la berline ordinaire. De fait, plutôt que d’offrir au un coffre classique, elle implante sans en avoir l’air un vaste hayon. Sans en avoir l’air, car, fermée, sa découpe de tôle fait réellement croire à un couvercle de malle classique. Elle n’a donc pas l’apparence utilitaire – principal reproche des Américains à l’égard de ce type de carrosserie – mais elle en a l’usage.

L’A7 Sportback fait près de 5 mètres de long et près de deux mètres de large. Et sa hauteur hors tout n’est que de 1400 millimètres. Des dimensions qui ressemblent étrangement à celles de sa présumée rivale, la Mercedes CLS. Il n’en est rien. Contrairement à la firme de Stuttgart, Ingosltadth ne soulève le capot de l’A7 Sportback qu’à des V6. Si la clientèle européenne à l’embarras du choix, au Canada où elle entreprendra une carrière au printemps 2011, l’A7 Sportback ne retient les services que du V6 3 litres suralimenté par compresseur de 300 chevaux. Dommage, puisque le V6 turbo diesel offert de l’autre côté de la grande mare et que nous avons eu la chance d’essayer lors de l’avant-première, lui sied à ravir.

Ne boudons pas notre plaisir, les 300 chevaux du V6 essence ne sont pas du genre à se traîner les pieds (ou les sabots, c’est selon).  En fait, mieux que le turbo diesel, ce V6 essence exploite au mieux les qualités dynamiques de ce châssis. Relayée aux (4) roues motrices via une boîte 7 rapports à double embrayage, la puissance disponible permet de solides accélérations et des relances instantanées. Aucun temps de réponse et un temps d’accélération (0-100 km/h) tout juste inférieur à 6 secondes.

La direction à assistance électrique offre un toucher de route mordant ou tempéré, selon le réglage adopté via la commande « Drive-Select » qui permet de modifier en un tournemain certains réglages (direction, passages des vitesses, fermeté des suspensions, etc.) pour personnaliser le comportement selon l’humeur de son conducteur ou de sa conductrice. Il y a aussi l’évolution du système Quattro (quatre roues motrices), mais nous retiendrons surtout la qualité de l’amortissement, surtout sur une chaussée déformée. En dépit de la généreuse monte pneumatique du véhicule essayé (une version S-Line montée sur des jantes de 20 pouces), l’A7 Sportback apparaît non seulement imperturbable, mais aussi débarrassée de toutes ces secousses qui, encore aujourd’hui, frappent certains produits de la marque.   

La présentation et la finition sont à la hauteur avec des harmonies de couleurs très réussies qui permettent, si on en a le goût, d’échapper à la « grande noirceur ». Crème ou havane, cela change tout dans un habitacle, surtout si le toit découpe une fenêtre sur le ciel. En dépit de sa hauteur et du profil arqué du pavillon, il est facile d’accéder ou de s’extraire à la banquette arrière. Et celle-ci, à notre grand étonnement, offre suffisamment de garde au toit pour ne pas massacer la mise en plis des deux passagers qui s’étonneront tout autant du dégagement aux jambes que du rembourrage tenu et du faible maintien des dossiers . Une critique qui s’applique également aux baquets boulonnés devant.

L’A7 Sportback apparaît donc comme une proposition parallèle à l’A6. Justement, le modèle actuel entame sa dernière ligne droite et devrait être remplacé au Salon de Genève. L’A7 Sportback tombera à pic pour l’épauler d’une part et assurer la transition vers la future berline intermédiaire de luxe de la marque, dont elle utilise la toute nouvelle plate-forme.